samedi 31 mai 2008

Aperçu sur la philosophie de la Zakât (impôt social purificateur) et les dépenses personnelles en islam

Le fondement de la croyance en islam est basé, principalement, sur cinq bases ou piliers : la proclamation de la Shahadatayni (littéralement, il n'y a de Dieu digne d'être adoré qu'Allah ; et Muhammad, SAW, est son Envoyé et Messager ; la prière, la Zakât; le pèlerinage à la Mecque pour celles /ceux qui ont le moyen financier, le jeûne durant le mois de Ramadan. Au – delà de ces cinq articles de la foi islamique, le Coran en ajoute d'autres qui, il est vrai, viennent les compléter, comme nous pouvons le constater dans ce passage : « le Messager a cru en ce qu'on a fait descendre sur lui (Le Coran) venant de son Seigneur, et aussi les croyants. Tous ont cru en Allah, en Ses anges, à Ses livres, en Ses Messagers, en disant : nous ne faisons aucune distinction entre Ses Messagers... » (Coran, 2 : 284). Ceci enjoint aux musulmanes et aux musulmans la croyance à l'invisible (ghayb), c'est -à-dire, en termes clairs : à Allah, aux anges, au Jour dernier, à l'existence du paradis et à l'enfer, bien qu'il n'est pas donné à l'être humain de les voir. Après avoir déterminé clairement le fondement de cette croyance, de la foi, l'islam accorde une importance on ne peut plus capitale aux relations sociales entre les croyants qui forment une communauté ; encourage les fidèles à être solidaires les uns les autres. Cette solidarité se traduit par l'acquittement de l'impôt social purificateur (la Zakât) et les dépenses personnelles ( aumônes). Plus qu'une prescription divine, la Zakât traduit de fait une philosophie sociale dont l'objectif est de permettre à tous les membres de la communauté de bénéficier des ressources et des biens publics de l'État ou de la Nation. Dans son ouvrage qui s'intitule La Justice sociale en islam, le penseur Said Qotb affirme que « l'islam a fait de la Zakât un droit, celui qu'ont les démunis sur la fortune des nantis. Un droit que l'État musulman, appuyé par la Loi d'Allah, la Charia, et fort de son pouvoir et de sa souveraineté, se charge d'établir... » (p. 120). De même que la Zakât, les dépenses personnelles occupent une place de choix dans les relations entre les membres de la communauté musulmane. Dans son ouvrage, L'islam, le face à face des civilisations, Tariq Ramadan écrit à propos de ces dépenses individuelles : « au-delà de l'obligation de la Zakât, on trouve, dans l'enseignement islamique, un grand nombre de recommandations concernant la portée morale des dépenses personnelles. » (P.144). L'objectif de ces dépenses est de faite de plaire à Allah, et elles sont destinées aux : proches parents, aux pauvres, aux voyageurs démunis, comme les confirment ces verstes : « la bonté pieuse (al-birû) ne consiste pas à tourner vos visages vers le Couchant ou le Levant. La bonté pieuse, cependant, consiste à : croire en Allah, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes, de donner de son bien, quelque soit l'amour qu'on en ait : aux proches, aux orphelins, aux nécessités, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent de l'aide..1. » (Coran, 2 : 177) ; ou « ils (les croyants) nourrissaient le pauvre, l'orphelin, le captif pour l'amour d'Allah, disant : nous vous nourrissons pour plaire à Allah seul (pour son visage) ; nous n'attendons de vous ni récompense ni gratitude » (76 : 8-9). Ces verstes coraniques montrent en effet la nécessité de la solidarité entre les membres de la communauté. Dans la conception islamique de la vie communautaire, la richesse, comme la pauvreté, est une épreuve par la quelle Allah éprouve l'adorateur, teste sa capacité à être utile, généreux vis à vis de celles / ceux de la communauté qui sont dans des difficultés financières, comme nous l'enseigne ce verste plein d'enseignements « : béni soit Celui dans la main de qui est la royauté, et il est omnipotent. Celui qui a crée la mort et la vie afin de vous éprouver (ou de savoir) qui de vous est le meilleur en œuvre... » (Coran, 67 : 1-2). Agir en bien c'est, entre autres, après les articles de la foi cités plus haut, être attentif aux besoins des proches parents, des pauvres, des orphelins...


SOUMARE Zakaria Demba

1C'est nous qui soulignons.

