lundi 31 mars 2008

Le défi du chagement

Le défi du changement

Aujourd'hui, il serait presque inutile de souligner la place occupée par les nouvelles technologies de communication dans un univers devenu, qu'on le veille ou non, un village planétaire où tout le monde est informé, au même moment, sur ce qui se passe dans les quatre coins du globe.


Depuis quelques années, de fait, les citoyens Mauritaniennes et Mauritaniens, toutes tendances confondues, ont décidé, avec le concout du site de Cridem, d'entrer dans le cercle du "village planétaire" où les informations circulent en un temps record. Au début, Cridem a été un moyen, un canal qui permettait aux ressortissants mauritanienns d'exprimer leurs quatre vérités sur les réalités sociales, économiques, politiques de leur pays.


Mais aujourd'hui, il est vrai, Cridem est plus qu'un site d'informations. Il s'adapte à l'évolution du monde "moderne", et se plie à ses conditions. L'Internet est de nos jours, incontestablement, le moyen le plus rapide de diffusion des nouvelles de toutes sortes. C'est une arme efficace de combat dans la transmission des idées, des informations.


Le défi de "la modernité informationnelle" est un défi aux dimensions considérbles. Mais Cridem a su, dès le départ, voler au secours d'une Mauritanie en mal de liberté et de démocratie. Ce qui, hier, n'était même pas envisageable à cause d'un régime de dictature qui étouffait les citoyens est aujourd'hui devenu possible.

Non seulement Cridem est un site donnant toutes les informations sur la République mauritanienne, mais aussi, il est vrai, il est un moyen militant pour la rentrée de notre pays dans le cercle restreint des pays modernes et développés.

Souhaitons longue vie à ce site !

Les défis du collège-Lycée de Toulel, sud de la Mauritanie

Le village de Toulel est, administrativement, situé dans la région du Gorgol, soit à une centaine de kilomètres de Kaédi. Il fait parti du département de Maghama, village situé à une vingtaine de kilomètres. Toulel, fondé en 1900 selon ses habitants, est entouré des villages de : Nouma, Wali, Arr, Sagné.


Il y a sept ans, de fait, les toulelois ont inauguré, avec le concours et la participation du ministère de l'éducation nationale, un collège dont l'objectif principal est de permettre aux élèves du village de faire leurs études secondaires sur place, au lieu d'aller jusqu'à Maghama ou Nouakchott. Deux ou trois ans après cette inauguration, si nous avons bonne mémoire, il fut décidé d'ouvrir deux ou trois salles pour les classes de seconde et de première.


Lors de notre séjour à Toulel, du 22 janvier au 17 mars 2008, nous avons eu l'occasion de discuter avec le directeur du collège-lycée, les enseignants, toutes disciplines confondues, et les élèves. Au terme de ces discussions, tout le monde était d'avis que, depuis la création de ce collège-lycée, les défis, de nature inquiétante, n'ont jamais cessé d'augmenter. Parmi ces défis, nous allons citer ici principalement :

- La baisse du niveau des élèves dans toutes les matières ;

- Le manque des livres correspondant aux réels besoins des élèves et des enseignants ;

- La nouvelle réforme du système éducatif. Aujourd'hui, dans les collèges et lycées mauritaniens certaines disciplines comme l'histoire, la géographie et les mathématiques sont enseignées en langue arabe. Or les élèves ont beaucoup de difficulté de compréhension dans ce domaine. Un élève de la seconde (4ème année) m'a confié :"nous ne comprenons rien à nos cours d'histoire géographie". Ce constat, hélas, est général, et tous les élèves concernés par cette réforme vous diront la même chose.


- L'immigration. La société Soninké en général et touleloise en particulier étant dominée par le "mythe de l'ailleurs", comme je l'ai écrit dans un article précédent paru sur le site de Cridem, tous les jeunes et les moins jeunes du village ne cherchent qu'à aller tenter leur chance à l'étranger, en France ou en Espagne particulièrement.


Pour les élèves du collège-lycée de Toulel, l'école n'est qu'un passe temps, en attendant d'avoir le moyen d'émigrer. Ceci a été confirmé par Ciré Amadou Dia, professeur de français dans ce collège-lycée qui, lors d'une discussion que j'ai eue avec lui, m'a affirmé :"il serait nécessaire de souligner le désintéressement de beaucoup d'élèves pour les études. Pour eux, l'école n'est qu'un passe temps en attendant d'aller en France ou ailleurs"


- L'abandon des jeunes filles de l'école. Cet abandon est, dans la plupart des cas, décidé et encouragé par les parents eux-mêmes. Dès que la jeune fille trouve un mari, ses parents n'hésiteront pas une seconde, si le moment était venu, de programmer son mariage en plein année scolaire. Et la fille, une fois mariée, et ne trouvant aucun soutien dans son entourage immédiat ou lointain, est comme condamnée à abandonner ses études.


Pour relever ces défis qui, il est vrai, menacent l'avenir du collège-lycée de Toulel, tous les ressortissants de ce village doivent, avec le soutien des autorités administratives, prendre un temps de réflexion afin d'analyser, de façon objective, tous les problèmes auxquels enseignants et élèves sont confrontés. Il y va surtout de l'intérêt des habitants de Toulel de s'engager dans la "bataille", qui s'annonce peut-être longue et dure, afin de permettre à leur collège-lycée et, surtout, à leurs enfants, d'entrer dans le monde "moderne".


Liste des commentaires
Affichage des messages 1 à 1 sur un total de 1
Rédigé par
mimo
, lundi, 31-03-08 14:34
Zakaria, tu as tout à fait raison mais je voulais apporter kles précisions suivantes:
- au collège les mathématiques se font en français
- la 4ème année ne correspond plus à la seconde mais à l'ancienne 3ème. On fait le brevet en 4AS; la seconde s'appelera doréavant la 5AS.

Le sens de notre existence

Le sens de notre existence

La conception musulmane de l’être humain, de sa vie, de l’univers qui l’entoure est, de très loin, différente de celle des autres religions révélées (judaïsme, christianisme) ou animistes. De même, le rapport que les musulmans, depuis le VII siècle, entretiennent avec le Créateur de l’univers (Allah) est unique dans toutes les traditions religieuses. En islam, de fait, l’Homme, le fidèle, homme ou femme, est crée pour un objectif bien déterminé : l’adoration d’Allah seul, sans rien lui associer dans les actes cultuels. Cette adoration doit être pure de toute forme de shirk. Elle condamne, sans appel, les cultes voués aux idoles sculptées, à l’homme, au saint ou au marabout, aux anges (créatures nobles du Tout Miséricordieux), aux éléments de la nature (soleil, lune, entre autres). Dans le Coran, nous lisons : « Je n’ai crée les hommes et les djinns que pour qu’ils m’adorent. » Il est donc clair que depuis la descente de notre père Adam et son épouse sur la terre, tout a été précisé, rien n’a été laissé en doute. L’homme, dès le départ, se voit ainsi confié une mission qu’Allah lui a donnée, et dont il a toute la liberté de bien l’accomplir ou de la négliger.

De la même manière qu’ Allah a crée l’Homme pour Son adoration, de la même manière Il lui a confié la gérance de la Création, de l’univers dans lequel il évolue. Le prophète (SAW) disait : « ce monde est un fruit mûr gorgé de sucre et Allah vous y a établis, vous confiant de le gérer. Il regarde ce que vous faites…. »( muslim). L’existence de chacun d’entre nous doit être une traduction du respect de la création. Car, il est vrai, le respect de la nature fait partie intégrante de l’adoration d’Allah. En respectant la nature, en réfléchissant sur sa beauté et ses mystères indéterminés, l’Homme, sciemment ou inconsciemment, reconnaît la toute puissance de Son Créateur.

