samedi 30 mai 2009

Ce que doit être la place des femmes dans la Mauritanie de demain

Dans les traditions africaines au sud et au nord du Sahara en général et mauritaniennes en particulier, la femme est considérée comme un être inférieur, sans aucune importance, servile devant restée à la maison pour s'occuper uniquement des enfants et des travaux ménagers.
Cette tradition est tellement encrée dans la mentalité des populations que personne n’osait, sous peine d’être traité de ridicule, la remettre en question. La frontière établie entre les deux sexes –homme vs femme- se fait sentir sur tous les plans sociaux, économiques et politiques. Dès la tendre enfance, en effet, les parents ainsi que toute la société veillent scrupuleusement sur le respect de cette tradition.
Les jeunes filles n’ont droit qu’à s’occuper que des travaux en rapport direct ou indirect avec l’univers féminin. Tandis que, de leur côté, les garçons sont plus enclins à faire des tâches exigeant t le courage et la force. Cette répartition d’activités s’élargit à tous les échelons de la vie quotidienne des Mauritaniens. Ainsi, dans les travaux champêtres par exemple, en période d’hivernage, les femmes ont leurs parcelles séparées de celles des hommes.
Dans la vie quotidienne, garçons et filles évoluent côte à côte sans que les uns se mêlent des affaires des autres. Dans la scolarisation, les garçons sont, de très loin, plus favorisés que leurs sœurs du même âge ou de la même génération. Même si certaines filles sont au départ envoyées à l’école, la plupart d’entre elles finissent leur course au foyer à cause du mariage parfois précoce, pour s’occuper uniquement de leurs enfants et de leurs maris.
Cependant, force est de constater que depuis quelques années les choses commencent à évoluer du bon côté. De plus en plus de filles commencent à poursuivre des études jusqu’à la fac où elles sortent avec un diplôme universitaire leur permettant de tenter leur chance dans la vie professionnelle. De plus en plus de femmes commencent à s’investir dans la vie associative, politique et économique d’une manière on ne peut plus déterminante ; de plus en plus de femmes occupent des postes clés dans l’administration du pays ; de plus en plus de femmes participent activement à la prise des décisions engageant l’avenir de notre nation ; de plus en plus de femmes sortent de chez –elles pour participer aux manifestations pour dire leurs quatre vérités. Un espoir commence à naître. Nous devons encourager cela. Car l’idée selon laquelle les femmes ne doit pas bénéficier du même traitement que le garçon est, de fait, le résultat d'une conception archaïque et discriminatoire de la société mauritanienne traditionnelle (et moderne) qu'il faut combattre avec beaucoup de fermeté.
Si nous voulons construire une Mauritanie moderne et démocratique où les citoyens et les citoyennes auront un mode de vie digne répondant aux critères des droits humanitaires de l’homme, nous devons donner la chance à tous les citoyens mauritaniens, hommes et femmes, de s'épanouir intellectuellement, spirituellement et, surtout, professionnellement.
Il est sans doute regrettable de voir aujourd'hui, dans ce pays, un grand nombre de filles privées de l'éducation et de la formation à cause des considérations culturelles auxquelles personne n’y croit plus. Ces considérations doit être rigoureusement condamnées.
Le gouvernement de notre pays doit davantage s'investir dans la formation des jeunes filles. C’est la seule solution permettant l’émergence d’une société mauritanienne juste et démocratique. Car aucune société au monde ne peut évoluer, se développer, aller de l’avant sur le plan social, politique, démocratique et culturel en négligeant la participation des femmes à son développement.
La femme, dans la Mauritanie de demain, doit jouer le même rôle que l'homme. Rien, dans nos valeurs religieuses, ne s'oppose à cela. L’opposition de certains parents d’envoyer ou de laisser leurs filles continuer leurs études est une attitude relevant de l’ignorance et du manque de respect pour la dignité humaine. Il est regrettable et injuste de voir certaines filles/femmes interdites par leurs maris ou leurs parents, à cause des considérations sociales ou traditionnelles, de faire des études « poussées » ou d'entrer dans le monde professionnel.
Toutes les femmes, sans aucune exception, doivent bénéficier de l’éducation et de la formation professionnelle. Et une femme qui a fait des études doit, au même titre sans doute que l'homme, mettre ses compétences au service de son pays.
La Mauritanie ne peut concrètement entrer dans le monde moderne que si nous acceptons de donner à la femme toute sa dignité. Et nous ne saurons jamais lui donner sa dignité si, au préalable, nous la privons du droit au travail, à l'éducation et la formation. Sa participation à la vie active de la société mauritanienne d'aujourd'hui et de demain profitera à tout le monde.
Cette participation va lui permettre à la fois de contribuer à son propre épanouissement (en diminuant surtout les charges de son conjoint, et en se sentant plus libre économiquement) et à l'essor économique de la nation, en apportant sa contribution à l’émergence d’une Mauritanie nouvelle et démocratique où tous les citoyens se sentiront respectés et conscients de leur devoir vis –à-vis de leur nation.

SOUMARE Zakaria Demba

1 commentaire:

ramata a dit…

Bonjour,
nous ne connaissons pas, cependant, je tiens à te féliciter de l'audace dont tu fais preuve en te positionnant sur l'émancipation de la femme mauritanienne. Je te souhaite bon courage et j'espère tu seras rejoins par des esprits libre et ouvert à la cause d'une mauritanie moderne dans le respect de ses valeurs. Je suis contente de voir un compatriote à l'avant garde sur ce thème majeur dans une société appelée à muter.