samedi 25 avril 2009

La Mauritanie de demain

L'année 1960 fut dans la presque totalité du continent africain une année d'enthousiasme accompagnant la fin de plusieurs siècles de domination et d'exploitation économique des peuples colonisés d’Afrique au sud et au nord du Sahara. Les Africains, par la même occasion, venaient de découvrir la liberté dont ils n'avaient pas droit. Cependant, très vite, dans la décennie qui suivit l'euphorie des indépendances les populations furent déchues par les dictateurs sans scrupules qui ont remplacé les colonisateurs blancs. Le peuple mauritanien, en effet, n'avait pas fait exception à la règle. Quelques années après la proclamation solennelle de notre indépendance par le "père de la nation", Moctar Ould Dadah, le pays s'était retrouvé, durant plus de deux décennies, aux mains des dirigeants qui se préoccupaient très peu (ou pas du tout) de l'intérêt général de la nation. Cette situation ne pouvant pas s'éterniser, les militaires ont décidé d'intervenir pour instaurer un régime "démocratique" permettant aux civiles de prendre en main leur destin. Maouya fut chassé du pouvoir laissant la place, après une brève période de transition, à Sidioca. A son arrivée à la tête de la magistrature suprême de l’Etat mauritanien, les choses semblaient enfin bouger du bon côté. Ce qui n'était pas possible sous la dictature de Taya commençait à l'être. Les Mauritaniennes et les Mauritaniens découvraient par la même occasion ce que vraiment être libre. Personne dans ce pays, ne s'inquiétait des conséquences de ce qu'elle pourrait dire dans les médias nationaux ou internationaux. Des sujets qui étaient tabous ne les étaient plus : tout se discutait au grand jour. Tout cela était de fait un bon signe prouvant que la "construction" d'une Mauritanie nouvelle et démocratique était possible, après plusieurs années de désolation et d'injustices sociales. Les citoyennes et les citoyens de notre pays étaient désormais résolus d'en finir avec le passé douloureux jalonné de dictature et d’étouffement de la pensée, et tourner leur regard vers le futur afin d’envisager la naissance de la Mauritanie de demain qui serait composée des citoyens conscients de leurs responsabilités envers eux-mêmes et envers la nation. Ils avaient compris qu’il n’était plus permis de s’attarder sur les erreurs de ce passé s’ils voulaient réellement voir émerger la Mauritanie qu’ils voulaient pour leurs enfants. Ils devaient pour cela apprendre à se tourner vers l'avenir comme l'ont fait certains peuples dans l'Histoite. En France, par exemple, du Moyen Age au VXIII siècle, le peuple était constamment placé sous l'autorité injuste de l'Eglise et des rois prétendant être les représentants de Dieu sur terre. Cependant, en 1789, les citoyens qui en avaient marrent ont décidé de changer le cours des choses : c'est la Révolution française. Le peuple arracha le pouvoir des mains de ses oppresseurs, et la vie a continué son chemin. Plus près de nous, en Afrique du Sud une partie de la population a souffert pendant plusieurs décennies de l'apartheid. Après plusieurs années de combat et de résistance, la justice a retrouvé ses droits et la vie a repris son cours. Notre pays pourra faire autant. Nous ne devons jamais rater l'occasion qui nous est offerte dans quelques jours pour élir celui qui doit présider à notre destiné. Nous devons conjuguer tous nos efforts pour dire non, barrer la route à l’instauration d’un régime militaire à visage voilé. Nous savons que la candidature de M. Aziz n’augure rien de bon pour notre pays. Il est de notre responsabilité de faire savoir que nous ne voulons plus d’un pouvoir militaire. C’est la seule garantie pour l’émergence d’une Mauritanie nouvelle et démocratique.

