lundi 31 mars 2008

Le sens de notre existence

Le sens de notre existence

La conception musulmane de l’être humain, de sa vie, de l’univers qui l’entoure est, de très loin, différente de celle des autres religions révélées (judaïsme, christianisme) ou animistes. De même, le rapport que les musulmans, depuis le VII siècle, entretiennent avec le Créateur de l’univers (Allah) est unique dans toutes les traditions religieuses. En islam, de fait, l’Homme, le fidèle, homme ou femme, est crée pour un objectif bien déterminé : l’adoration d’Allah seul, sans rien lui associer dans les actes cultuels. Cette adoration doit être pure de toute forme de shirk. Elle condamne, sans appel, les cultes voués aux idoles sculptées, à l’homme, au saint ou au marabout, aux anges (créatures nobles du Tout Miséricordieux), aux éléments de la nature (soleil, lune, entre autres). Dans le Coran, nous lisons : « Je n’ai crée les hommes et les djinns que pour qu’ils m’adorent. » Il est donc clair que depuis la descente de notre père Adam et son épouse sur la terre, tout a été précisé, rien n’a été laissé en doute. L’homme, dès le départ, se voit ainsi confié une mission qu’Allah lui a donnée, et dont il a toute la liberté de bien l’accomplir ou de la négliger.

De la même manière qu’ Allah a crée l’Homme pour Son adoration, de la même manière Il lui a confié la gérance de la Création, de l’univers dans lequel il évolue. Le prophète (SAW) disait : « ce monde est un fruit mûr gorgé de sucre et Allah vous y a établis, vous confiant de le gérer. Il regarde ce que vous faites…. »( muslim). L’existence de chacun d’entre nous doit être une traduction du respect de la création. Car, il est vrai, le respect de la nature fait partie intégrante de l’adoration d’Allah. En respectant la nature, en réfléchissant sur sa beauté et ses mystères indéterminés, l’Homme, sciemment ou inconsciemment, reconnaît la toute puissance de Son Créateur.

Le sens de notre existence c’est donc l’adoration d’Allah, le respect de Sa création et l’établissement de la justice entre les créatures d’Allah. Dans le Coran, Allah affirme : « vous êtes le peuple le plus excellent qui soit jamais surgi pour les hommes : vous ordonné ce qui est bon et vous interdisez ce qui est blâmable ». (Coran, 3 : 110). Le musulman, dans son cheminement à Allah, doit aller au- delà de la simple recommandation du Bien et de l’interdiction du Mal. Il doit, au quotidien, s’engager auprès de la population pour l’aider à surmonter les difficultés, de nature différente, auxquelles elle est confrontée. Aujourd’hui, dans la société mauritanienne, il y a des musulmans de très bonne volonté qui travaillent dans ce sens. C’est le cas de l’association Main Dans La Main. Nous ne pouvons pas de fait donner un sens réel à notre existence dans un univers où l’ignorance, l’analphabétisme, le chômage, la corruption, la misère, le sida, le laxisme règnent en maître.

Le sens de notre existence, c’est nous engager, au jour le jour, dans la bataille sociale, économique, et même politique, pour permettre aux populations de mener un train de vie digne de ce nom. Le sens de notre existence, c’est en d’autres termes lutter pour la liberté de conscience, d’expression et de mouvement de tous les membres de la société. Dans son livre qui s’intitule La justice sociale en islam, Said Qotb écrit : « la justice sociale ne peut être pleinement réalisée et être assurée de s’appliquer et de se perpétuer tant qu’elle ne s’appuiera pas sur la conviction intime que l’individu y a droit et que le groupe en a besoin, et sur la certitude qu’elle mène à l’obéissance à Allah et à une réalité humaine plus noble, et tant qu’elle ne se référera pas à la condition matérielle qui conduit l’individu à s’y attacher, à y mettre le prix et à la défendre »1.

Le sens de notre existence, c’est enfin refuser, d’une manière catégorique, d’établir une catégorisation sociale entre les créatures d’Allah. Les hommes sont nés égaux. Il est tout à fait normal de reconnaître une certaine inégalité entre les hommes due à leur compétence dans des domaines différents, du fait que certains, naturellement, sont biens portants que d’autres ; mais cette forme d’inégalité, qui est en soit normale, ne doit pas être interprétée une règle générale devant être appliquée en tous lieux.

Soumare Zakaria Demba

soumarezakariademba.blogspot.com

1Said Qotb, La Justice sociale en islam, Beyrouth, Ed. Al buruni, 2003, p 55.

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