jeudi 29 mai 2008

La grogne des peuples

La grogne des peuples

Des États – unis à l'Europe, en passant par le continent africain, le constat est le même : la dégradation de plus en plus inquiétante du train de vie des milliers et de centaines de citoyens. De Conakry à Nouakchott en passant par Dakar, les populations se plaignent de la montée vertigineuse des prix des produits alimentaires de première nécessité. Tandis qu'à la capitale guinéenne l'armée, se substituant aux populations, descend dans la rue, sème la terreur, pille les commerces, à Nouakchott et dans la capitale sénégalaise les citoyennes et les citoyennes ne savent plus à quel saint il faut vraiment se vouer. Tandis qu'en Afrique du Sud les populations, dépassées par la misère, la pauvreté et la paupérisation on ne peut plus dramatique, cherchent un exutoire dans la chasse aux étrangers, considérés comme les responsables de la situation difficile et sans issue qu'elles sont en train de vivre, ailleurs dans le « vieux continent » des milliers des clandestins venus du Mali, du Sénégal...tentent, au prix de leur vie, de braver la mer pour « échapper » à un avenir sans espoir. De même, de l'autre côté de la planète, au Nord, en Europe, la montée du prix du baril de pétrole provoque par la même occasion l'augmentation de celui de l'essence, du gasoil, du gaz...Les populations, prises en piège, entraînées dans un engrenage dont elles ne maîtrisent pas tous les contours, bloquent tout, descendent dans les rues pour manifester leurs colères contre des gouvernements qui semblent ne plus jouer leur rôle. À regarder de très près, notre monde est celui de tous les défis. Si nous ne prenons pas la peine de trouver une solution à cette triste conjoncture économique mondiale, il est sans doute vrai que nous courons vers notre perte. Aujourd'hui, les populations sont entrain de vivre les conséquences des politiques de développement incohérentes. Ceci est surtout vrai pour les États africains qui, se trouvant dans une sorte d'incapacité de définir une politique de développement correspondant aux besoins réels de leurs populations, se laissent entraînés dans des systèmes économiques « prêts à porter » conçus par les dirigeants du Nord. Ce qui, il est vrai, crée un déséquilibre économique entre le Sud et le Nord qui, de fait, profite bien tant aux dirigeants corrompus africains qu'à ceux sans scrupules du Nord. Dans tous les cas de figure, ce sont toujours les peuples qui payent le pot cassé. Ces peuples, non contents de se trouver dans une situation où ils sont « la proie » des prédateurs sans morale, protestent, crient leur colère à la face du monde. Mais cette protestation ne fait qu'accroître leur misère. Dans la mesure où ils ont affaire à des dirigeants plus enclins à défendre leurs intérêts personnels, individualistes que de s'occuper sérieusement des préoccupations de celles / ceux qui les ont élus.


SOUMARE Zakaria Demba

samedi 24 mai 2008

Aperçu sur le mérite de prier sur le Prophète Muhammad (SAW)

Ce serait presque un truisme que de rappeler que prophète Muhammad (SAW) occupe une place on ne peut plus importante dans la conscience et la vie des musulmanes et des musulmans. Il est de fait celui qui a réussi et transmis aux fidèles le Coran, Texte révélé qui rappelle la place éminente de l’envoyé d’Allah tout à la fois annonciateur, modèle et guide. Les musulmans, depuis le VII siècle, ont réussi l’ordre de prier sur lui par, entre autres, la formule consacrée ci-après chaque fois que son nom est mentionné : salla allahu alayhi wa sallam, littéralement : que la paix et la Bénédiction d’Allah soient sur lui. De même, le Coran, plus d’une fois, rappelle la nécessité de la prière sur celui qui fut (est) le symbole vivant de la révélation.

" Oui, Allah et Ses anges bénissent le Prophète. O vous les croyants! Priez pour lui et appelez sur lui le salut. … » De même, un nombre considérable des hadiths prophétiques abondent dans le sens d’exhortation des croyantes et des croyants à multiplier les prières sur Muhammad (SAW) : « celui qui prie sur moi [Muhammad] une fois, Allah priera sur lui dix fois » ; ou « ne faites pas de ma tombe un lieu pour célébrer vos fêtes, mais priez en ma faveur, car vos prières me parviendront où que vous vous trouviez » ; ou encore « l’avare est celui qui ne prie pas sur moi quand mon nom est mentionné » (rapporté par Muslim, Abou Doud, At- timidhi).

Parmi les prières sur le prophète (SAW), nous pouvons entre autres citer : « Mon Dieu, prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad, comme Tu as prié sur Ibrahim et sur la famille de Ibrahim ; Tu es certes digne d’éloge et de gloire ; et béni Muhammad et la famille de Muhammad, comme Tu as béni Ibrahim et la famille de Ibrahim ; Tu es certes digne d’éloge et de gloire ». Cependant, le mieux est de fournir un effort de récitation de cette prière en langue arabe. Ce qui suit pourrait à notre avis aider ceux qui ne savent pas lire l’arabe : « allâhoumma sallî alâ muhammad wa alâ âli Muhammda ; kamâ sallayta alâ Ibrâhîm wa alâ âli Ibrâhîm innaka hamîdoun majîd ; allâhoumma bârik âlâ Muhammad wa alâ âli Muhammad kamâ bârakta alâ Ibrâhîm wa alâ âli Ibrâhîm, innaka hamîdoun majîd » (rapporté par Muslim).

