jeudi 5 juin 2008

Mes quatre vérités

A l'heure où l'on parle de la construction d'une autoroute devant relier Tripoli et Nouakchott, des régions entières de la République mauritanienne (Gorgol et Guidimakha, principalement) sont coupées du reste du pays. Nous ne sommes cependant pas opposé à ce projet on ne peut plus capital tant pour les échanges commerciaux des deux pays concernés que pour tous ceux de la sous région ; mais, il est vrai ou du moins c'est ce que nous pensons, les priorités nationales doivent être mises au devant de tout projet du gouvernement mauritanien qui, il est bon de le rappeler, a du pain sur la planche dans le domaine du développement « interne » de ses infrastructures. Pour celui qui connaît les régions citées plus haut, il serait presque aujourd'hui un truisme que d'évoquer l'enclavement des villages du sud de la Mauritanie. En période d'hivernage, comme nous l'avons dit dans un article précédent publié dans le site de Cridem, se rendre dans cette partie de notre pays relève vraiment d'un grand défi. Tellement les routes sont impraticables. De Kaedi à Toulel, en passant bien sûr par Maghama, aucune route n'est goudronnée, aucun pont n'existe sur les cours d'eau constituant un cauchemar tant pour les chauffeurs que pour les voyageurs. L'État mauritanien ferait mieux de s'engager dans une vraie politique de désenclavement de cette partie de son pays que de se laisser distraire par des projets sous régionaux dont la réalisation est plus incertaine que certaine. Ce désenclavement du sud de la Mauritanie sera d'autant plus profitable à ce pays qui commence à peine à redémarrer, après deux décennies de dictature, que la circulation des biens et des personnes sera d'une facilité sans précédent. De fait, durant toute la période des pluies, de juillet à octobre, les commerçants se trouvant dans les villages enclavés du sud sont comme pris au piège d'une situation géographique qui rend toute circulation des marchandises impossible. Ils sont condamnés, qu'ils le veuillent ou non, d'attendre la fin de cette période pour pouvoir venir faire leurs achats en ville. Une telle situation n'est sans doute pas digne d'un pays, d'un État qui veut réellement s'engager dans la voie du développement durable. C'est, il est vrai, cela que devons d'abord résoudre avant de nous laisser entraîner dans la construction des autoroutes internationales.


SOUMARE Zakaria Demba

Aucun commentaire: