jeudi 3 avril 2008

Quand les femmes deToulel (sud de la Mauritanie) refusent l'ignorance !


En Afrique traditionnelle en général et en milieu soninké de la Mauritanie, du Sénégal et du Mali en particulier, les femmes occupaient (occupent) une place on ne peut moins importante dans la vie sociale, économique et politique de la société. Elles sont, dès la naissance, éduquées, suivies et formées dans un cadre bien différent de celui des hommes. Elles sont, entre autres, chargées de s'occuper des enfants, des traveaux ménagers... Et beaucoup d'entre elles n'ont jamais eu droit à la scolarisation. Même aujourd'hui, en milieu soninké, les très peu de femmes qui bénéficient d'une scolarisation sont comme condamnées à abandonner leurs études sans parfois avoir un diplôme. Le village de Toulel, s'inscrivant naturellemnt dans cette tradition, ne fait pas exception à cette règle. Longtemps dans ce village, les femmes ont été maintenues dans l'ignorance des sciences religieuses et profanes. Celles -ci ignoraient presque totalement les règles élémentaires de leur religion (islam) et de la vie quotidienne. Cependant, depuis quelques trois ou quatre années, si nous avons bonne mémoire, nous assistons dans ce village à une sorte de prise de conscience de la part de ces femmes quand à la formation et à la recherche du savoir religieux. Au début, elles ont bénéficé du prgramme gouvernemental intitulé "kitab" où expressément des enseignants ont été choisis pour donner des cours portant sur les règles élémentaires de la religion. Mais ce programme s'étant arrêté quelques temps après son démarrage, les femmes de Toulel ont refusé de baisser les bras. Elles se sont organisées pour trouver des enseignants volontaires. Ces enseignants sont, dans la plupart des cas, des élèves en vacances qui profitent de leur temps libre au village pour apporter leur contribution à la lutte contre l'gnorance dans leur localité. Tout récemment, lors de notre séjour à Toutel, elles ont pris deux enseignants, Camara Zakaria Samba et un enseignant de la "Madrassa" du village, pour leur dispenser des cours portant sur la récitation des versets du Coran et des invocations. Elles sont divisées en trois groupes, en fonction de la disposition du village en trois quartiers : Laki, Diana et Debinahané. Ces trois groupes ont chacun six heures de cours par semaine. Voilà une "entreprise" qui doit être soutenue et encouragée. Nous devons tous nous engager aux côtés de ces femmes de bonne volonté afin de les aider dans leur détermination à lutter contre l'ignorance. Car en aidant ces femmes engagées aujourd'hui dans la voie du "savoir" nous nous engageons à assurer un bon avenir à nos soeurs qui viendront demain.


Soumare Zakaria Demba




1 commentaire:

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