Il y a de fait plusieurs raisons de prier sur le prophète Muhammad, dont entre autres ces quarante raisons

extraites du livre intitulé : Jalâ el Afhâm fî Fadhl e-Salât wa e-Salâm ‘ala Mohammed khaïr el Anâm d’ibn el Qayyim el Jawziya (p. 612-626).
1- Lorsque l’individu prie sur le Prophète [sws], il se soumet avant tout au commandement du Seigneur ;
2- Il s’inspire de son Seigneur bien que Sa Prière sur le Prophète [sws] soit différente de la nôtre ; la Sienne consiste à lui faire les honneurs et les éloges et la nôtre consiste à prier et à invoquer en sa faveur ;
3- Il suit les traces des anges ;
4- Il obtient dix prières de la part d’Allah pour chaque prière qu’il prononce ;
5- Allah l’élève de dix degrés à chaque fois ;
6- Il lui sera inscrit dix récompenses ;
7- Il lui sera effacé dix péchés ;
8- S’il accompagne sa Prière à ses invocations, elles seront plus favorablement reçues par le Seigneur étant donné que cette fameuse Prière permet de les faire monter au ciel. Sans cela, ses invocations risquent de rester suspendues entre le ciel et la terre ;
9- C’est aussi un moyen d’obtenir l’intercession du Prophète [sws] ;
10- C’est un moyen de se faire pardonner les péchés ;
11- C’est un moyen par lequel Allah soulage la détresse de Son serviteur ;
12- C’est un moyen de se rapprocher de Son Seigneur (I) le Jour de la Résurrection ;
13- La Prière sur le Prophète [sws] se substitue à l’aumône envers les personnes en difficulté ;
14- Elle lui permet de mener ses affaires à bien ;
15- Elle lui permet de recevoir les Prières d’Allah et celles des anges ;
16- Elle lui permet de se purifier et de se mettre en valeur ;
17- Elle lui permet de se voir annoncer le Paradis avant sa mort ;
18- Elle lui permet de s’épargner les douloureux événements de la Résurrection ;
19- Elle lui permet de recevoir en réponse les Prières et les Salutations du Prophète [sws] ;
20- Elle lui permet de se rappeler les choses qu’il a oubliées ;
21- Elle lui permet d’embellir ou de purifier ses assemblées et de faire que celles-ci ne soient pas un sujet de regret le Jour de la Résurrection ;
22- Elle permet de repousser la pauvreté ;
23- Il s’épargne ainsi de prendre le nom d’avare que mérite toute personne se privant de prier sur le Prophète [sws] au moment où ce dernier est évoqué ;
24- Il ne sera pas concerné ainsi par l’invocation destinée contre tous ceux qui s’abstiennent de prier sur lui [sws] à l’écoute de son nom ;
25- Elle lui permet de se maintenir sur le chemin du Paradis contrairement à celui qui ne prie pas sur lui [sws] ;
26- Il s’épargne ainsi des assemblées impures dans lesquelles il n’est consacré aucun éloge ni aucune attention à Allah et à Son Messager ;
27- Elle permet de rendre parfait un discours au début duquel les louanges sont consacrées au Seigneur et les Prières consacrées au Prophète [sws] ;
28- Elle lui permet d’acquérir une lumière durant la traversée du Pont jeté au-dessus de la Géhenne (le Sirât) ;
29- Elle le préserve de la dureté du cœur (ou de l’abandon du Seigneur) ;
30- Elle lui permet d’entretenir les éloges qu’Allah réserve à l’auteur d’une telle prière et qu’Il communique aux occupants de la terre et des cieux. En priant sur le Prophète [sws] en effet, le serviteur réclame au Très-Haut de lui réserver les éloges et les honneurs. Il méritait par conséquent de jouir relativement en retour de ces éloges en sachant que la récompense est de même nature que les actes ;
31- Elle lui rapporte la bénédiction dans ses œuvres, sa durée de vie, et ses différentes affaires. Comme il implore en effet la bénédiction en faveur du Prophète [sws] et de sa famille, il méritait en retour d’être comblé de la même faveur en sachant que ses propres invocations en faveur du Prophète sont automatiquement exaucées et que la récompense est de même nature que les actes ;
32- Elle permet d’obtenir la Miséricorde divine qui peut prendre le sens de prière –selon une certaine tendance – bien que selon la meilleure tendance, la prière est un effet de la Miséricorde divine. Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, il reçoit la cette Miséricorde ;
33- Elle lui permet d’entretenir et d’augmenter les sentiments qu’il éprouve vis-à-vis du Prophète [sws], en sachant que l’amour du Prophète [sws] est un acte de foi incontournable. Plus l’ « être » est bien-aimé, plus ses qualités et ses caractéristiques attirantes sont évoquées et présentes à l’esprit et plus les sentiments à son égard augmentent. Son souvenir à l’ardeur grandissante anime et envahit tout le cœur. Lorsque ce sentiment n’est pas entretenu, il perd de son intensité. La chose la plus attirante à la vue, c’est de contempler son bien-aimé et la chose la plus attirante au cœur, c’est de se remémorer ses qualités. ce sentiment intense se manifeste à travers les paroles en faisant incessamment ses éloges ;
34- Elle lui permet d’obtenir en retour l’amour du Prophète [sws] de la même manière qu’elle permet d’entretenir l’amour du Prophète [sws] ;
35- Elle est un moyen de le guider sur le bon chemin et de vivifier son cœur. Plus il prie sur lui [sws] en effet, plus son cœur se remplit d’amour de sorte qu’il n’éprouve plus aucune réticence vis-à-vis de ses commandements et de ses enseignements qui vont s’imprégner en lui comme l’encre s’imprègne sur une feuille. Ils sont toujours présents avec lui et l’orientent constamment sur le chemin du savoir et du bonheur. Sa clairvoyance et son savoir ainsi accrus le pousseront à prier sur lui [sws] davantage.
36- Toutes les fois qu’il prie sur le Prophète [sws], son nom lui est transmis par les anges ; cet honneur suffit à lui-même !
37- Elle permet de lui raffermir le pas au moment de traverser le Sirât ;
38- Prier sur le Prophète [sws] est le moindre des droits que nous lui devons. C’est une façon de lui exprimer notre reconnaissance pour tous les bienfaits qu’Allah nous a procurés par son intermédiaire. Bien qu’il soit impossible de lui être pleinement reconnaissant, dans Son infinie Générosité, Allah se contente de peu de la part de Ses serviteurs ;
39- Cela implique d’évoquer le Seigneur et de Le remercier pour avoir envoyé un tel Prophète aux hommes. Cette prière implique notamment d’invoquer le Seigneur de récompenser Son Messager à sa juste valeur. Allah nous fait connaître à travers la Révélation Ses Noms et Attributs et Il nous guide sur le chemin qui mène à Son Agrément. Il nous fait connaître également quels agréments nous attendent une fois arrivés au bout de ce chemin et une fois parvenus à Sa rencontre. Ainsi, nous croyons à l’Existence de notre Seigneur, à Son Savoir, à son écoute, à Sa Puissance, à Sa Volonté, à Ses Attributs et à Sa Parole. Nous avons foi également aux enseignements du Prophète [sws] qu’Il a envoyé et à qui nous vouons un amour parfait. Ce Prophète que nous aimons et à qui nous croyons nous a fait découvrir ces différents fondements de la foi. Prier sur lui constitue donc l’une des œuvres les plus méritoires ;
40- La prière sur le Prophète est une forme d’invocation en sachant qu’il existe deux sortes d’invocations ; premièrement : le serviteur invoque en sa propre faveur et deuxièmement : il fait les éloges de l’Ami proche et du Bien-Aimé d’Allah. Ainsi, pour plaire à Dieu, il privilégie de prier sur Son Messager [sws] au dépend de prier pour lui-même. Il préfère plaire à Allah et à Son Messager et se sacrifier que de chercher à résoudre ses propres affaires. En récompense à celui qui Le privilégie à Ses créatures et à ses propres besoins, Allah le privilégie à Ses autres créatures étant donné que la récompense est de même nature que les actes…

