lundi 30 mars 2009

Réflexion sur la situation actuelle en Mauritanie (suite)

Il n’est plus besoin aujourd’hui de rappeler que la République de Mauritanie traverse une période très critique de son histoire. Tant sur le plan démocratique, économique que social. Face à une conjoncture politique chaotique, le pouvoir militaire en place depuis le 6 août 2008 semble davantage entraîner le pays dans un avenir à la fois incertain et on ne peut plus sombre. Pour qui regarde de près ou de loin l’évolution de la situation politique mauritanienne, ce pays court un grand danger si des solutions adéquates ne sont pas trouvées dans l’immédiat pour régler la crise que les citoyennes et les citoyens sont en train de vivre.
D’un coup d’Etat militaire à un autre, les peuples semblent résignés au jeu cynique de certains politiciens, fonctionnaires et militaires sans scrupule. Nous avons finalement l’impression que personne, du président de la République au simple fonctionnaire de l’Etat, ne travaille pour l’intérêt général de la nation. La conscience civique est absente dans le discours de nos cadres et de la plupart de nos politiciens ; et même, hélas, dans celui de la majorité de la population qui semble, paradoxalement, cautionner les agissements de ces agents de L’Etat sans morale. Pour s’en rendre compte, il suffit de prêter l’oreille, sans discrétion, à ce qui se dit dans nos rues, maisons et bureaux. Tout semble encourager les fonctionnaires à la corruption, au détournement des biens publics de la nation. Nous avons le sentiment d’être dans une société mauritanienne où la réalité dépasse de loin la fiction.
Pour la conscience populaire de fait, quand quelqu’un (e) est nommé (e) à un poste de responsabilité il/elle doit profiter, s’enrichir au plus vite possible avant que l’on ne le/la mute à un autre poste moins lucratif. Quand la majorité d’un peuple arrive à ce degré de rabaissement moral et intellectuel, où toutes les valeurs sociales et religieuses sont ainsi bafouées, piétinées, nous avons de sérieuses raisons de tirer la sonnette d’alarme. Nous avons dit « valeurs sociales et religieuses » car aucune tradition sociale et/ou religieuse mauritanienne ne cautionne le vol et l’enrichissement illicite. Aujourd’hui, en Mauritanie, le combat que nous devons mener est celui de l’éducation... Nous avons parfois utilisé le terme de « sensibilisation » de la masse dans certains de nos articles pour parler de ce drame qui ronge la société mauritanienne ; mais c’est celui de « l’éducation » qui semble être approprié. Il faut donc éduquer nos citoyennes et citoyens de façon qu’ils prennent conscience de leur responsabilité. La responsabilité de chaque mauritanienne/mauritanien aujourd’hui est de contester, dénoncer la corruption qui gangrène notre économie nationale. Un pays ne peut pas être développé quand on encourage les fonctionnaires à piller les caisses de l’Etat, quand ceux qui détournent les biens publics ne sont inquiétés par aucune poursuite judiciaire sérieuse.
La République mauritanienne, comparée à la plupart des pays de la sous région, n’est pas un pays pauvre. Mais toutes les riches du pays sont concentrées entre les mains d’une minorité, pendant que le reste de la population meurt de faim. Les Mauritaniens ne doivent pas accepter qu’une telle situation s’éternise. Pour cela, il leur est donné dans moins de trois mois, la possibilité de choisir celui/celle qui va présider à leur destinée. Ils doivent refuser de porter à la tête de la magistrature suprême tout (e) candidat (e) qui engagerait le pays dans un avenir incertain et chaotique.

SOUMARE Zakaria Demba
soumarezakariademba.blogspot.com
zakariademba@yahoo.fr

lundi 23 mars 2009

Réflexion sur la situation actuelle en Mauritanie

Réflexion sur la situation actuelle en Mauritanie
Au moment où le président de la République mauritanienne, M. Mohamed Ould Abdel Aziz, sillonne une partie du pays afin de convaincre les populations locales à voter pour lui lors de l’élection prochaine à la magistrature suprême, des centaines et de milliers de citoyennes/ citoyens sont comme voués à eux-mêmes à Nouakchott. La vie devient, chaque jour, de plus en plus chère pour les pères et mères de famille dans un contexte mondial de crise économique. Tellement ils sont comme étranglés de partout par la rigueur des conditions de vie. Et nos autorités semblent ne rien voir de la misère quotidienne dont ils souffrent. Pour se rendre compte de la paupérisation de plus en plus inquiétante de ces derniers, il suffit de faire un tour, si rapide soit-il, dans les quartiers périphériques de la capitale, Nouakchott. Dans ces quartiers –ghettos, les habitants manquent de tout. Les droits les plus fondamentaux, les besoins les plus urgents (eau, électricité, hygiène) ne sont jamais suffisamment satisfaits. Les populations, impuissantes et résignées, ne savent plus à quel saint elles doivent se vouer pour se tirer d’affaires.
La situation actuelle de notre pays doit être une leçon pour les électeurs de l’élection présidentielle à venir. Les Mauritaniennes et les Mauritaniens ne doivent pas accepter que des militaires, qui on le sait depuis près de trente ans n’ont rien fait pour le développement économique, social et politique du pays, accèdent au pouvoir. Nous savons que la candidature de M. Aziz à l’élection présidentielle prochaine n’augure rien de bon. Et toutes les chances d’être réélu à la tête du pays dans moins de trois mois sont de son côté. Car nous savons qu’il est très difficile en Afrique de voir un président sortant organiser une élection et la perdre. Il y a certes quelques exceptions à la règle, comme ce furent le cas d’Amadou Toumane Touré au Mali, Ely en Mauritanie, entre autres. Mais ces exceptions, comparées à la situation générale du vieux continent, ne sont qu’une goûte d’eau dans un océan.
M. Aziz ne doit pas participer à cette élection. Il aurait dû sagement choisir de quitter le pouvoir au terme de la transition. Il est temps, vraiment, en République de Mauritanie que l’on en finisse avec le régime militaire. Voilà plus de vingt ans que nous sommés gouvernés par des régimes militaires. D’un régime militaire à un autre, le pays ne fait que davantage sombrer dans la « merde ». Et c’est toujours les populations qui payent le prix, quand certains politiciens et militaires sans scrupules pillent les ressources du pays. Aujourd’hui, en Mauritanie, nous devons faire une pause et réfléchir un peu. Dans un précédent article paru sur les sites de Cridem et de soninkara, nous avions souligné que le peuple mauritanien n’a pas le sens de la contestation. Quand un peuple ne sait pas dire non lors que ses droits fondamentaux sont violés, il y a de vraies raisons de s’inquiéter. Il est donc clair que le premier combat à mener aujourd’hui en Mauritanie c’est celui de la responsabilisation des citoyennes et des citoyens. Et cette responsabilisation ne pourra réussir que s’il y a suffisamment une sensibilisation de la masse.
Le combat s’annonce long et difficile pour une Mauritanie nouvelle et démocratique. Mais avec la détermination et le courage, tout devient possible.