SOUMARE Zakaria Demba

vendredi 10 avril 2009

Réaction à la conférence de Mariam Dadah

Réaction à la conférence de Mariam Dadah

Le jeudi 9 avril 2009. Il est 17 heures, heure de Nouakchott. Mariam Dadah, la veuve du feu premier président de la République de Mauritanie, a tenu une conférence, en présence des étudiants, des professeurs et de quelques diplomates, à la Faculté des droits et des sciences économiques de l’université de Nouakchott sur le thème de l’unité nationale. L’intitulé du sujet de la conférence laisse de fait penser, sans l’ombre d’un doute, à une intervention, un exposé exhaustif où il sera question des voies et moyens pouvant permettre aux citoyennes et aux citoyens mauritaniens de consolider les liens sociaux devant unir toutes les communautés mauritaniennes sans aucune forme de distinction de race et de couleur. Mais l’essentiel de la conférence tournait hélas autour de la question de la fondation de la nation mauritanienne au lendemain de l’indépendance. Ainsi elle avait souligné, évoqué les obstacles auxquels cette jeune nation, au début des années 1960, était confrontée, et les moyens utilisés pour y faire face.
Il est clair pour toutes celles et tous ceux qui ont assisté à cette conférence que le sujet, pour des raisons que nous ignorons, n’a pas été traité comme on s’y attendait. Aujourd’hui, en Mauritanie, parler de l’unité nationale ne pourrait de fait se résumer à une évocation des obstacles qui ont accompagné la naissance de la nation mauritanienne. La vraie question devant être abordée dans ce genre de rencontre pour que cette unité de notre nation voie le jour est sans doute celle de la justice. On ne pourrait pas unir un peuple qui souffre des injustices des dictatures, des répressions et des dénis des droits les plus élémentaires de l’être humain en contournant les questions qui dérangent. L’un des grands défis auxquels la Mauritanie est confrontée est celui de son passé récent, proche, du passif humanitaire ; des milliers de gens victimes des pouvoirs de terreur instaurés pendant plus de vingt ans.
Madame Dadah aurait dû parler, proposer des solutions permettant d’aborder objectivement ces questions au lieu de se laisser entrainer dans un passé lointain mauritanien dont on n’a pas sérieusement besoin aujourd’hui pour régler nos problèmes actuels. Il est certes vrai que c’est pour des raisons politiques qu’elle a volontairement ou non éviter d’aborder le problème sous cet angle. Mais la question de l’unité nationale ne doit pas être entourée de tabou qui éviterait aux Mauritaniennes et aux Mauritaniens d’engager un vrai débat de fond.

SOUMARE Zakaria Demba

mardi 7 avril 2009

Quand le passé rattrape le présent

Quand le passé rattrape le présent

Depuis plus de trois ans, l’ex dictateur sanguinaire tchadien Hussein H., exilé au Sénégal, fait l’objet des poursuites judiciaires pour les crimes commis dans son pays durant son règne. Il y a quelques mois, c’était le tour de Jean Pierre B. de répondre devant la Cour pénale internationale de La Haye pour les crimes perpétrés par ses troupes en Centre Afrique durant les années de terreur, de viol et des exactions contre les civils pendant la guerre contre le pouvoir central de la République Démocratique du Congo. Ces poursuites montrent en fait qu’aucun dictateur, aucun criminel de guerre ne doivent échapper à la justice, qu’elle soit nationale ou internationale.
Mais le cas mauritanien semble faire ici une exception. Entre 1987 et 1989 des milliers de citoyens mauritaniens ont trouvé la mort dans des circonstances cruelles et inhumaines pour des causes obscures, lâches et, à la limite, racistes. Ceux qui ont commis ces crimes contre l’humanité ne sont jamais inquiétés d’une éventuelle traduction devant les instances juridictionnelles nationales ou internationales. Or tant que les Mauritaniennes et les Mauritaniens ne régleront pas cette question, la Mauritanie de demain que nous voulons construire tardera à voir le jour.
Dans d’autres pays du monde, il y a eu des massacres plus violents et plus massifs contre des populations que ceux que nous avons connus en Mauritanie. Mais quand ceux qui les ont commis ont reconnu leurs responsabilités, quand certains d’entre eux ont été arrêtés et traduits en justice, après avoir avoué ou été dénoncés, une page de l’histoire des victimes a été tournée. En Afrique du Sud, après plusieurs années de ségrégation, d’apartheid les sud africains ont adopté une démarche juridique, Vérité et réconciliation, qui a permis aux victimes d’hier de vivre en harmonie avec leurs bourreaux. De même au Rwanda, après le génocide des Tutsis et des Hutus modérés de 1994, qui aurait fait plus de 8000000 mille morts, une Cour pénale internationale a été créée en Tanzanie ainsi que des juridictions traditionnelles, Gacaca, permettant de juger les auteurs et les exécuteurs des massacres.
Si la Mauritanie ne prend pas la résolution ferme d’en finir avec la question du passif humanitaire, il est clair qu’elle ne sortira pas de sitôt de l’auberge. Il est vrai, comme nous pouvons le remarquer aisément sur le site de Cridem, que des voix se lèvent aujourd’hui un peu partout pour souligner l’importance du règlement du passif humanitaire. Mais la parole devant être joint à l’action, des actes on ne peut plus concrets doivent être faits. Autrement dit, en termes clairs, les premiers responsables des crimes connus en Mauritanie entre 1987 et 1989 doivent être poursuivis là où ils se trouvent et traduits en justice afin qu’ils répondent de leurs crimes odieux et inhumains.
Cette question ne doit plus relever d’un tabou. On ne peut pas régler la question de la mort des milliers de mauritaniens en évitant d’aller au fond du problème. Personne, en Mauritanie, n’ignore aujourd’hui, que le premier responsable de ces crimes est Maouya. Or il est en train de mener paisiblement sa vie au Qatar. Certes des plaintes ont été déposées contre lui, mais il doit y avoir une multiplication des plaintes de sorte que finalement le présent ait raison sur le passé, que les victimes d’hier aient satisfaction, que des milliers de veuves sachent pourquoi leurs maris ont été tués…..