Que les Prières et les Salutations d’Allah soient sur notre Maître Mohammed ainsi que sur sa famille ses compagnons !

SOUMARE Zakaria Demba

mardi 20 mai 2008

Aperçu sur la notion du temps en islam

Le temps, c’est de l’argent. Dit –on dans le proverbe. Cela est sans doute vrai selon les critères matérialistes par lesquels certains jugent la valeur de l’existence. Cependant, du point islamique, le temps c’est plus que l’agent : il est la vie. Un nombre considérable des versets coraniques mettent en exergue l’importance que le temps occupe dans la Création d’Allah. Dans plusieurs endroits du Texte sacré Allah jure par le temps (ou ses éléments) pour ainsi montrer combien il est précieux, comment en témoignent : « par le temps ! L’homme est certes en perdition ; à l’exception de ceux qui croient et accomplissent des bonnes œuvres ; qui s’enjoignent mutuellement la vérité ; et qui s’enjoignent mutuellement la vérité » ( Al – açr, Le temps). L’importance du temps est mentionnée sous diverse formes dans le Coran. Il est considéré comme un bienfait du Créateur à ses serviteurs croyants et non croyants. Le temps, de fait, est le support de la vie humaine et le champ où se déroule l’existence de l’homme. Dans le Coran, nous relevons : « et pour vous Il [Allah] a assujetti le soleil et la lune à une perpétuelle révolution. Et il vous a assujetti la nuit et le jour. Il vous a accordé tout ce que vous Lui avez demandé. Et si vous comptiez les bienfaits d’Allah, vous ne sauriez le dénombrez… » ( 14 : 33 – 34) ; ou « par la nuit quand elle enveloppe tout ! Par le jour quand il éclaire » (La nuit : 1- 2). De même, un nombre considérable des hadiths prophétiques abonde dans le sens d’incitation, d’exhortation des fidèles, hommes et femmes, à ne jamais négliger leur temps, comme en témoignent les hadiths suivants « au jour de la résurrection, l’adorateur ne bougera pas avant qu’Allah ne l’interroge sur :

1. sa vie, et comment il l’a passée ;

2. son bien, et comment il l’a acquis et dépensé.

Et « il n’est de jour dont l’aube se lève sans qu’une voix appelle : ô enfants d’Adam, je suis une nouvelle création, et je suis témoin de tes actes ; fais donc provision de moi : je ne reviendrai certes pas jusqu’au Jour de la résurrection » Rapportés par Muslim). Ceci montre de fait qu’il n’y rien dans la vie de l’homme, du croyant qui puisse être plus précieux que le temps.

