vendredi 6 juin 2008

Le silence de la justice

Le silence de la justice

Au moment où le Tribunal pénal international de La Haye est en train de juger le dictateur sanguinaire Charles Taylor, où sous la demande de la Cour pénale internationale l'on a arrêté le chef rebelle Jean Pierre Bemba en Belgique le 24 mai dernier pour qu'il réponde des actes de violence commis par ses troupes contre les populations civiles en Centre Afrique, l'ex tyran de la République de Mauritanie, Maouya Ould Sidi Ahmed Taya est en train de mener tranquillement sa vie au Qatar. L'État mauritanien, depuis l'instauration il y a quelques mois d'un pouvoir civil n'a jamais sérieusement abordé la question de sa traduction devant les instances juridictionnelles nationales ou internationales. Aucun mandat d'arrêt international n'a été officiellement lancé contre lui. Or un pays qui s'engage à tourner le dos à deux décennies de dictature et de terreur ne doit pas mettre au second plan la question de la justice. Celles /ceux qui ont été victimes des injustices d'hier doivent de fait bénéficier de la justice d'aujourd'hui. Il temps que les Mauritaniennes et les Mauritaniens décident enfin d'ouvrir un dialogue sur ce point. Si les citoyennes et les citoyens mauritaniens choisissent de lui pardonner pour l'intérêt national, alors leur choix doit être respecté. Si par contre ils font le choix d'une traduction devant un tribunal national ou international afin que Taya réponde de ses actes, alors dans ce cas aussi il est de la responsabilité de tous les Mauritaniens de respecter ce choix.


SOUMARE Zakaria Demba

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