mercredi 14 novembre 2007

Aperçu sur la justice sociale en Mauritanie

Le Coran, Livre de référence et modèle de législation divine par excellence des musulmans du monde entier depuis le VIIème siècle, enjoint aux fidèles, hommes et femmes confondus, la justice dans toutes leurs affaires privées et publiques. La recommandation de cette justice aux musulmanes et aux musulmans de toutes origines sociales ou professionnelles pourrait, comme c’est le cas dans d’autres surates du Texte sacré, se traduire par ce verset : « Soyez équitables. Car Allah aime les équitables » (49 : 9). De fait, aucune organisation sociale ne pourrait prétendre à une vie paisible si, au préalable, les membres qui la composent ne se sentaient pas protégés par un système juridique accordant à chaque citoyen (ne) ses droits fondamentaux.
La justice, pour ainsi dire, devrait être le fondement de toute société humaine. De l’instant où une nation s’en débarrassait, elle se condamnerait par la même occasion à une disparition certaine. Car, désormais, ce serait le règne de la loi du plus fort. L’absence d’une justice sociale équitable et applicable à tous les citoyens est la source des tous les malheurs sociaux.
Si la Mauritanie, durant deux décennies, a souffert de certains maux qui fragilisaient sa cohésion sociale, c’est par ce les autorités qui étaient alors en place n’ont pu (voulu) instauré un climat social de justice où toutes les populations, qu’elles que soient leurs origines et leur race, pourraient bénéficier de la protection de l’Etat.

L’Etat mauritanien, sous la direction du président de la République, devrait s’engager, d’une manière concrète, à assurer à tous ses citoyens une justice sociale qui permettrait à nos compatriotes d’avoir la certitude de vivre dans un pays où leur vie et leurs biens ne sont pas menacés. Il est sans doute très tôt de dire que rien, depuis l’arrivée de M. Sidioca au pouvoir, n’a été fait dans ce sens.
Cependant, il n’est jamais très tôt d’attirer l’attention sur la question. Dans la mesure où le peuple mauritanien, puis qu’il s’agit de lui, n’aurait son salut que si le régime qu’il a lui choisi pour présider à son destin acceptait fermement de combattre, sous toutes ses formes, l’injustice et l’impunité. C’est la seule garantie permettant l’instauration d’un climat social viable où tous les citoyens de la nation mauritanienne se sentiront protégés par la loi.
Ce combat, convenez –en, ne saura être le privilège d’une fraction de la population ou d’une ethnie. Ensemble, de fait, tous les Mauritaniens, Noirs et Blancs confondus, doivent protester contre les démons qui menacent notre nation. Ces démons, en effet, pourront être nommés : la persécution, la torture, la pauvreté, la paupérisation de plus en plus inquiétante de la population, le laxisme administratif…C’est cela la justice.
Aucun (e) Mauritanien (ne) ne peut aujourd’hui, à moins qu’il/elle ne soit hypocrite, prétendre valablement être libre et juste dans un univers social mauritanien où les droits fondamentaux des faibles sont bafoués, où la plus grande partie de la population lutte, au jour le jour, pour survivre, où les pères de famille s’inquiètent de l’avenir de leurs enfants, où, également, rien de promettant ne s’affiche à l’horizon pour la jeunesse.
La société mauritanienne ne pourrait prétendre être juste si elle ne trouvait pas une solution à la misère morale et / ou matérielle qui rythme le quotidien du citoyen. La société n’est pas juste quand les jeunes perdent tout espoir de s’investir dans leur propre pays. La justice sociale en Mauritanie, c’est aussi compatir à la souffrance de tous ces pauvres, ces jeunes oubliés.
Dans la lutte contre cette injustice, il est dangereux de « communautariser » le combat pour plus de justice dans une Mauritanie qui s’apprête à peine de sortir d’un passé douloureux, jalonné de deux décennies de dictature.
Nous sommes un peuple pluriel, divers. Nous devons profiter de cette diversité. D’un côté et de l’autre, il y a des gens qui sont révoltés contre toute forme d’injustice sociale. Il serait plus juste de travailler main dans la main, de réunir nos forces pour construire une Mauritanie harmonieuse où les uns et les autres ne se regarderont pas en chien de faïence.
C’est la seule solution, à notre avis, permettant l’émergence d’une Mauritanie nouvelle. Le combat pour la justice ne doit pas être passionnel. Chacun de nous, Blanc et Noir, doit maîtriser ses sentiments et écouter sa raison. La passion déconstruit là où la raison bâtit. La haine provoque plus d’injustice qu’elle n’instaure la justice. La justice n’a pas de couleur. Et le combat pour son instauration doit se débarrasser de toute connotation raciale.

Les Mauritaniens, en d’autres termes, doivent se félicitent d’avoir élu, sans aucune forme de contrainte, un président qu’ils considèrent être capable de diriger leur pays, et de répondre à leurs attentes. Ils ne doivent pas aller dans « la bataille » pour plus de justice sociale en ordre dispersé. Depuis le début du mandat de M. Sidioca, tout concourt en effet à monter aux citoyens de notre pays qu’il est possible, désormais, de rêver d’une Mauritanie où la justice ne sera plus l’apanage d’un partie de la population au grand détriment d’une autre.

SOUMARE Zakaria Demba

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