dimanche 25 novembre 2007

Aperçu sur la patience en islam


La notion de patience, en religion islamique, occupe une place on ne peut plus capitale dans le rapport que les fidèles, hommes et femmes confondus, entretiennent avec le Seigneur de l’Univers. Rien, dans les pratiques cultuelles du musulman, ne saurait se concrétiser sans le recours inévitable à la patience. Un nombre considérable des versets coraniques insistent sur cette vertu sans laquelle, il est vrai, aucune persévérance dans l’adoration de l’Unique ne peut être envisageable. La patience, telle qu’elle est employée dans le Coran, pourrait signifier : supporter ce que l’on abhorre en quête de l’agrément d’Allah. Dans son livre intitulé La notion de la patience dans le Coran[1], le penseur Youssouf Al-Quardawi remarque, avec raison, que : « ce que l’individu [le croyant] abhorre peut revêtir diverses formes ». Dans le même ordre d’idées, l’Imama Al-Ghazali affirme : « sache qu’il existe deux catégories de patience : une catégorie physique telle que l’endurance et la résistance par rapport aux efforts physiques, soit en s’adonnant à des travaux pénibles, soit à travers les pratiques cultuelles ou autres, ou bien en supportant avec patience des coups violents, une maladie ou des blessures graves. » Cependant, dit-il, le plus méritoire, c’est l’autre catégorie de patience, à savoir l’abstention par rapport aux désirs et appétits ou aux exigences de la passion. Il nous semble clair, de fait, que la patience dans la vie et les pratiques cultuelles du musulman occupe une place de choix. La patience, pour ainsi dire, est l’une des caractéristiques fondamentales du fidèle en islam. Elle est, autrement dit, la colonne vertébrale maintenant l’adorateur dans l’accomplissement de ses responsabilités vis-à-vis de son Créateur. Dans le Texte coranique, en effet, nous relevons : « ceux qui se montrent patients dans l’adversité [la pauvreté], dans la douleur [le malheur], et au moment du danger. Voilà les hommes sincères ! Voilà les hommes pieux » (2 : 77).

Dans son analyse du sens de la patience, l’Imam Al-Ghazali affirme que :

« la patience est un attribut de l’homme et ne peut se concevoir ni chez les animaux ni ses les anges ; les animaux pour leurs insuffisances et les anges pour leur perfection. [...] Les animaux sont dominés par leurs instincts dont ils sont dépendants. L’action et le repos sont, chez eux, mus par le désir. Il n’y a aucune force qui puisse s’y opposer et en empêcher la satisfaction, une force de résistance que l’on pourrait qualifier de « patience ». Quant aux anges, ils se consacrent exclusivement au désir de la présence divine et au bonheur ineffable que leur procure Sa proximité. L’être humain, quant à lui, est au cours de sa prime enfance aussi diminué qu’un animal. Il n’existe en lui que le seul désir de la nourriture qui lui est nécessaire. Puis aparaissent le désir de jouer, la défiance et le désir sexuel. Durant l’enfance, il ne possède aucune patience, car la patience représente une force de résistance opposée à une autre force, et qui luttent entre elles, compte tenu de l’opposition qui existe entre leurs exigences et leurs demandes.

Seule, il est vrai, la patience peut aider le croyant à persévérer dans ses pratiques cultuelles. Beaucoup de verstes du Coran incitent les fidèles à la patience, comme nous pouvons le constater dans ce verset : « O les croyants ! Cherchez secours dans l’endurance et la salât. Car Allah est avec ceux qui sont endurant [patients]. (Coran, 2 :153).

SOUMARE Zakaria Demba



[1] Youssouf A. La patience dans le Coran, Lyon, Tawhid, 2000, p 20.