SOUMARE Zakaria Demba

jeudi 2 avril 2009

Quand l’Afrique fait honte au monde

Quand l’Afrique fait honte au monde
Les vingt pays les plus riches du monde se sont réunis au début de cette semaine, le 02 avril, à Londres pour parler de la crise économique qui frappe actuellement notre planète. Une fois de plus l’Afrique était au rendez non pas pour contribuer de façon consubstantielle aux réflexions, mais pour pleurnicher comme d’habitude afin d’avoir plus de considération et d’aides. Les dirigeants du continent ont fait encore une fois de plus preuve d’irresponsabilité en venant, par l’intermédiaire de Jean P., du premier ministre éthiopien et du président sud africain presque supplier les chefs d’Etat « des grandes puissance » de la planète plus d’attention. Il est presque aujourd’hui inutile de rappeler que le seul grand défi auquel l’Afrique et les Africains font face depuis le lendemain des indépendances est la corruption. Les présidents Gabonais, Equato- guinéen et congolais venaient de faire l’objet d’une plainte en France pour les biens immobiliers dont ils disposent dans l’Hexagone. Mais la justice française semble bloquer cette plainte pour des raisons que nous ne savons pour le moment avec exactitude. Mais en tous les cas de figure, tant que le continent n’aura pas réglé ce problème de détournement des biens publics il est clair que l’Afrique ne sortira jamais de la pauvreté. L’aide que les dirigeants africains demandent pour le développement de leurs pays respectifs doit être refusée, car nous savons que cette n’est jamais destinée à ce pour quoi elle a été demandée. Aujourd’hui, quand ces mêmes dirigeants viennent crier à la marge du sommet des G20, nous devons les rappeler que l’essentiel du combat pour sortir le continent dans la pauvreté dans laquelle il se trouve ne doit pas se jouer hors d’Afrique. Il faut d’abord responsabiliser ceux qui dirigent nos Etats de façon qu’il y ait une meilleure gestion des ressources des nations africaines. Dans un verset du Coran, qui est vraiment riche d’enseignement pour nous, il est dit qu’Allah ne change pas un peuple avant que celui n’opère de changement en lui-même. Ce verset est, à votre avis applicable à notre propos, en ce sens que tant que les chefs d’Etat corrompus du continent ne changeront leur attitude vis-à-vis de la gestion publique des biens de l’Etat aucune financière ne pourra sortir l’Afrique de la situation économique désastreuse dans laquelle elle se trouvée plongée depuis plusieurs décennies.