mardi 4 décembre 2007

Il y a quarante sept ans, la Mauritanie accédait à l'indépendance

La République mauritanienne, comme la plupart des nations africaines au sud et au nord du Sahara, a accédé à son indépendance à la fin du siècle dernier. Contrairement à d'autres pays jadis sous domination étrangère, qui ont arraché leur liberté aux mains du dominateur à coup de fusils et d'attentats (Algérie), notre pays n'a fait recours à aucune forme de violence pour se libérer de la puissance coloniale. A la veille de cette indépendance tant souhaitée par les peuples, l'enthousiasme, la joie et l'espoir de voir enfin le pays libérer des envahisseurs étaient tellement forts que toutes les couches sociales nourrissaient l'espoir de mener une vie digne de ce nom. Une vie permettant enfin aux "citoyennes" et aux "citoyens" mauritaniens de bénéficier de toutes les richesses de leur pays. Cependant, au lendemain du 28 novembre 1960, l'enthousiasme et l'euphorie laissèrent la place au désespoir. Les populations mauritaniennes, comme celles des pays de la sous région, se sont retrouvées face à des régimes de dictature dont les responsables, qui ont le plus souvent hérité du système colonial, sont plus enclins à défendre leurs propres intérêts et ceux de l'ex colonisateur que de s'occuper des besoins de ceux aux côtés desquels ils ont mené le combat (politique ou armé) pour libérer leur nation. Résultat : après quarante sept ans d'indépendance, en Mauritanie, nous nous retrouvons, il est vrai, dans une vraie situation socio-économique et sociopolitique qui ne présage rien de promettant. De jour en jour, hélas, les citoyennes et les citoyens ne cessent de se plaindre de l'augmentation vertigineuse des prix des produits de première nécessité ; les pères de famille n'ont plus de quoi satisfaire les besoins les plus urgents de leurs familles ; les enfants, faute de moyen, ne sont plus convenablement scolarisés ; les jeunes diplômés préfèrent aller tenter l'aventure européenne ou occidentale que de rester servir leur nation. Une telle situation ne peut de fait changer que si nos autorités acceptent de regarder réellement les choses en face. Un réel rapprochement des population doit voir le jour devant permettre aux populations d'exprimer leurs quatre vérités, leurs préoccupations au quotidien. Je ne remets cependant pas en cause les efforts que le gouvernement de M. Sidi Ould Abdallah est en train de fournir pour sortir le pays de l'impasse dans lequel il se trouve. Mais cet effort doit s'accompagner d'une réelle intention d'en finir pour de bon avec les cauchemars qui hantent les nuits de nos compatriotes.


SOULMARE Zakaria Demba

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