dimanche 9 août 2009

Aperçu sur le mariage chez les Soninké

Mon objectif, dans cette réflexion, n’est nullement de faire une étude exhaustive du mariage chez la communauté soninké. Il s’agit ici, tout simplement, de donner une idée de la manière dont les Soninké célèbrent leur mariage. Ce sujet peut faire l’objet d’une étude scientifique sérieuse et complète pouvant permettre, pour ceux qui désirent approfondir leur connaissance, d’avoir des informations suffisantes et détaillées sur les différentes étapes du mariage soninké.

Le mariage chez la communauté soninké se fait traditionnellement entre membres d’un même clan. Les différentes étapes de ce mariage sont, s’il s’agit d’un garçon et d’une fille qui se marient pour la première fois, rigoureusement calculées, suivies et traitées par les parents. Le jeune homme qui tombe amoureux d’une jeune fille, qui est dans la plus part des cas sa cousine, en parle à un Niahamala qui se chargera d’informer les parents de la fille et ceux du jeune garçon.

Une fois que les deux parties sont d’accord, les parents décideront d’informer les autres membres de leurs familles respectives et le marabout du village qui sera chargé de « nouer » le mariage par une cérémonie religieuse où le représentant du jeune garçon, qui peut être son père ou un membre de la famille assisté des témoins, conclura le mariage avec la bénédiction de l’imam du village. Mais auparavant, une fois que les fiançailles des deux jeunes futurs mariés commencent à s’éventer dans le village par le biais du « téléphone arabe », le jeune homme peut faire un premier geste, qui témoignera de sa bonne volonté et de sa bonne foi d’épouser la jeune fille en s’acquittant du « tamma ».

Ce tamma est ainsi considéré comme une sorte de « marque » qui fermera la porte à d’autres prétendants. Ce qui revient à dire que le mariage chez les Soninké suit traditionnellement, après l’accord des parents des futurs époux, deux étapes principales. La première étape est l’octroi du tamma qui est un symbole solide de garantie de la détermination du jeune homme à épouser la jeune fille. La deuxième, elle, est le paiement de la dote, qui peut d’ailleurs se faire à la veille de la célébration du mariage. Cependant, de nos jours, les jeunes générations, sans doute influencées par la scolarisation et le contact de la civilisation occidentale « moderne », commencent à remettre en question certaines étapes du mariage soninké.

Ainsi, le mariage « endogène » qui consiste, dans ce contexte, à ne prendre une femme que dans son clan est rigoureusement remis en question. Comme pour toute contestation, il y a toujours des nostalgiques de la tradition. Le plus souvent, les vieux et les jeunes qui n’ont pas été en contact avec le monde occidental, soit par l’école soit par l’immigration, restent fortement attachés aux coutumes traditionnelles du mariage. Tandis que les jeunes qui ont fréquenté l’école ou qui ont été en contact avec le monde européen par le biais de l’immigration protestent contre ces coutumes qu’ils considèrent être dépassées.

Le jour de la célébration du mariage, les jeunes mariés invitent leurs « fedalemu » pour passer la journée ensemble en jouant aux cartes ou en écoutant de la musique. Le mariage, chez les Soninké dure rois jours. A la veille du mariage, le jeune homme se choisit, parmi ses amis de confiance, quelqu’un qui deviendra son « housmanta ». Le housmanta est en quelque sorte le bras droit du jeune marié. C’est lui qui est chargé d’assister le jeune marié durant tout le mariage. La jeune fille, elle aussi, prend, parmi ses amies intimes, une fille ou une jeune femme qui jouera presque le même rôle que le housmanta du jeune garçon.

Après les trois jours de festivités, les invités commencent à prendre congé des jeunes mariés. Mais les deux housmanta restent avec ces derniers jusqu’à la sortie de « kerri kompo » (chambre nuptiale) de la jeune mariée, soit une semaine après. Au septième jour donc, les amies de la jeune mariées allaient, ensemble, faire la lessive pour les jeunes époux. Cette lessive collective est une occasion de présenter en public « les preuves » de la virginité de la jeune fille en exposant le drap blanc sur lequel les mariés ont passé leur première nuit de noce. Mais cette coutume commence à disparaitre complètement du mariage soninké.

Après la lessive collective susmentionnée, les parents des deux jeunes mariés se retrouvent pour exposer les habits et autres objets ménagers de la jeune mariée. En milieu soninké, comme dans la plus part des sociétés africaines traditionnelles et modernes, le jeune est tenu à préparer, avant le mariage, une valise pour sa future épouse. De même, les parents de cette dernière prépareront, depuis que leur fille commence à être pubère, leur valise et tous les objets ménagers qui animeront désormais la vie de la jeune épouse dans le foyer de son futur mari.

SOUMARE Zakaria Demba

vendredi 7 août 2009

Mes quatre vérités

On a souvent surnommé M. Aziz « le président des pauvres ». Ce surnom colle-t-il réellement à la personnalité et aux actes de celui qui vient tout juste de retrouver son poste à la tête de la magistrature suprême de la Mauritanie ? En tout cas, nous le saurons bientôt. Pour l’instant, contentons – nous de souligner qu’aujourd’hui, plus qu’hier sans doute, les citoyennes et le citoyens mauritaniens ont plus que jamais besoin d’un dirigeant capable d’écouter leurs misères, afin d’en trouver des solutions immédiates et adéquates. La Mauritanie est classée parmi les pays les plus pauvres de la planète, malgré ses ressources naturelles (pétrole, fer, cuivre, etc.) et humaines. Pour sortir de cette pauvreté, le président Aziz doit résolution s’engager dans un combat sans merci contre les maux qui gangrènent la société mauritanienne. Ces maux, de nature on ne peut plus diverse et inquiétante, concernent entre autres la pauvreté, la corruption, le favoritisme ethnique ou clanique, le gaspillage des biens de l’Etat, l’analphabétisme, le manque de civisme et de patriotisme, etc. Tout cela, de fait, conduit le pays à sa perdition. Il n’est plus besoin aujourd’hui de souligner les conséquences de ces maux sur le quotidien des populations, qui ne savent plus à quel saint se vouer. Tellement elles ont l’impression de se retrouver dans une impasse qui les dépasse. Pour en avoir le cœur net, prenez le temps, si minime soit-il, de vous promener, si d’aventure vous habitez à Nouakchott, dans certains quartiers de notre capitale pour vous rendre compte à quel point la situation est dramatique. Aujourd’hui, en ce début du troisième millénaire, il est choquant sinon révoltant de remarquer que dans ces quartiers (Basra, Netek, 5ème, 6ème…) les besoins les plus élémentaires des habitants ne sont jamais satisfaits. L’eau potable (ou l’eau tout simplement), l’électricité et l’hygiène font cruellement défaut. Force est donc de constater que M. Aziz a du pain sur la planche. S’il veut objectivement mériter le surnom qu’on lui a attribué, il doit retrousser ses manches, « descendre dans la boue » aux côtés des populations, afin de leur permettre d’avoir le minimum de bien –être.
SOUMARE Zakaria Demba
soumarezakariademba.blogspot.com