samedi 26 juillet 2008

Coup de coeur

Francis Cabrel 1983 "Quelqu'un de l'intérieur"


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Elle changeait les draps de l'hôtel
Les traces de doigts sur les poubelles
Petite hirondelle, au milieu des corbeaux
Elle chantait "Desperado"
Moi, j'avais du retard sur le sommeil
Je m'étais fait doubler par le soleil
Elle de l'autre côté du couloir
Elle faisait chanter les miroirs
J'ai passé une heure de sa vie
Une heure sous le soleil d'Algérie
Sous la course des planètes
Y a des moments qu'on regrette
Derrière ses paupières mi-closes
Je voyais plus de gris que de rose
Quand je suis parti, j'ai bien compris
Que je perdais quelque chose
Ces enfants qui font rien à l'école
Et qui ont les poches pleines de tubes de colle
De toute façon personne ne t'aide
Quand tu t'appelles Saïd ou Mohamed
C'est le ciel en tôle ondulée pour toujours
C'est la fenêtre sur la troisième cour
C'est le cri des voisines plein les oreilles
Et les heures de mauvais sommeil
Mais s'il y a quelqu'un autour qui comprend
Le mauvais français, le musulman,
Sous la course des planètes
Ma serait bien qu'il s'inquiète
Avant que ses paupières n'explosent
Et qu'elles prennent ce gris en overdose
Quand je suis parti j'ai bien compris
Qu'on y pouvait quelque chose...
Toi t'envoies dix francs
Pour les enfants du Gange
Parce que t'as vu les photos qui dérangent.
T'envoies dix francs
Pour les enfants d'ailleurs
Parce que t'as vu les photos qui font peur
Et elle que tu croises en bas de chez toi
Elle que tu croises en bas de chez toi...
Depuis je suis retourné à Marseille
Ses amis n'ont pas de nouvelles
Y a trop d'hirondelles
Ou trop de corbeaux
Elle a du changer de ghetto
Moi, je crois plutôt qu'elle
Change les draps d'un autre hôtel
D'autres traces de doigts
Sur d'autres poubelles
De l'autre côté d'un autre couloir
Elle doit faire chanter les miroirs
Chanter les miroirs, chanter les miroirs, chanter les miroirs


SOUMARE Zakaria Demba

Aperçu sur l’origine des Soninké

Aperçu sur l’origine des Soninké

Notre objectif dans cette brève réflexion n’est nullement de donner une étude exhaustive de l’origine des Soninké. Ce sujet pourrait de fait faire l’objet d’une recherche beaucoup plus large et complète pouvant permettre aux lecteurs -chercheurs d’avoir une connaissance plus ou moins suffisante dans ce domaine. Ici il s’agit donc de donner une idée, un aperçu à travers quelques versions que nous avons arbitrairement retenues pour étayer notre propos. A la fin de cet article, nous donnerons une indication bibliographique sommaire à l’intention de celles / ceux qui désireraient approfondir la réflexion.
En effet, les versions faisant état de l’origine des Soninké sont légion.
1. Dans leur ouvrage intitulé L’Empire du Ghana, le Wagadou et les traditions du Yéréré, Germaine DIETERLEN et Diara SYLLA affirment que « Dinga, ancêtre mythique des Soninké, dit Kare (ancien, patriarche) est né en Egypte à Sonna, nom que les Soninké donnaient à Assouan. » Ce qui pourrait signifier à notre avis que les Soninké seraient originaires de la Haute Egypte, dans une région appelée Sonni, et, dans ce cas précis, le terme de Soninké signifierait habitant de Sonni ;
2. La tradition orale soninké rapporte, par la voix des griots, qu’un homme nommé Dinga aurait traversé le Sahara d’Est en Ouest avec une troupe, et se serait installé dans le sud de la Mauritanie. Par la suite, son fils Diabé se serait descendu plus au Sud sur le conseil d’une vielle hyène et d’un vieux vautour. Il s’est finalement installé dans une localité appelée Wagadou, nom que portait l’empire soninké au Moyen Age ;
3. De l’avis de Quintin, les Soninké appartenaient tous à l’ethnie Songhay. Au début, ils ne formaient qu’une branche de dynastie, les Sonni, mais, lors que celle –ci fut chassée du pouvoir à Gao par l’Askia Mohammad en 1493, de nombreux partisans appartenant aux principales familles de l’ancienne monarchie, les Bakiri et les Dyawara, entre autres, émigrèrent avec elle, et le nom de soninké (ceux de Sonni) désigna bientôt toutes les familles fugitives. Les Sonni étaient d’origine étrangère, probablement berbère, ce qui expliquerait le teint clair des Soninké. Cette hypothèse fut combattue dès 1885 par Tautin .
4. Une autre explication, qui n’a pas donné lieu à grand commentaire, fait venir le nom de Soninké de leur ancien interdit alimentaire, qui portait sur le lamantin, sonni en leur langue .
5. Charles Monteil a de son côté identifié ce nom avec des Zenaga, écrit Sanhadja par les auteurs arabes. Cette hypothèse fut à son tour combattue par Maurice Delafosse en ces termes : d’abord il serait étonnant que, si les deux noms étaient identiques, les Maures eussent conservé la forme Zenaga pour désigner les Berbères vivant à côté d’eux et adopté une autre forme, Assouanik, pour désigner les Soninké ; ensuite il y a entre les deux noms des différences phonétiques réelles, particulièrement en ce qui concerne la première voyelle, laquelle a toujours été écrite « a »et prononcée « a »ou « é » par les Arabes dans le nom de Zenaga (Sanhadja, Sanaga, Zenaga), tandis qu’elle est nettement « o » ou « ou » dans Soninké.
-BATHILY, Abdoulaye, les Portes de l'or, Paris, Harmattan, 1989
-BOYER, G. Un peuple de l'ouest africain : les Diawara, mémoire n° 29, IFAN, 1953
-CLAUDE. Meillassaux et L. Doucouré, La légende de la dispersion des Kusa (épopée soninké), IFAN, 1967
-CHARLES. Monteil, « La légende de Wagadou », in Bulletin de L’IFAN, n° 1- 2 Janv. Avril 1967