jeudi 22 novembre 2007

Mes quatre vérités

Il n’est plus besoin de rappeler qu’aujourd’hui, plus qu’hier sans doute, les citoyennes et les citoyens de la République mauritanienne font face à des défis de nature urgente qui, il est vrai, exigent de chacun (e) un sens très élevé de la citoyenneté. Il est incontestable que dans un Etat de droit, comme le nôtre, c’est le pouvoir en place qui doit être aux devant de la scène sociopolitique afin de trouver des solutions adéquates aux difficultés auxquelles les populations sont quotidiennement confrontées. Cependant, nous semble-t-il, le gouvernement ne doit pas être le seul acteur public travaillant pour relever les défis qui menacent la Mauritanie d’aujourd’hui. Nous avons l’impression, en regardant de près ou de loin la société mauritanienne, que la règle numéro un qui régit les rapports Etat / citoyens est celui de la démission et du laxisme. Les citoyennes et les citoyens de notre pays, hélas, ont un sens très faible, ou du moins c'est l'impression que nous avons, de la citoyenneté et du patriotisme. Chacun, dans son travail et dans la société, semble intéressé à son intérêt personnel, individuel au grand détriment de l’intérêt général de la nation. Finalement, nous sommes, depuis l’indépendance de la Mauritanie le 28 novembre 1960, en présence des fonctionnaires qui se préoccupent plus de leur enrichissement personnel que du développement de la Mauritanie. C'est qui, il est vrai, donne naissance à une situation de laxisme où la corruption et le détournement des biens de l'Etat s'installent de manière on ne peut plus inquiétante. Le premier combat qui doit être mené aujourd’hui dans ce pays, c’est bien la lutte contre la corruption. Cette lutte doit être accompagnée d’une véritable campagne de sensibilisation de la population sur les dangers que constitue le gaspillage des biens publics de la nation. Il n’est pas du tout juste qu’un pays comme la Mauritanie soit considéré comme l’un des pays les plus pauvres de la planète. Ce pays, de fait, regorge des ressources naturelles qui, si elles étaient bien réparties, permettraient à tous les citoyens mauritaniens de mener une vie digne. Si aujourd’hui les populations, à travers tout le territoire national, protestent contre la sureté du train de vie et la montée vertigineuse des prix des denrées de première nécessité, c’est que depuis plusieurs décennies on n’a laissé la corruption et le laxisme s’installer sans que personne ne lève le petit doigt pour les dénoncer. Or si nous voulons voir notre pays « décoller » de la triste situation dans laquelle il se trouve en ce moment, nous devons, sans concession, accepter de faire des sacrifices. L’un des défis (la corruption) que les Mauritaniennes et les Mauritaniens doivent relever aujourd’hui exige une prise de conscience, dans l’immédiat, de toutes les couches sociales permettant de tourner le dos, définitivement, au passé regrettable qu’a connu la Mauritanie. Tant que la question de la corruption n’est pas résolue, aucune possibilité de développement ne peut être possible dans ce pays.


SOUMARRE Zakaria Demba

mercredi 14 novembre 2007

Aperçu sur la justice sociale en Mauritanie

Le Coran, Livre de référence et modèle de législation divine par excellence des musulmans du monde entier depuis le VIIème siècle, enjoint aux fidèles, hommes et femmes confondus, la justice dans toutes leurs affaires privées et publiques. La recommandation de cette justice aux musulmanes et aux musulmans de toutes origines sociales ou professionnelles pourrait, comme c’est le cas dans d’autres surates du Texte sacré, se traduire par ce verset : « Soyez équitables. Car Allah aime les équitables » (49 : 9). De fait, aucune organisation sociale ne pourrait prétendre à une vie paisible si, au préalable, les membres qui la composent ne se sentaient pas protégés par un système juridique accordant à chaque citoyen (ne) ses droits fondamentaux.
La justice, pour ainsi dire, devrait être le fondement de toute société humaine. De l’instant où une nation s’en débarrassait, elle se condamnerait par la même occasion à une disparition certaine. Car, désormais, ce serait le règne de la loi du plus fort. L’absence d’une justice sociale équitable et applicable à tous les citoyens est la source des tous les malheurs sociaux.
Si la Mauritanie, durant deux décennies, a souffert de certains maux qui fragilisaient sa cohésion sociale, c’est par ce les autorités qui étaient alors en place n’ont pu (voulu) instauré un climat social de justice où toutes les populations, qu’elles que soient leurs origines et leur race, pourraient bénéficier de la protection de l’Etat.