SOUMARE Zakaria Demba

dimanche 18 mai 2008

Face à nos responsabilités

Notre monde est celui de tous les défis. Tout au long du XX siècle, et au début de ce XXI siècle nous assistons un peu partout à des catastrophes de natures différentes, et on ne peut plus inquiétantes. Des deux guerres mondiales, des génocides des Juifs d’Europe, des Arméniens de la Turquie, des Cambodgiens, des conquêtes coloniales, des Tutsi du Rwanda de 1959 à 1994, et les guerres ethniques, tribales, politiques, économiques tant en Afrique, en Asie qu’au Moyen Orient, au tremblement de la terre en Chine…, notre époque est celle de tous les dangers. Chacun (e) d’entre nous doit, avec fermeté et inconditionnellement, refuse cet ordre des choses, et agir corps et âme pour l’émergence d’un monde où les droits les plus élémentaires des communautés, des individus seront respectés. La dimension communautaire de ce combat contre toutes les formes des drames tracassant le quotidien des populations locales, nationales ou internationales doit être de taille. Aujourd’hui, en Mauritanie, plus qu’hier sans doute, le sens de nos responsabilités devrait être la vigilance contre toute tentative de violation des droits des citoyennes et des citoyens à mener une vie digne de ce nom. La pauvreté, l’inexistence d’une réelle politique de développement, l’analphabétisme des centaines de nos concitoyens, la misère dans nos villes et campagnes, la démission de nos responsabilités tant sur le plan économique, politique et social, tout cela devrait, de fait, être rigoureusement combattu si nous voulons réellement sortir de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons en ce moment. De ce combat, la dimension sociale devrait être mise au premier plan des préoccupations. Car si le gouvernement mauritanien ne fait rien pour améliorer le quotidien de ses citoyens, il va sans dire que le changement, la rupture avec l’ancien régime ne se fera pas de si tôt. Il est de la responsabilité de chaque Mauritanien (ne) d’assumer sa part de responsabilité pour relever les défis qui nous menacent. Nous devons en finir avec l’idée selon laquelle toutes les responsabilités devraient être mises sur le dos de l’Etat. C’est une très mauvaise conception du sens de la citoyenneté. Chacun (e) du président de la République au paysan de Toulel, a sa part de responsabilté, en fonction bien sûr de ses capacités intellectuelles, matérielles ou financières, dans le combat que nous devons mener pour mieux réussir le « décollage » de la Mauritanie de demain.

SOUMARE Zakaria Demba

samedi 17 mai 2008

Devoir civique

Devoir civique

Pour qui consulte quotidiennement le site de Cridem, il serait presque inutile de lui rappeler combien les choses bougent en République mauritanienne. Tellement les réactions sur les sujets politiques, sociaux, économiques et démocratiques sont légion. Ce qui, hier, était impossible devient possible aujourd’hui. Personne, désormais, dans la nouvelle Mauritanie émergeant de son passé douloureux doublé des manquements révoltant aux principes démocratiques des temps modernes ne craint d’exprimer haut et fort ses quatre vérités. Nous avons, il est vrai, l’impression que les citoyennes et les citoyens de notre pays commencent enfin à comprendre ce qu’être un (e) citoyen (ne) responsable, refusant de fuir ses responsabilités. Aucun pays au monde, de fait, ne pourra aller de l’avant si au préalable les populations, toutes tendances confondues, n’ont pas conscience qu’elles ont autant de droits que de devoirs. Or, quiconque jette un coup d’œil, si rapide soit-il, sur les articles des nos concitoyennes et de nos concitoyens paraissant sur Cridem ou dans tout autre canal de diffusion d’information, force est sans doute de constater que nous sommes, en Mauritanie, en train d’assister, lentement mais sûrement, à une prise de conscience de nos responsabilités, de nos devoirs. Le devoir de tout citoyen est en effet de s’engager corps et âme dans la « bataille » sociale, politique, économique et démocratique contre toutes les formes d’injustices qui tracassent le quotidien des populations. Le sens de notre devoir civique dans la Mauritanie qui commence à marquer ses premiers pas dans le monde du XXI siècle, c’est de nous opposer, fermement et inconditionnement, à la pauvreté, à la paupérisation de plus en plus inquiétante des centaines de citoyens de notre pays, de dénoncer la dégradation flagrante de notre système éducatif, du ravage du sida, du laxisme, de la corruption de certains de nos fonctionnaires sans scrupule, du laxisme administratif, du favoritisme ethnique ou racial. La Mauritanie de demain ne pourra pas démarrer sans qu’elle ne trouve au préalable une solution adéquate à ces obstacles.

SOUMARE Zakaria Demba

vendredi 16 mai 2008

La sincérité (Al- ikhlâs) en Islam

La sincérité (Al- ikhlâs) en Islam

En Islam, la sincérité occupe une place on ne peut plus importante dans les actes cultuels. Rien dans ce qu’un (e) fidèle fait n’a de valeur et de considération auprès d’Allah s’il n’est pas, au préalable, doublé d’une sincérité. De fait, la sincérité en religion islamique consiste à agir dans le seul but de satisfaire le Créateur des univers. Autrement dit, en termes on peut plus clairs, c'est le fait de diriger l'intention et la volonté motivant un acte de soumission exclusivement vers Allah, en cherchant uniquement par cet intermédiaire à se rapprocher de Lui, et (en s'éloignant de toute) autre motivation, comme le désir de se faire remarquer, de bien se faire voir des gens ou de recevoir des compliments de leur part, ou de n'importe quelle aspiration autre que celle de se rapprocher d'Allah. Dans le Coran, texte de législation par excellence des musulmans, un nombre considérable des versets abonde dans le sens d’encouragement et de recommandation aux fidèles, hommes et femmes, d’agir en toute sincérité dans leurs pratiques cultuelles, comme en témoigne :