-E. Pollet et G. Winter, Les Soninkés, Ed. Université de Bruxelles, 1971
-DIAWARA, Mamadou, La graine de la parole, F. Steiner Suttgar, 1990
-CLAUDE Meillassaux, La légende de Wagadou, l'origine des Soninkés n° 23, IFAN, 1953
-CHARLES. Monteil, Mélanges soninké,
BATHILY. A., Lexique soninké (Sarakolé)- français
-MAURICE. Delafosse, Haut Sénégal- Niger, Maisonneuve et Larose
-Qui sommes- nous, les Soninkés, Orature n°1
-FOFANA, Samba, Structure et dynamique socio- politique en milieu soninké, mémoire de Maîtrise, université de Nouakchott, 2004
-TANDIA, K. Aliou, Poésie orale et éducation traditionnelle, Dakar, NEA, 1999

SOUMARE Zakaria Demba

mardi 22 juillet 2008

La décadence d'un système

La République mauritanienne est malade de son système éducatif. Cette maladie est d’autant plus grave qu’elle envisage de compliquer, pour les générations futures, toute chance de réussite dans les études. Si nous prenons, objectivement, le temps de regarder ce qui se passe actuellement dans ce système, nous aurons toutes les raisons de nous inquiéter pour tous les élèves mauritaniens d’aujourd’hui et de demain. Quand ce système décide qu’aucun élève ne pourra passer en classe de seconde avant d’avoir son brevet, qu’un candidat libre au bac ne pourra pas faire l’examen avant d’avoir eu au préalable son teste, quand certaines matières jadis enseignées en langue française basculent en langue arabe, c’est tout l’espoir d’une grande partie de la population mauritanienne qui s’envole. Nous savons que ce sont toujours les pauvres qui payent le pot cassé. Les riches ont toujours les moyens de faire contourner le système en envoyant leurs enfants dans les établissements privés, en faisant passer frauduleusement leurs progénitures au brevet et au teste précédent le bac. Ces points de la réforme de notre système éducatif sont plus qu’injustes. Ils tendent, qu’on le dise ou non, à condamner les pauvres à l’ignorance en les décourageant à poursuivre les études. Car si nous regardons de très près, nous ne tarderons pas à constater le caractère « bidon » de cette réforme du système éducatif. Nous nous étonnons d’ailleurs comment les réformateurs qui ont été à l’origine de cette réforme n’ont pas pu ou n’auraient pas voulu constater l’impertinence d’une telle réforme qui plonge (plongera) des générations d’élèves mauritaniens dans le désespoir.