L’Etat mauritanien, sous la direction du président de la République, devrait s’engager, d’une manière concrète, à assurer à tous ses citoyens une justice sociale qui permettrait à nos compatriotes d’avoir la certitude de vivre dans un pays où leur vie et leurs biens ne sont pas menacés. Il est sans doute très tôt de dire que rien, depuis l’arrivée de M. Sidioca au pouvoir, n’a été fait dans ce sens.
Cependant, il n’est jamais très tôt d’attirer l’attention sur la question. Dans la mesure où le peuple mauritanien, puis qu’il s’agit de lui, n’aurait son salut que si le régime qu’il a lui choisi pour présider à son destin acceptait fermement de combattre, sous toutes ses formes, l’injustice et l’impunité. C’est la seule garantie permettant l’instauration d’un climat social viable où tous les citoyens de la nation mauritanienne se sentiront protégés par la loi.
Ce combat, convenez –en, ne saura être le privilège d’une fraction de la population ou d’une ethnie. Ensemble, de fait, tous les Mauritaniens, Noirs et Blancs confondus, doivent protester contre les démons qui menacent notre nation. Ces démons, en effet, pourront être nommés : la persécution, la torture, la pauvreté, la paupérisation de plus en plus inquiétante de la population, le laxisme administratif…C’est cela la justice.
Aucun (e) Mauritanien (ne) ne peut aujourd’hui, à moins qu’il/elle ne soit hypocrite, prétendre valablement être libre et juste dans un univers social mauritanien où les droits fondamentaux des faibles sont bafoués, où la plus grande partie de la population lutte, au jour le jour, pour survivre, où les pères de famille s’inquiètent de l’avenir de leurs enfants, où, également, rien de promettant ne s’affiche à l’horizon pour la jeunesse.
La société mauritanienne ne pourrait prétendre être juste si elle ne trouvait pas une solution à la misère morale et / ou matérielle qui rythme le quotidien du citoyen. La société n’est pas juste quand les jeunes perdent tout espoir de s’investir dans leur propre pays. La justice sociale en Mauritanie, c’est aussi compatir à la souffrance de tous ces pauvres, ces jeunes oubliés.
Dans la lutte contre cette injustice, il est dangereux de « communautariser » le combat pour plus de justice dans une Mauritanie qui s’apprête à peine de sortir d’un passé douloureux, jalonné de deux décennies de dictature.
Nous sommes un peuple pluriel, divers. Nous devons profiter de cette diversité. D’un côté et de l’autre, il y a des gens qui sont révoltés contre toute forme d’injustice sociale. Il serait plus juste de travailler main dans la main, de réunir nos forces pour construire une Mauritanie harmonieuse où les uns et les autres ne se regarderont pas en chien de faïence.
C’est la seule solution, à notre avis, permettant l’émergence d’une Mauritanie nouvelle. Le combat pour la justice ne doit pas être passionnel. Chacun de nous, Blanc et Noir, doit maîtriser ses sentiments et écouter sa raison. La passion déconstruit là où la raison bâtit. La haine provoque plus d’injustice qu’elle n’instaure la justice. La justice n’a pas de couleur. Et le combat pour son instauration doit se débarrasser de toute connotation raciale.

Les Mauritaniens, en d’autres termes, doivent se félicitent d’avoir élu, sans aucune forme de contrainte, un président qu’ils considèrent être capable de diriger leur pays, et de répondre à leurs attentes. Ils ne doivent pas aller dans « la bataille » pour plus de justice sociale en ordre dispersé. Depuis le début du mandat de M. Sidioca, tout concourt en effet à monter aux citoyens de notre pays qu’il est possible, désormais, de rêver d’une Mauritanie où la justice ne sera plus l’apanage d’un partie de la population au grand détriment d’une autre.

SOUMARE Zakaria Demba

samedi 10 novembre 2007

Quand les citoyens en ont marre



La République mauritanienne est aujourdh'hui confrontée à des difficultés de nature inquiétante qui exgigent aux autorités de faire une pause, si courte soit-elle, afin de refléchir ou adopter un programme cohérent de sortie de crise.

Depuis quelques jours, de fait, les populations mauritaniennes, dans certaines villes, descendent dans la rue pour ainsi exprimer leur mécontentement face à un train de vie qui devient, chaque jour, de plus en plus compliqué à cause de la conjoncture économique difficile que traverse notre pays en ce moment, et la fantaisie de certains de nos commerçants sans scrupules.

Les prix des denrées de première nécessité augment en une vitesse frôlant la catastrophe. Les pères de famille ne savent plus à quel saint se vouer pour se tirer d'affaire. Il est sans doute vrai que la rue n'est pas la meilleure solution pour régler nos problèmes.



Cependant, pour éviter que les citoyennes et les citoyens de notre pays prennent la rue comme le seul recourt leur permettant de faire entendre leurs quatre vérités, l'Etat mauritanien doit combattre avec rigueur et détermination l'augmentaion fantaisite des prix. Car, dans tous les cas de figure, ce sont toujours les plus pauvres qui paient le pot cassé. Les pères de famille qui, du matin au soir, se sacrifient pour leur famille, leurs enfants et leurs épouses doivent se sentir aidés par le gouvernement qu'ils ont élu il y a seulement quelques mois.

Pour cela, en effet, une vraie politique de rapprochement des citoyens doit être définie. Nous avons la triste impression qu'en Mauritanie les populations sont abandonnées à elles -elles. Si aujourd'hui, dans ce pays qui commence à peine à dessiner son destin après deux décennies de dictature, les prix des denrées de première nécessité augmentent à un rythme inquiétant, c'est que vraiment jusque-là nos dirigeants ont laissé délibérément ou non le laxisme s'installer.

Chaque commerçant, par la même occasion, s'autorise à augmenter les prix de ses marchandises comme il veut, sans tenir compte du mode de vie de ses clients. Or dans un pays "démocratique", la réglementaion des prix ne doit jamais relever de la seule volonté des vendeurs ou commerçants. C'est l'Etat qui, en principe, doi réguler tout cela afin d'éviter aux citoyens d'être victimes d'une augmentation fantaisiste des prix par certains commerçants, comme c'est le cas, malheureusement, aujourd'hui.

SOUMARE Zakaria Demba