dimanche 14 octobre 2007

Après la fête, le cauchemar

Les citoyennes et les citoyens de la République mauritanienne, comme d’ailleurs la plupart des musulmans du monde entier, ont, dans la joie et la solidarité, fêter le vendredi 12 octobre 2007 la fête de l’Eid qui, en tradition musulmane depuis le VII siècle, célèbre la fin d’un mois de privation, de crainte, de dévotion et de rapprochement au Tout Miséricordieux : Allah. Après les trois jours d’une fête collective, nous voilà, Mauritaniennes et Mauritaniens, qui retournons vers une situation sociale qui ne présage rien de promettant pour une bonne partie de la population. Au lendemain de la fête où pauvres et riches ont, dans un élan de solidarité exceptionnelle, mangé, bu et « danser » ensemble, les anciennes préoccupations des milliers de nos compatriotes refont surface et évacuent d’un coup le peu de moment de joie de la fête. Face à une situation socioéconomique où ils ont l’impression d’être livrés à eux –mêmes, les plus déminus de notre nation ne savent plus trop à quel saint ils doivent se vouer pour se tirer d’affaire. Les difficultés quotidiennes se multiplient de jour en jour en une vitesse incroyable. A la tracasserie quotidienne pour trouver le pain familial, des centaine des pères de famille se voient maintenant confrontés à une autre difficulté de nature inquiétante : la fourniture scolaire pour les enfants. Un père de famille qui n’a pas de quoi satisfaire sa famille, de payer son loyer à la fin du mois ne se préoccupera pas, il est vrai, de la scolarisation de ses enfants. Or il n’y pas de danger plus compromettant pour un pays comme le nôtre que celui de la négligence d’envoyer les enfants à l’école. La démission de certains parents de leur responsabilité, dont nous ne le tenons pas pour responsables ici, est un mauvais présage pour la société mauritanienne nouvelle que nous voulons voir émerger de deux décennies de dictature et de laxisme. Si nous voulons réellement trouver une solution à cette triste situation dans laquelle plus de 50% de la population mauritanienne se trouvent aujourd’hui, tout le monde, du président de la République au plus bas de l’échelle sociale, doit s’engager au quotidien afin de trouver, de définir un programme de développement social cohérent permettant aux Mauritaniennes et aux Mauritaniens d’avoir le courage d’affronter l’avenir. Il est clair que c’est l’Etat qui est le premier acteur et le premier responsable dans le combat social contre la misère et la pauvreté de ses citoyens. Mais, de fait, les populations doivent, elles aussi de leur côté, participer à la bataille. Le gouvernement qui a été élu, il y a quelques mois, par les mêmes populations ne doivent pas se retrouvent aujourd’hui seul à faire face à une conjoncture socioéconomique difficile qu’il a hérité du régime précèdent. Les Mauritaniennes et les Mauritaniens doivent finir avec la tradition consistant à mettre toutes les charges sur le compte de leur gouvernement. Chaque Mauritanien (ne) peut, à sa façon et selon sa capacité intellectuelle, financière, « manuelle », contribuer au redressement économique de son pays.

SOUMARE Zakaria Demba

soumarezakariademba.blogspot.com

NB : Nous présentons nos vœux à toutes les Mauritaniennes et à tous les Mauritaniens pour la fête de l’Eid. Que la fin du mois de ramadan nous apporte : paix, bonheur, prospérité …

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