samedi 26 avril 2008

Aperçu sur l'organisation familiale en milieu soninké

Aperçu sur l’organisation familiale en milieu soninké

En milieu soninké traditionnel de la Mauritanie, du Mali et du Sénégal, l’organisation familiale, qui est de fait héritée de celle de l’un des plus grands et plus anciens empires africains du Moyen âge (le Gana), est strictement bien respectée par tous les membres de la communauté. Cette organisation familiale, après celle du Diamane (pays ou empire) et du Deebé (village) jouait (joue) un rôle on ne peut plus capital dans l’équilibre de la communauté soninké. La famille chez les Soninké est le noyau autour duquel la société et ses membres trouvent leur équilibre. Elle est en quelque sorte le lieu où l’individu vient au monde, trouve un premier accueil, s’éduque, grandit et meurt. Dans cette organisation de la famille soninké le Kagumé (chef de famille) exerce presque seul toutes les fonctions de l’autorité. Dans un ouvrage collectif intitulé La Société soninké écrit par Eric Pollet et Grace Winter nous relevons : « l’organisation familiale soninké est régie par le principe patrilinéaire [1]». La constitution de la famille est de fait étroitement liée à la descendance, par les hommes, d’un ancêtre commun donné. Dans la plupart des cas, on parle de « couche commune » ou de « la lignée ».

La vie familiale des Soninké s’organise à la fois au sein du Ka (maison, demeure, concession) et d’un système de parenté qui constitue en quelque sorte le ciment maintenant la cohésion sociale voire familiale entre les membres d’une même famille. Selon Eric Pollet et Wrante G., « le système de parenté est centré sur le Kâ, l’unité familiale où l’individu trouve à satisfaire ses besoins matériels et l’essentiel de ses besoins sociaux. Le village lui-même, l’unité politique, n’est en définitive à ces égards qu’un ensemble inorganisé du Kâ. » (page356). Ce dire combien, en milieu soninké, le Kâ joue un rôle non négligeable dans le système organisationnel du village. L’un, il est vrai, ne peut exister sans l’autre. Le village trouve son existence et son équilibre dans le bon fonctionnement des Kâ (pluriel de Kâ).

Le terme Kâ, en effet, pourrait avoir plusieurs sphères d’acception :

  1. il a un sens territorial et désigne alors l’unité d’habitation d’un groupe familial, et il a différentes significations au point social ;
  2. l’étude du cas territorial peut se faire de l’extérieur puisqu’il est par « définition » l’implantation matérielle des familles ; il désigne à la fois la concession n- surface habitée et délimitée par une clôture – et l’ensemble des membres qui la compose ;
  3. la composition du Kâ, l’unité familiale, est principalement fondée sur deux principes : la descendance patrilinéaire et le mariage.

SOUMARE Zakaria Demba



[1] E P et W, La Société soninké, Université de Bruxelles, 1971, p49/

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