SOUMARE Zakaria Demba

jeudi 17 juillet 2008

Le dernier sermon du Prophète Muhammad (SAW)

Ce sermon fut fait le neuvième jour de Zil Hadj 10 A. H. dans la vallée Vranah du Mont Arafat.

Ce sermon fut en quelque sorte le dernier grand discours de Muhammad. Un sermon, renforcé par une parole divine : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, Je vous ai accordé Ma grâce pleine et entière et Jai agrée l’islam pour vous comme religion » (Coran, 5 : 3), qui clôture une mission d’une vingtaine d’années. Une mission jalonnée de tant d’adversité, de souffrance et d’endurance…

o Peuple, écoutez – moi attentivement, je ne sais pas si après cette année –ci je serai encore parmi vous. Donc écoutez ce que je vous dis avec beaucoup d’attention et apportez ce message à ceux qui ne peuvent être présents aujourd’hui ;
o Peuple, tout comme vous considérez ce mois, ce jour, cette cité sacrée [la Mecque], considérez la vie et les biens de chaque musulman comme sacrés ;
o Retourner à leurs légitimes propriétaires les biens qui vous ont été confiés ;
o Ne blessez personne afin que personne ne vous blesse ;
o Souvenez –vous qu’en vérité vous rencontrerez votre Seigneur et qu’effectivement Il vous demandera compte de vos actes ;
o Allah vous a défendu de pratiquer l’usure ou l’intérêt ;
o Pour le salut de votre religion, méfiez –vous de Satan. Il a perdu tout espoir de ne pouvoir jamais vous induire à commettre les grands pêchés. Méfiez –vous donc à ne pas le suivre en ce qui concerne les petits pêchés ;
o O peuple, il est vrai que vous ayez certains droits à l’égard de vos femmes, mais elles aussi ont des droits sur vous. Si elles se soumettent à vous, alors à elles appartiennent le droit d’être nourries et habillées convenablement. Traitez donc bien vos femmes et soyez gentils envers elles , car elles sont vos partenaires. Et il est de votre droit de vous assurer qu’elles choisissent leurs amis avec votre approbation aussi bien que de ne jamais commettre l’adultère ;
o O peuple, écoutez bien. Ecoutez bien :
o Adorez Allah ;
o Faites vos cinq prières quotidiennes ;
o Jeûner pendant le mois de ramadan ;
o Acquitter –vous de l’impôt social purificateur (Zakât) ;
o Accomplissez le Hadj [pèlerinage] si vous en avez les moyens ;
o Chaque musulman est le frère d’un autre musulman ;
o Vous êtes tous égaux ;
o Aucune personne n’est supérieure à une autre excepté en piété et en bonne action ;
o Souvenez –vous :
o Vous vous présenterez un jour devant Allah pour répondre de vos actes. Donc prenez garde ;
o Ne vous écartez pas du droit chemin après ma mort ;
o O peuple :
o Aucun prophète ou apôtre ne viendra après moi ;
o Aucune nouvelle foi ne naîtra après moi ;
o Raisonnez bien donc, ô peuple, et comprenez bien les mots que je vous transmets ;
o Je laisse derrière moi deux choses, le Coran et ma Sunna, et si vous les suivez vous ne vous égarerez jamais ;
o Que tous ceux qui m’écoutent transmettent ce message à d’autres et ceux-là à d’autres encore ; que les derniers puissent le comprendre mieux que ceux qui m’écoutent directement ;
o Sois témoin, ô Allah, que j’ai transmis Ton Message à Ton peuple.
SOUMARE Zakaria Demba

mercredi 9 juillet 2008

Soninkara ou le site de l'espoir

Soninkara ou le site de l'espoir  
Le monde contemporain est sans doute celui de toutes les contradictions, de tous les défis. Partout, des États – unis à l’Europe en passant par les Proche et Moyen Orient, l’Afrique et l’Asie la diversité des peuples, des cultures, des civilisations, des langues et des religions crée des tensions, des conflits qui, il est vrai, tournent parfois au drame faisant couler beaucoup de sang, causant tant de souffrance, de déchirures. A regarder de très près, le XXI siècle naissant aura autant ou plus de défis à relever que les siècles précédents. A une époque où les questions identitaires occupent les devant des débats politiques et culturels, le site de Soninkara se dresse face aux défis menaçant l’identité de la communauté soninké et donne espoir aux Soninké de la Mauritanie, du Sénégal et du Mali, de la Gambie. Ce site est de fait aujourd’hui plus qu’un canal d’informations  sous régionales. Il est un forum permettant aux Soninké de s’exprimer, de dire leurs quatre vérités, de mieux faire surtout connaitre leurs cultures, leur mode de vie, les valeurs fondant l’identité soninké. Je viens de voir dans ce site la vidéo dans laquelle le directeur de Djida Fm explique les circonstances dans lesquelles cette radio est née. Cela m’a donné, il est vrai,  beaucoup d’espoir. Nous devons encourager  tous ceux qui, directement ou indirectement, travaillent pour la préservation de l’identité soninké. Je profite de cette occasion pour saluer le travail remarquable du webmaster, Cissé Fodé.
 
