jeudi 11 octobre 2007

Brèves notes de lecture

L’année 1994 fut, pour le Rwanda et la communauté internationale, une année de terreur, de désolation et des massacres impitoyables de près d’un millier de Tutsi qui n’avaient le tort que d’être nés tutsi. De fait, le Rwanda est l’un des pays de l’Afrique des Grands Lacs. Il fut, dans premier temps, colonisé par l’Allemagne avant, dans un second temps, passé sous domination belge au lendemain de la première guerre mondiale. Ce pays des mille collines est composé de trois groupes socioethniques :

q Les Hutu, majoritaires ;

q Les Tutsi ;

q Les Twa.

Ses principales langues parlées :

q Le français ;

q Le swahili ;

q L’anglais.

Ce pays de l’Afrique centrale est victime d’une instrumentalisation ethnique entamée par les Belges et poursuivie par les différentes pouvoirs successifs au Rwanda depuis son indépendance en 1968, et dont les conséquences furent les massacres répétitifs des Tutsi par leurs compatriotes Hutu. Les tueries, en effet, ont réellement commencé dans ce pays depuis 1959 ; mais personne n’y prêtait attention. Elles n’ont atteint leur point culminant qu’en 1994 avec le génocide qui aurait coûté en trois mois la vie à un millier des Tutsi et des quelques Hutu modérés ou de l’opposition comme le premier ministre de l’époque, Madame Agathe Uwilingiyimana.

Rappel historique

Le six avril 1994 à vingt heures, l’avion transportant les deux présidents rwandais, Juvénal Habyarimana, et burundais, Cyprien Ntavyamina, est abattu à son atterrissage à Kigali par deux missiles provenant des collines avoisinant l’aéroport. Tous les deux sont tués sur le coup. Les accusations allaient bon train : les uns accusaient l’Akazu, un clan extrémiste hutu proche du pouvoir de Habyarimana qui n’aurait pas accepté la signature à Arusha en Tanzanie en août 1993 d’un traité de paix avec le FPR[1]. Les autres avançaient l’hypothèse d’un attentat commandité par les rebelles tutsi, car étant minoritaires ils auraient pu penser prendre le pouvoir par un coup de force en éliminant physiquement le président de la République. Cette dernière hypothèse a été démentie par Paul Kagamé qui, en réponse aux accusations du juge antiterroriste français, Jean Louis Bruguière, soutenait que des telles accusations sont sans aucun fondement[2]. En outre, en réponse aux mêmes accusations, Corneille, un défenseur de Kagamé qui par ailleurs dirigeant d’une grande entreprise à Kigali, affirme :

« cela ne tient pas une seconde. Tous ceux qui ont suivie l’actualité de l’époque et qui connaissent bien la ville de Kigali savent bien qu’une telle opération était impossible à organiser sans la complicité française. La zone d’où les missiles sont partis était sous le contrôle son armée.[3] »

Quoiqu’il en fût, quelques minutes après le crash de l’avion présidentiel la Garde présidentielle et les interahamwe[4] ont commencé à dresser des barrières pour ainsi limiter les mouvements des populations et à tuer les Tutsi et certains Hutu de l’opposition, dont le premier ministre susmentionné et dix casques bleus belges. Les Tutsi, pour sauver leur vie, se sont réfugiés dans les édifices publics ou dans les bananeraies où ils seront littéralement massacrés à la machette, à la houe, à la serpette, au fusil entre autres.

Le 4 juillet 2004. Le FPR de Kagamé prend la capitale Kigali, et met fin à l’un des drames les plus cruels des temps modernes. Les génocidaires hutu, craignant la vengeance de ceux dont ils ont tué les parents, prennent la fuite vers le Zaïre et les autres pays limitrophes.



[1] Front Patriotique Rwandais, dirigé à l’époque par Paul Kagamé, l’actuel président du Rwanda. Il est était formé essentiellement des rebelles tutsi basés dans les pays voisins. Après plusieurs attaques sans résultats du pouvoir rwandais, ils ont fini par gagner la bataille en juillet 1994.

[2] Source : Entretien entre Paul Kagamé et David Sernenay sur RFI, le 16 mars 2004.

[3] Ouazani Chérif « Entre rancune et recueillement », in Jeune Afrique l’Intelligent n° 2256 du 4 au 10avril 1994.

[4] Ceux, en Kinyarwanda, tuent ensemble. Ce terme a été surtout utilisé avant, pendant et après le génocide de 1994 pour qualifier les tueurs hutu.

SOUMARE Zakaria Demba

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