dimanche 8 mars 2009

Mes quatre vérités

Mes quatre vérités
Le quotidien des milliers et de centaine des gens devient de plus en plus un enfer dans les quartiers périphériques de Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Les populations dans ces zones oubliées de la capitale se réveillent chaque matin avec un nouveau défi. Les pères et mères de famille sont comme dépassés par une situation qu’ils ne maîtrisent pas (plus) du tout. Tellement les difficultés se succèdent les unes aux autres sans même donner le temps aux populations de respirer. Parmi ces difficultés de nature inquiétante, nous retenons particulièrement :
• Le manque d’eau potable, ou d’eau tout court. Il n’est plus besoin de rappeler que certains quartiers de Nouakchott n’ont ni robinets ni bornes fontaines permettant aux habitants d’avoir accès à suffisamment d’eau pour leurs besoins quotidiens. Ce qu’il faut de fait souligner ou rappeler, c’est que près d’une semaine les populations des quartiers de Basra, « Neteque », cinquième, sixième, entre autres, vivent un véritable calvaire lié au manque ou à l’inexistence d’eau. Les « mouné hamarres », c’est-à-dire les charretiers qui ravitaillent les maisons en eau au moyen de barils, profitant de cette situation de désolation où ce liquide précieux fait défaut, multiplient par deux ou parfois par trois le prix du baril d’eau. Ainsi, on est passé de 300 ouguiya, prix habituel du baril d’eau, à 400, 600, 700 et même 1000 ouguiya. Les femmes de ménage sont comme débordées par une telle situation qui devient chaque jour de plus en plus préoccupante. Elles sont comme abandonnées à elles – mêmes. Et les autorités ne font rien pour changer la situation. Nous avons l’impression que ces quartiers sont oubliés par l’Etat mauritanien ;
• A ce manque d’eau, vient s’ajouter un autre aussi important, sans doute : celui d’électricité. Face à ce défi de taille, les populations, désespérées de toute aide en provenance des autorités locales, ont décidé de trouver leurs propres solutions : la fraude. Pour s’en rendre compte, il suffit de faire un tour dans l’un de ces quartiers oubliés. L’on ne mettra pas beaucoup de temps à constater partout des câbles électriques trainant au sol constituant un danger manifeste pour les habitants, surtout pour les enfants qui, on le sait, trainent parfois sans chaussures. Ce danger devient plus menaçant encore ou mortel en période de pluies, car nous savons que l’eau et l’électricité ne font pas bon ménage ;
• Un autre défi, non de moindre, vient élargir cette liste : le désordre dans la circulation. Ce défi, contrairement aux deux autres susmentionnés, concerne toute la ville de Nouakchott sans exception. Circuler à Nouakchott relève d’un véritable cauchemar. Tellement il n’y aucun respect du code de la route. Si toutefois celui-ci existe. Sur les goudrons et les routes, charretiers, piétons et véhicules se partagent, se discutent le passage sans aucun respect de la circulation. L’Etat ne fait presque rien pour changer cela. Pour se rendre d’un bout à l’autre de la capitale, c’est à une véritable bataille de combattant que l’on s’engage.
Les citoyennes et les citoyens de notre pays ne doivent pas accepter cet état des choses. Mais pour refuser cela, faudrait-il que l’on ait le sens de la contestation. Nous sommes désolé de le rappeler ici qu’en Mauritanie nous n’avons pas encore la culture de la contestation. Il faut que l’on en finisse avec la tradition de la résignation, et réclamer nos droits. Pour cela, une campagne d’alphabétisation et de sensibilisation doit de fait être mise en place afin de d’informer les populations de leurs droits.
Aujourd’hui, il n’est sans doute plus besoin de rappeler que l’accès à l’eau potable, à l’électricité est un droit des citoyennes et des citoyens. Mais il faudrait d’abord que ces derniers le sachent. On ne peut pas réclamer un droit que l’on ignore. Le combat est de taille ; mais avec la conviction et la détermination nous pouvons venir à bout de ces défis.
SOUMARE Zakaria Demba
Soumarezakariademba.blogspot.com

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