SOUMARE Zakaria Demba

mardi 8 juillet 2008

Aperçu sur la migration des toulelois

Aperçu sur la migration des toulelois


Une brève mise au point nous semble ici nécessaire, car la migration des habitants de Toulel comme d’ailleurs toutes les migrations, s’inscrit dans un plus vaste ensemble.
La migration est un phénomène social aussi ancien que l’histoire de l’humanité. L’historien Ibrahim Baba KAKE, dans son ouvrage qui s’intitule Les Noirs de la diaspora, écrit que « l’homme est un animal terriblement voyageur. Il sort de sa patrie quelles que soient les barrières qui l’entourent » pour aller dans d’autres contrées, à la rencontre de ses semblables. Dans le même ordre d’idées, André VIEUGNET dans son texte, Français et immigrés, constate que « les migrations de populations s’observent tout au long de l’histoire. Partout et toujours des groupes, des tribus, des peuples émigrent de leur pays d’origine à la recherche [d’un ailleurs meilleur.] »
Le terme de migration vient du latin « migrare » qui se traduit par « s’en aller. » D’emblée, il faudrait relever le caractère polysémique de ce substantif. Selon le domaine dans lequel nous nous situons, nous pouvons distinguer :
la migration végétale : c’est une migration de matières dans le sol sous l’action de l’eau ; la migration animale ou zoologique : c’est un déplacement périodique d’animaux entre les lieux de production et les lieux de séjour offrant des conditions de vie plus favorables que les lieux d’origine (douceur du climat, humidité, nourriture plus abondante…) ;
la migration biologique : elle concerne la mobilité d’une cellule dans un organisme humain ;
la migration humaine : elle « est un déplacement massif de populations qui quittent un pays pour s'installer dans un autre. »
Dans son dictionnaire qui s'intitule Vocabulaire juridique, Gérard CORNU définit la migration comme « le fait, pour une personne, de se déplacer d’un pays dans un autre et d’y séjourner (c’est nous qui soulignons). » Cette définition nous semble partielle, car elle ne prend en considération que les migrations internationales et ignore complètement les mouvements internes consistant en un déplacement de populations campagnardes vers les grandes villes. Gérard CORNU semble également faire un amalgame entre les deux termes de migration et d’immigration.
En effet, l’immigration est « le fait de séjourner de manière durable ou de s’installer définitivement dans un pays étranger. » Nous ne pouvons donc valablement utiliser le verbe « séjourner » que quand nous parlons d’immigration et non de la migration.
La migration, nous l’avons dit plus haut, est un phénomène de société aussi ancien que l’humanité. En Afrique précoloniale, les historiens avaient remarqué un déplacement constant de populations d’un endroit à l’autre à la recherche des contrées plus favorables à l’agriculture et au commerce. L’une des migrations anciennes précoloniales africaines les plus célèbres est sans doute celle des Soninké. En effet, la tradition orale soninké raconte qu’un jeune homme nommé Dinga (l’ancêtre mythique des Soninké, selon les griots traditionalistes) aurait traversé le Sahara d’Est en Ouest avec une petite troupe de chasseurs à la recherche d’un lieu d’habitation. Il se serait finalement fixé dans le Sud de la Mauritanie, sans doute à Aoudagost. Par la suite, son fils Diabé, muni d’un tambour royal magique, serait descendu plus au Sud, et sur les conseils respectifs d’une vieille hyène et d’un vieux vautour il se serait installé dans une localité nommée Wagadu, qui signifie « pays des troupeaux en langue »Référence soninké.
De même, les récits des chroniqueurs arabes nous rapportent l’histoire d’un grand mouvement migratoire effectué par le souverain de l’empire du Mali, Kankan Moussa (1307-1332) à la Mecque. L’événement le plus marquant du règne de cet empereur, qui devait donner naissance à la légende de l’or de Tombouctou, fut le pèlerinage qu’il effectua aux lieux saints de l’islam ( 1324 - 1325).
