jeudi 29 mai 2008

La grogne des peuples

La grogne des peuples

Des États – unis à l'Europe, en passant par le continent africain, le constat est le même : la dégradation de plus en plus inquiétante du train de vie des milliers et de centaines de citoyens. De Conakry à Nouakchott en passant par Dakar, les populations se plaignent de la montée vertigineuse des prix des produits alimentaires de première nécessité. Tandis qu'à la capitale guinéenne l'armée, se substituant aux populations, descend dans la rue, sème la terreur, pille les commerces, à Nouakchott et dans la capitale sénégalaise les citoyennes et les citoyennes ne savent plus à quel saint il faut vraiment se vouer. Tandis qu'en Afrique du Sud les populations, dépassées par la misère, la pauvreté et la paupérisation on ne peut plus dramatique, cherchent un exutoire dans la chasse aux étrangers, considérés comme les responsables de la situation difficile et sans issue qu'elles sont en train de vivre, ailleurs dans le « vieux continent » des milliers des clandestins venus du Mali, du Sénégal...tentent, au prix de leur vie, de braver la mer pour « échapper » à un avenir sans espoir. De même, de l'autre côté de la planète, au Nord, en Europe, la montée du prix du baril de pétrole provoque par la même occasion l'augmentation de celui de l'essence, du gasoil, du gaz...Les populations, prises en piège, entraînées dans un engrenage dont elles ne maîtrisent pas tous les contours, bloquent tout, descendent dans les rues pour manifester leurs colères contre des gouvernements qui semblent ne plus jouer leur rôle. À regarder de très près, notre monde est celui de tous les défis. Si nous ne prenons pas la peine de trouver une solution à cette triste conjoncture économique mondiale, il est sans doute vrai que nous courons vers notre perte. Aujourd'hui, les populations sont entrain de vivre les conséquences des politiques de développement incohérentes. Ceci est surtout vrai pour les États africains qui, se trouvant dans une sorte d'incapacité de définir une politique de développement correspondant aux besoins réels de leurs populations, se laissent entraînés dans des systèmes économiques « prêts à porter » conçus par les dirigeants du Nord. Ce qui, il est vrai, crée un déséquilibre économique entre le Sud et le Nord qui, de fait, profite bien tant aux dirigeants corrompus africains qu'à ceux sans scrupules du Nord. Dans tous les cas de figure, ce sont toujours les peuples qui payent le pot cassé. Ces peuples, non contents de se trouver dans une situation où ils sont « la proie » des prédateurs sans morale, protestent, crient leur colère à la face du monde. Mais cette protestation ne fait qu'accroître leur misère. Dans la mesure où ils ont affaire à des dirigeants plus enclins à défendre leurs intérêts personnels, individualistes que de s'occuper sérieusement des préoccupations de celles / ceux qui les ont élus.


SOUMARE Zakaria Demba

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