"Il ne leur a été ordonné que d'adorer Allah, en étant sincère envers Lui dans leur religion, droits, et d'accomplir la prière, de s'acquitter de la zakat, et ceci est la religion de droiture". [sourat Al-Bayyinah/5]

De même que les versets coraniques, un nombre important des hadiths prophétiques enjoint aux croyantes et aux croyants la sincérité dans leur rapport à Allah : Ibn Masoud rapporte que le prophète Muhammad (SAW) a dit « la sincérité mène à la piété, et la piété mène au paradis. L’homme ne cesse d’être sincère jusqu’à ce qu’il soit inscrit auprès d’Allah comme un homme sincère… »

Ce verste et ce hadith montrent en effet combien en Islam la sincérité dans l’adoration est la colonne vertébrale autour de laquelle viennent graviter toutes les pratiques cultuelles. Un acte accomplit sans sincérité est ainsi un acte n’ayant aucune valeur ou considération auprès Allah. Il est par conséquent nécessaire que le /la fidèle soit attentif (ve) à cet aspect de sa foi sans lequel toutes les œuvres qu’il /elle accomplirait seraient vouées à néant.

SOUMARE Zakaria Demba

soumarezakariademba.blogspot.com

dimanche 11 mai 2008

La foi musulmane entre crainte et espoir


En islam les fidèles, hommes et femmes, sont, dans leurs pratiques cultuelles, constamment tiraillés entre la crainte révérencielle d’Allah, de commettre un péché pouvant entraîné leur perte tant dans ce monde que dans l’au-delà, et l’espoir de bénéficier de la miséricorde divine, du pardon de Celui qui accueille le repentir de ses créatures repentants : Allah. Dans le Coran, nous relevons : « Et invoquez-Le avec crainte et espoir, car la miséricorde d' Allah est proche des bienfaisants. (al A'raf : 56). Ou cet autre verset : « Ils (les fidèles) espèrent sa miséricorde et craignent son châtiment » ( Al – Isra : 57). De fait, ce qui nécessite la crainte d’Allah, c’est effectivement la reconnaissance de Sa toute Puissance et de la sévérité de Son châtiment ; tandis que ce qui nécessite l’espoir en Allah, de Son pardon, c’est bien la reconnaissance de Sa miséricorde et la grandeur de Son récompense. Dans un autre passage du Coran, Allah enjoint à Son Messager, Muhammad (SAW) : « informe Mes serviteurs que c’est Moi le Pardonneur, le très Miséricordieux, et que Mon châtiment est certes douloureux. » (Al – Hijr : 49 -50). En effet, le fidèle qui reconnaît la récompense d’Allah se doit de placer tout son espoir en Lui. Et quiconque craint Son châtiment doit Le craindre. Le / la musulman(e), dans son cheminement vers Allah, devrait constamment avoir à l’esprit que toute négligence vis-à-vis de ses obligations envers son Seigneur pourrait faire l’objet d’une punition exemplaire ; de même que Son créateur est capable de pardonner tous les péchés à qui Il veut, comme en témoigne : « Dis : «O! Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux».

Il est donc clair, en islam, que le fidèle ne doit, en aucun cas, perdre espoir de la Grâce divine. Quelques soient le nombre des péchés commis volontairement ou involontairement, le / la musulman (e) doit avoir en conscience qu’Allah, son Créateur, est plein de Miséricorde envers Ses serviteurs. Cependant, il est vrai, la conscience de la miséricorde d’Allah ne doit en aucun être un prétexte ouvrant la porte à toutes les formes de désobéissance. Nous devons, au contraire, prendre nos précautions afin d’éviter de commettre les péchés qui pourraient entraîner notre perte.

SOUMARE Zakaria Demba

vendredi 9 mai 2008

La misère des femmes de Toulel, sud de la Mauritanie


Les femmes du village de Toulel, à l'instar de toutes les femmes paysannes africaines traditionnelles au sud et au nord du Sahara, jouent un rôle on ne peut plus capital dans l'économie villageoise qui est principalement destinée à consommation.
De même que les hommes ces femmes, durant la période de l'hivernage, possèdent leurs propres parcelles leur permettant de cultiver le mil et l'arachide. Après cette période, qui dure deux ou trois mois, elles s'adonnent, avec les moyens du bord, à la culture maraîchère afin de subvenir à leurs besoins ménagers les plus immédiats.
Cependant, cette culture demande un effort et des moyens considérables. Or, nos mères n'ont d'autres moyens de travail que la force de leurs bras et l'eau de Maeli (cours d'eau au large de Toulel). Cette année, lors de notre séjour au village de Toulel, nous avons été témoin de leur misère et de leurs souffrances. Nous avons nous- même assisté en direct au combat quotidien qu'elles mènent pour arroser leurs parcelles.
Le cours d'eau qui est à leur disposition étant tari, elles étaient comme obligées d'assister impuissantes à la destruction inévitable de plusieurs mois d'efforts et de courage soutenus. Aujourd'hui, il est vrai, le village de Toulel est capable d'équiper ses femmes des moyens modernes de jardinage pouvant permettre de leur éviter la misère matérielle qu'elles vivent chaque année.
Mais, au lieu d'investir dans ce domaine, les villageois, les hommes en particulier, préfèrent dépenser des sommes colossales d'argent dans les cérémonies occasionnelles (mariage, deuil, baptême...). Pour qui connait la société soninké en général et touleloise en particulier, il serait aujourd'hui un truisme que de dire les Soninké aiment le gaspillage.
Dans nos mariages, nos deuils et nos baptêmes, la démonstration orgueilleuse que les gens font en distribuant de l'argent sans calcul, en tuant un nombre considérable de bétails est un exemple on ne peut plus parlant pouvant bien illustrer les propos que nous avançons ici. Une telle pratique doit être rigoureusement condamnée. Tous ces gaspillages que nous faisons durant nos cérémonies peuvent sans doute bien être évités.
L'argent que nous dépensons sans aucune mesure peut incontestablement servir à autre chose. Il peut particulièrement servir aux femmes qui, de fait, en ont besoin pour développer une culture maraîchère moderne de très bonne qualité. Il est temps, vraiment, que nous fassions notre autocritique, un examen de conscience.
Nous devons regarder en face notre mode de vie. Un peuple ne peut jamais aller de l'avant s'il n'accepte pas de s'investir dans la vie active de la population. Or dans le village de Toul aucune initiative digne de ce nom n'est prise pour concrètement aider les femmes dans leur noble volonté d'autosuffisance alimentaire.