Le sens de notre existence c’est donc l’adoration d’Allah, le respect de Sa création et l’établissement de la justice entre les créatures d’Allah. Dans le Coran, Allah affirme : « vous êtes le peuple le plus excellent qui soit jamais surgi pour les hommes : vous ordonné ce qui est bon et vous interdisez ce qui est blâmable ». (Coran, 3 : 110). Le musulman, dans son cheminement à Allah, doit aller au- delà de la simple recommandation du Bien et de l’interdiction du Mal. Il doit, au quotidien, s’engager auprès de la population pour l’aider à surmonter les difficultés, de nature différente, auxquelles elle est confrontée. Aujourd’hui, dans la société mauritanienne, il y a des musulmans de très bonne volonté qui travaillent dans ce sens. C’est le cas de l’association Main Dans La Main. Nous ne pouvons pas de fait donner un sens réel à notre existence dans un univers où l’ignorance, l’analphabétisme, le chômage, la corruption, la misère, le sida, le laxisme règnent en maître.

Le sens de notre existence, c’est nous engager, au jour le jour, dans la bataille sociale, économique, et même politique, pour permettre aux populations de mener un train de vie digne de ce nom. Le sens de notre existence, c’est en d’autres termes lutter pour la liberté de conscience, d’expression et de mouvement de tous les membres de la société. Dans son livre qui s’intitule La justice sociale en islam, Said Qotb écrit : « la justice sociale ne peut être pleinement réalisée et être assurée de s’appliquer et de se perpétuer tant qu’elle ne s’appuiera pas sur la conviction intime que l’individu y a droit et que le groupe en a besoin, et sur la certitude qu’elle mène à l’obéissance à Allah et à une réalité humaine plus noble, et tant qu’elle ne se référera pas à la condition matérielle qui conduit l’individu à s’y attacher, à y mettre le prix et à la défendre »1.

Le sens de notre existence, c’est enfin refuser, d’une manière catégorique, d’établir une catégorisation sociale entre les créatures d’Allah. Les hommes sont nés égaux. Il est tout à fait normal de reconnaître une certaine inégalité entre les hommes due à leur compétence dans des domaines différents, du fait que certains, naturellement, sont biens portants que d’autres ; mais cette forme d’inégalité, qui est en soit normale, ne doit pas être interprétée une règle générale devant être appliquée en tous lieux.

Soumare Zakaria Demba

soumarezakariademba.blogspot.com

1Said Qotb, La Justice sociale en islam, Beyrouth, Ed. Al buruni, 2003, p 55.

jeudi 27 mars 2008

Le sens de notre foi

En islam, la place que la foi occupe dans les actes cultuels et les les relations sociales est d’autant plus importante que durant toute la première partie de la mission prophétique de Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui) à la Mecque y était essentiellement consacrée. Cette foi, qui est de fait la base de la croyance en islam, se traduit, syntaxiquement, par l’expression : il n’y a de dieu digne d’être adoré qu’Allah seul. Ce terme, du point de vue sémantique, traduit une négation et une affirmation. La négation : il n’y a pas de dieu ; l’affirmation : si ce n’est Allah. Cette attestation de la foi islamique traduit l'idéal vers lequel tout musulman doit, sa vie durant, tendre. Dans son ouvrage qui s’intitule Aspects du monothéisme musulman, le penseur musulman Hani Ramadan constate, en effet, que : « l'idéal le plus haut, que ni le temps, ni la vieillesse, ni même notre mort ne parviendront à user ou à détruire. Celui pour lequel nous avons été crées, et celui vers lequel nous devons tendre corps et âme : lâ ilâha illa lah. 1» Ce terme, donc, une foi prononcé avec conviction et certitude recommande au fidèle la condamnation sans appel de toute forme de shirk (association) à la divinité d’Allah. Rien, de fait, dans les sept cieux, sur la terre ( sous la terre), dans les eaux ne mérite un acte de dévotion. Dans le Coran, Texte de législation, de référence par excellence des Musulmans, nous relevons : « Allah ne pardonne pas qu’on Lui associe de fausses divinités. Il pardonne tout autre péché à qui Il veut. Associer de fausses divinités à Allah, c’est s’égarer complètement. »(Coran, 4 :116). Le professeur Hani Ramadan, commentant ce verset, affirme : « cette forme de polythéisme qu’Allah ne pardonne pas est de quatre sortes :