Les historiens arabes racontent que des milliers de personnes lui firent cortège, dont cinq cents portaient les attributs du pouvoir (objets en or), cent chameaux transportaient chacun une importante charge d’or qui fut généreusement distribué pendant le voyage. Les dépenses du souverain furent telles que les cours du miqtal (pièce d’or utilisée à l'époque comme monnaie dans l’ensemble du monde arabe) s’effondra. Kankan Moussa revient du pèlerinage accompagné de nombreux érudits et artistes musulmans, parmi lesquels le poète andalou Es-Sahedi, qui construisit la mosquée de Djuberber de Tounbouctou.
De fait, la population de Toulel, comme d’ailleurs tous les peuples ouest africains, sont des grands voyageurs. Au début du siècle dernier, les jeunes gens en quête d’une meilleure condition de vie matérielle partaient chercher fortune dans les pays de la sous région comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Gambie…Cette migration vers les pays les plus proches du pays d’émigration se faisait principalement en deux temps : en période d’hivernage, les travailleurs saisonniers ou navétanes partaient cultiver les champs d’arachides dans les bassins arachidiers au Sénégal ou en Gambie. Ils y restaient jusqu’à la fin des récoltes.
Et, durant le reste de l’année, les plus ambitieux se transformaient en jula (commerçant) et faisaient la navette entre la Côte d’Ivoire, la Centre Afrique et leur pays de départ. Mais après les deux guerres mondiales et la demande forte de la France d’une main-d’œuvre pour sa reconstruction, nous avons assisté au départ de certains ressortissants de ce village pour la métropole. Cette migration vers la France est devenue d’autant plus massive de nos jours que le village se vide de toutes ses forces vives, d’où l’abandon de certains travaux qui constituaient la principale source de survie des Toulelinko, habitants de Toulel.
Les raisons de cette migration vers l’Europe sont principalement de deux sortes : économique et psychologique. Le motif économique s’explique par le fait que les jeunes, devant une situation économique sans issue et n’ayant aucune formation pouvant leur permettre de trouver un travail sur place, décident d’aller tenter leur chance en France ou en Espagne où les conjonctures économiques semblent être plus ou moins favorables. Cette migration de la jeunesse Touleloise vers l’Occident est une véritable manne financière qui permet à bon nombre de familles de subvenir à leurs besoins quotidiens. Mais aussi elle joue un rôle on ne peut plus négligeable dans le développement du village. Car le plus grand nombre des infrastructures (écoles, maternités, dispensaires…) que nous trouvons aujourd’hui dans le village sont construites par les immigrés se trouvant en France ou en Espagne.
Le motif psychologique de cette migration de la jeunesse de Toulel vers la métropole s’explique par le fait que, dans la communauté soninké, n’a droit au respect et à la parole que celui qui migre hors du village, à l’étranger pour être précis. Cette tradition est d’autant plus encrée dans la conception des villageois qu’elle est renforcée par l’image que les immigrés en vacances au village se donnent de leur prétendue réussite sociale. Ainsi, pour les familles et les jeunes candidats au départ, tous les moyens sont bons pour aller en France ou en Espagne afin de pouvoir faire les mêmes types d’investissements que le voisin du coin. Nous devons rigoureusement combattre cette conception fausse que les jeunes ont de la migration en Europe. Nous avons la responsabilité de leur faire comprendre que la réussite sociale et professionnelle peut être possible chez nous. La France n’est plus comme nous la croyions il y a quelques années. Leur avenir doit se jouer en Afrique. Il est temps qu’ils se mettent à se former sur place et essayer de trouver leur voie chez eux que de tenter une aventure européenne dont ils maîtrisent mal les contours.
SOUMARE Zakaria Demba

lundi 7 juillet 2008

Coup de coeur

Coup de cœur
Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai
par Francis Cabrel


Mon enfant nue sur les galets
Le vent dans tes cheveux défaits
Comme un printemps sur mon trajet
Un diamant tombé d’un coffret
Seule la lumière pourrait
Défaire nos repères secrets
Où mes doigts pris sur tes poignets
Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai
Et quoique tu fasses
L’amour est partout où tu regardes
Dans les moindres recoins de l’espace
Dans le moindre rêve où tu t’attardes
L’amour comme s’il en pleuvait
Nu sur les galets