SOUMARE Zakaria Demba
soumarezakariademba.blogspot.com

dimanche 8 mars 2009

Mes quatre vérités

Mes quatre vérités
Le quotidien des milliers et de centaine des gens devient de plus en plus un enfer dans les quartiers périphériques de Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Les populations dans ces zones oubliées de la capitale se réveillent chaque matin avec un nouveau défi. Les pères et mères de famille sont comme dépassés par une situation qu’ils ne maîtrisent pas (plus) du tout. Tellement les difficultés se succèdent les unes aux autres sans même donner le temps aux populations de respirer. Parmi ces difficultés de nature inquiétante, nous retenons particulièrement :
• Le manque d’eau potable, ou d’eau tout court. Il n’est plus besoin de rappeler que certains quartiers de Nouakchott n’ont ni robinets ni bornes fontaines permettant aux habitants d’avoir accès à suffisamment d’eau pour leurs besoins quotidiens. Ce qu’il faut de fait souligner ou rappeler, c’est que près d’une semaine les populations des quartiers de Basra, « Neteque », cinquième, sixième, entre autres, vivent un véritable calvaire lié au manque ou à l’inexistence d’eau. Les « mouné hamarres », c’est-à-dire les charretiers qui ravitaillent les maisons en eau au moyen de barils, profitant de cette situation de désolation où ce liquide précieux fait défaut, multiplient par deux ou parfois par trois le prix du baril d’eau. Ainsi, on est passé de 300 ouguiya, prix habituel du baril d’eau, à 400, 600, 700 et même 1000 ouguiya. Les femmes de ménage sont comme débordées par une telle situation qui devient chaque jour de plus en plus préoccupante. Elles sont comme abandonnées à elles – mêmes. Et les autorités ne font rien pour changer la situation. Nous avons l’impression que ces quartiers sont oubliés par l’Etat mauritanien ;
• A ce manque d’eau, vient s’ajouter un autre aussi important, sans doute : celui d’électricité. Face à ce défi de taille, les populations, désespérées de toute aide en provenance des autorités locales, ont décidé de trouver leurs propres solutions : la fraude. Pour s’en rendre compte, il suffit de faire un tour dans l’un de ces quartiers oubliés. L’on ne mettra pas beaucoup de temps à constater partout des câbles électriques trainant au sol constituant un danger manifeste pour les habitants, surtout pour les enfants qui, on le sait, trainent parfois sans chaussures. Ce danger devient plus menaçant encore ou mortel en période de pluies, car nous savons que l’eau et l’électricité ne font pas bon ménage ;
• Un autre défi, non de moindre, vient élargir cette liste : le désordre dans la circulation. Ce défi, contrairement aux deux autres susmentionnés, concerne toute la ville de Nouakchott sans exception. Circuler à Nouakchott relève d’un véritable cauchemar. Tellement il n’y aucun respect du code de la route. Si toutefois celui-ci existe. Sur les goudrons et les routes, charretiers, piétons et véhicules se partagent, se discutent le passage sans aucun respect de la circulation. L’Etat ne fait presque rien pour changer cela. Pour se rendre d’un bout à l’autre de la capitale, c’est à une véritable bataille de combattant que l’on s’engage.
Les citoyennes et les citoyens de notre pays ne doivent pas accepter cet état des choses. Mais pour refuser cela, faudrait-il que l’on ait le sens de la contestation. Nous sommes désolé de le rappeler ici qu’en Mauritanie nous n’avons pas encore la culture de la contestation. Il faut que l’on en finisse avec la tradition de la résignation, et réclamer nos droits. Pour cela, une campagne d’alphabétisation et de sensibilisation doit de fait être mise en place afin de d’informer les populations de leurs droits.
Aujourd’hui, il n’est sans doute plus besoin de rappeler que l’accès à l’eau potable, à l’électricité est un droit des citoyennes et des citoyens. Mais il faudrait d’abord que ces derniers le sachent. On ne peut pas réclamer un droit que l’on ignore. Le combat est de taille ; mais avec la conviction et la détermination nous pouvons venir à bout de ces défis.
SOUMARE Zakaria Demba
Soumarezakariademba.blogspot.com