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Soumaré Zakaria Demba

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mercredi 7 mai 2008

La communication dans le village de Toulel : entre hier et aujourd’hui

Le système de communication dans le village de Toulel entre hier et aujourd’hui

Le système de communication dans le village de Toulel, sud de la Mauritanie, a connu, comme d’ailleurs dans tous les villages africains au sud et au nord du Sahara, plusieurs étapes « traditionnelles » avant, aujourd’hui, d’adopter les moyens modernes de communication. La communication ou l’information destinée à tous les habitants de Toulel entre, principalement, dans deux cadres :

1. l’annonce d’un décès ;

2. l’annonce d’un événement devant mobilisé toute la population du village, particulièrement les jeunes et les moyens jeunes pour les travaux d’intérêt général, les chefs de famille (kagumu) pour les réunions...

Dans le premier cas de figure, traditionnellement, les toulelois ne recouraient pas aux mêmes méthodes de transmission de la nouvelle. S’ils sont en période d’hivernage, et que la population se trouvait aux champs, l’on faisait battre un tambour exceptionnel qui, retentissant dans les champs généralement non loin du village, avertissait les paysans de l’avènement d’une situation particulière au village. Ou, dans une seconde possibilité, il est désigné un homme devant aller avertir les gens aux champs. En langue soninké, l’homme ainsi désigné pour la transmission de la nouvelle d’un décès aux populations aux champs ou même dans les villages avoisinants, est appelé : hitinda, littéralement : celui qui transmet la nouvelle de la mort.

Dans le deuxième cas de figure, c’est-à-dire l’annonce des travaux d’intérêt général, des réunions villageoises…, le village de Toulel, traditionnellement, faisait recours à « la voix humaine ». Dans le village, de fait, il y avait (a) toujours un homme chargé principalement de ce genre de « travail ». Si l’objet de la communication est d’informer les toulelois sur une réunion convoquant les chefs de famille ou pour un travail d’intérêt général devant mobilisé les jeunes, notre homme sillonnait les ruelles, les rues du village en criant haut et fort la nouvelle. L’annonce de la nouvelle, ce qui la distingue d’une mauvaise nouvelle (décès, par exemple), est dans ce cas précis toujours précédée du terme soninké : hadamugukoye diameyani, littéralement : avez-vous entendu, il s’agit d’une bonne nouvelle. La nouvelle, ainsi précédée de ce terme, rassurait la population. L’usage de ce terme précédant l’annonce d’une bonne nouvelle persiste jusqu’à nos jours dans le village de Toulel.

Aujourd’hui, cependant, à Toulel assistons à la disparition plus ou moins totale des deux méthodes de transmission des nouvelles (tambour et voix humaine) susmentionnées. De nos jours, dès qu’un décès est constaté les villageois font recours immédiatement aux moyens modernes de communication : microphone (pour les nouvelles destinées uniquement aux habitants de Toulel), la radio et le téléphone. Depuis quelques années, en effet, il a été créé une radio sous régionale nommée Djida FM basée à Bakel au Sénégal dont le rôle est d’informer les populations villageoises des trois pays : La Mauritanie, le Sénégal et le Mali. Cette radio est maintenant renforcée par l’installation, dans le village de Toulel, d’une « antenne de réseau de téléphonie » en février 2008 balayant d’un coup tous les soucis de Toulelois en matière de communication. Dans la mesure où aujourd’hui à Toulel l’on peut communiquer avec le monde entier en restant enfermé dans sa chambre par le biais du téléphone portable qui connaît maintenant un succès considérable dans tout le village.