Le ciel prétend qu’il te connaît
Il est si beau c’est sûrement vrai
Lui qui ne s’approche jamais
Je l’ai vu pris dans tes filets
Le monde a tellement de regrets
Tellement de choses qu’on promet
Une seule pour laquelle je suis fait
Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai
Et quoique tu fasses
L’amour est partout où tu regardes
Dans les moindres recoins de l’espace
Dans le moindre rêve où tu t’attardes
L’amour comme s’il en pleuvait
Nu sur les galets

On s’envolera du même quai
Les yeux dans les mêmes reflets
Pour cette vie et celle d’après
Tu seras mon unique projet
Je m’en irai poser tes portraits
À tous les plafonds de tous les palais
Sur tous les murs que je trouverai
Et juste en dessous, j’écrirai
Que seule la lumière pourrait...
Et mes doigts pris sur tes poignets
Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai

Publié par SOUMARE Zaakaria Demba

mardi 1 juillet 2008

Aperçu sur la crainte révérencielle en islam

Aperçu sur la crainte révérencielle en islam
Allah a créé les hommes et les djinns, le ciel et la terre ainsi que tout ce qui existe entre eux pour un objectif bien déterminé, pour L'adorer sans rien Lui associer comme le rappelle les versets : « je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent » (Coran, 51 : 56) ; « n'ont -ils pas médité en eux -mêmes ? Allah n'a créé les cieux et la terre et ce qui est entre eux qu'à juste raison, et pour un terme fixé... » (Coran, 30 : 8). De fait, l'adoration du Seigneur des univers doit s'accompagner de la crainte. Les fidèles, hommes et femmes confondus, dans leurs pratiques religieuses quotidiennes (cinq prières), mensuelles (jeûne du mois de ramadan) ou annuel (pèlerinage, Zakât) doivent conjuguer les deux sentiments de la responsabilité de répondre de leurs obligations vis – à-vis de leur Créateur et la crainte révérencielle témoignant de leur totale soumission aux commandements d'Allah. Un nombre considérable des versets coraniques reviennent, comme une rengaine, sur l'impératif de cette crainte révérencielle devant accompagner tous les actes de dévotion du croyant. « ô vous qui croyez ! Craignez Allah comme il convient d'être craint » (Coran, 3 – 102) ; « Craignez Allah, donc, autant que vous le pouvez » ( 64 : 16) ; « ô vous qui croyez ! Craignez Allah et parlez avec droiture ! » (33 : 70) ; « et quiconque craint Allah, Il lui donnera une issue favorable » (65 : 2) ; ô vous qui croyez ! Si vous craignez Allah, il vous accordera la faculté de discerner (entre le bien et le mal), effacera vos péché et vous pardonnera. Et Allah détient une immense grâce » (8 : 29) ; ou cet autre verset où Allah rassure, après avoir fait état de Son omniprésence dans la vie de Ses créatures, les croyantes et les croyants qui « marient » la croyance à la crainte révérencielle : «tu [Muhammad, saw] ne te trouveras dans aucune situation, tu ne réciteras aucun passage du Coran, vous n'accomplirez1 aucun acte sans que Nous soyons témoin au moment où vous l'entreprendrez. Il n'échappe à ton Seigneur ni le poids d'un atome sur terre ou dans le ciel, ni un poids plus petit ou plus grand qui ne soit déjà inscrit dans un livre évident ; en vérité, les biens aimés d'Allah seront à l'abri de toute crainte, et ils ne seront point affligés ; ceux qui croient et qui craignent Allah2 ; il y a pour eux une bonne annonce dans la vie d'ici -bas tout comme dans l'au -delà – il n' y aura pas de changement aux paroles d'Allah - ; voilà l'énorme succès » (10 : 61- 64). De même que ces quelques verstes coraniques, un nombre considérable des hadiths prophétiques insistent sur cette crainte révérencielle du Tout Miséricordieux, comme en témoigne : Abî Houraira rapporte qu'il a été demandé au prophète «ô Messager d'Allah ! Quel est l'homme le plus noble ? Il répondit : celui qui craint le plus Allah » (rapporté par Boukhari, Muslim...).

SOUMARE Zakaria Demba