  • Le fait d’invoquer une fausse divinité ou un « saint ». Le Coran en parle en ce terme : « Quand ils [les polythéistes de la Mecque] prennent un bateau, ils invoquent Allah sans rien Lui associer dans leur adoration et dans leurs prières. Une fois qu’Il les a sauvés en les ramenant sur la terre ferme, voilà qu’ils redeviennent idolâtres » (Coran, 29 :65) ;

  • Le shirk au niveau de l’intention et de la volonté. Dans ce cas de shirk, l’homme agit uniquement en vue des biens de ce monde ;

  • Le shirk au niveau de l’obéissance. Il consiste à se soumettre à des ordres qui sont contraires à la loi divine. En matière de droit, comme au niveau de l’enseignement religieux et du culte, seule est reconnue l’autorité d’Allah et de Son prophète (SAW), comme le confirme le Coran : « Et obéissez à Allah et à Son prophète… » (Coran, 3 :132).

La foi islamique rejette catégoriquement toutes ces formes d’associationnisme. Le sens de notre foi, c’est :

  • soumettre notre âme et notre corps à la seule volonté d’Allah ;

  • lutter contre nos passions qui, il est vrai, sont la cause de toutes nos déviations du droit chemin. Dans la mesure où c’est sous le feu ardent de celles –ci que l’homme est porté par l’amour des biens de ce monde, se détourne de sa vocation essentielle qui est l’adoration exclusive de son Créateur, tombe nécessairement dans de faux cultes (l’idolâtrie). Or qui n’adore pas Allah, adore inévitablement un idole. Et cette idole pourrait être sa propre passion. Le Corans, d’ailleurs, appelle la passion de l’homme « dieu » (al-awâ) qui vient prendre la place réservée à Allah dans le cœur de l’être humain : « Ne vois-tu pas celui qui a pris pour dieu sa passion » (Coran, 52 : 43).

Le sens de notre foi, en d’autres termes, c’est :

  • lutter contre toutes formes d’orgueil, d'ostentation comme, hélas, nous le constatons aujourd'hui dans les sociétés musulmanes en général et soninké en particulier. Aujourd’hui, de fait, un coup d’œil, si rapide soit-il, sur nos sociétés suffit pour se convaincre que désormais nous ne faisons plus rien en vue d’Allah Seul. Les dons que nous faisons lors de nos mariages et nos baptêmes, les gestes que nous accomplissons lors de nos deuils montrent que de plus en plus nous nous éloignons de la vraie nature de la foi islamique. L'ostentation, de fait, est une forme de shirk qui est placée dans le cadre de shirk al-açaghar, littéralement : le polythéisme mineur ou le moindre polythéisme. Dans un hadith authentique, le prophète (SAW) déclare : « ce que je crains le plus en ce qui vous concerne, c’est le moindre polythéisme. » On l’interrogea à ce sujet « c’est, répondit-il, l'ostentation 2» ;

  • lutter contre la pauvreté. Nous ne pouvons pas prétendre vivre dignement notre foi dans un monde où une plus grande partie de la population crève de faim et de soif, quand l'autre partie baigne dans le gaspillage et la corruption ;

  • lutter contre l’analphabétisme et l'illettrisme.

Le sens de notre foi, c’est aussi nous engager, sans réserve, dans la vie sociale, politique et économique, quelles que soient nos tendances, pour plus de justice, de démocratie, de liberté (publique et privée). Aujourd’hui, pour l’intérêt de notre foi, nous devons constamment être vigilants et prêts à nous opposer à toutes les formes de drames et de misères qui accablent le quotidien des Musulmans. Enfin, notre foi exige de nous l’ouverture d’esprit, le dialogue avec ceux qui ne partagent pas les mêmes convictions que nous. Nous devons aujourd’hui être capables de porter un jugement rationnel sur le monde qui nous entoure, en partant d’une analyse pertinente des nouvelles locales, nationales et internationales.


SOUMARE Zakaria Demba

soumarezakariademba.blogspot.com

1 Hani Ramadan, Aspects du monothéisme musulman, Lyon, Tawhid, 1998, 106.

2 Source : Rapporté par Ahmad Ibn Hanbal, At-Tabarâni