SOUMARE Zakaria Demba

samedi 3 mai 2008

De l’importance de l’évocation (dhikr) et de l’invocation (duwâ) en Islam

L’Islam, contrairement au Christianisme et le Judaïsme, est une religion accordant autant d’importance aux actes cultuels et au quotidien de ses fidèles. Autrement dit, en termes clairs, plus qu’une religion l’Islam est un mode de vie. Le fidèle, homme ou femme, est de fait dans sa vie quotidienne au travail, à la maison, dans la rue…. constamment en contact avec son Créateur par les pratiques cultuelles (les prières, le jeûne…), le rappel, le souvenir (djikr) et l’invocation (duwâ). Dans le Coran, Allah dit : « Et quand mes serviteurs t’interrogent sur Moi…Alors Je suis tout proche : Je réponds à l’appel de celui qui Me prie quand il Me prie… » (2 : 186). Le / la musulman (e), sa vie durant, manifeste toujours sa dépendance vis-à-vis de son Seigneur. « C’est Toi seul que nous adorons, et c’est Toi seul dont nous implorons secours. » (1 : 5). Autant de fois par jour les musulmanes et les musulmans dans leurs prières obligatoires et surérogatoires n’ont de cesse de répéter ce verset plein de signification. De même, un nombre considérable de verstes coraniques et des hadiths prophétiques abonde dans le sens de l’importance du djikr et du duwâ dans les pratiques cultuelles et le quotidien des fidèles, comme en témoignent ces quelques passages coraniques et ces propos du prophète Muhammad (SAW) ci-dessus. Allah dit : « Mentionnez –Moi, Je vous mentionnerez ; remerciez – Moi, et ne soyez pas ingrats envers Moi. » (2 : 152) ; « O vous qui croyez ! Evoquez Allah d’une façon abondante » (Les coalisés : 41) ou « Invocateurs souvent d’Allah et invocatrices Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense » (Les coalisés : 35) ; ou encore « Et invoque ton Seigneur en toi –même, en humilité et crainte, à mi-voix le matin et le soir, et ne sois pas du nombre des insouciants » (7 : 205). Et ces hadiths : d’après Muslim, le Prophète (SAW) a dit : « il en est celui qui évoque son Seigneur et celui qui L’évoque pas comme il en est du vivant et du mort » ; ou « ne vous indiquerai-je point la meilleure des œuvres que vous puissiez accomplir, la plus pure auprès de votre Seigneur, celle qui vous élève le plus en degrés, qui est plus méritoire que l’or et l’argent que vous pourriez dépenser et plus méritoire encore que le combat que vous pourriez mener contre votre ennemi sur le champ de bataille ? « Oui, o Messager d’Allah (SAW), répondirent les compagnons ». Le prophète (SAW) leur dit « il s’agit de l’évocation » (rapporté par At-tirmidhi) ; ou encore : Abdallah Ibn Bousr rapporte qu’un homme vint voir le Prophète (SAW) et lui dit « les règles de l’islam sont trop nombreuses pour moi, indique-moi donc une chose à laquelle je m’attache » Il (SAW) répondit « ne cesse pas de rendre humide ta langue par l’évocation d’Allah » (At-tirmidhi). Ces quelques versets extraits dans plusieurs endroits du Coran et ces hadiths montrent ô combien le djikr et le duwâ occupent une place on ne peut importante ecn islam.

SOUMARE Zakaria Demba

vendredi 2 mai 2008

Aperçu sur l’autorité du kagume (chef de famille) en milieu soninké

Aperçu sur l’autorité du kagume (chef de famille) en milieu soninké

Notre objectif dans cette réflexion n’est nullement de brosser un tableau exhaustif, complet du sujet en question. Il s’agit ici, tout simplement, de donner une idée, un aperçu sur la manière dont nous, les Soninké de la Mauritanie, du Sénégal et du Mali, concevons la place occupée par le kagume (chef de la maison), sa place dans les affaires sociales du debe (village) ou du diamane (empire).

La société soninké est en effet l’une des sociétés les plus structurées de l’Ouest africaine. Depuis l’empire du Ghana, les Soninké ont un respect scrupuleux de l’ordre social régissant les relations entre les différentes composantes de la communauté. De fait, en milieu soninké traditionnel et moderne, l’autorité s’exerce à trois niveaux :

1. au niveau de l’empire, au temps de l’empire du Ghana, par le Tunka (roi) ;

2. au niveau du village par le debegume (chef de village) ;

3. au niveau du Ka (maison) par le kagume (chef de la maison).

Des ces trois types d’autorités en milieu soninké, seul le troisième retient ici notre attention. Dans la société soninké traditionnelle et moderne, le terme kagume a plusieurs acceptions. Il désigne tantôt : le chef, le maître du ka ; tantôt il signifie : l’aîné généalogique d’une famille, d’une concession ou bien de la famille étendue (parents, cousins et cousines, tantes paternelles et maternelles…) Le kagume, au sens social du terme, est l’autorité suprême de la famille, de même que le chef du debe (village) est l’autorité du village et le roi celle du diamane (empire). Il a droit au respect et à l’obéissance de tous les membres de la famille. Il représente la famille dans ses rapports avec les autres familles du debe. Il revient à lui de mener les discussions dans les différents qui les opposent. A l’époque des grands empires soninké du Moyen âge et de la colonisation européenne en Afrique au sud et au nord du Sahara, c’est le kagume qui était chargé de payer les impôts, de recevoir les convocations au chef- lieu. En milieu soninké, l’autorité du kagume est strictement voire unanimement reconnue par la coutume. Dans la plus part des cas, il s’en sert pour faire valoir la conclusion des mariages, le fait de quitter la concession pour un long voyage ou pour s’établir ailleurs.

Soumare Zakaria Demba