dimanche 16 septembre 2007

Réflexion sur la situation sociale en Mauritanie (suite)

Il est très tôt, sans doute, de faire le bilan des réalisations du gouvernement mauritanien depuis l’avènement du M. Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la tête de la magistrature suprême de notre pays. Mais il n’est jamais trop tôt de faire un éventaire des grands obstacles qui freinent le développement de la Mauritanie d’aujourd’hui.
Dans un article précédent, paru dans ce blog, nous avons passé, sommairement, en revue les quatre premiers obstacles auxquels notre pays, en ce début du troisième millénaire, fait face. Aujourd’hui, dans le suivant article, nous continuons logiquement la liste de notre inventaire.
Le cinquième grand obstacle qui maintient, depuis plus de quarante, ce pays dans la pauvreté est la corruption. Notre pays est l’un premiers pays de l’Afrique où les fonctionnaires fictifs abondent sans qu’ils ne soient inquiétés de quoi que ce soit. Nous avons comme impression que la corruption est légalisée en Mauritanie. Elle fait tellement partie du quotidien des Mauritaniens que nous avons l’impression que tout fonctionnaire de l’Etat qui ne fraude pas dans son travail ou, pour être précis, qui ne détourne pas les biens publics de l’Etat n’est pas « normal ». La Mauritanie ne pourra jamais aller de l’avant si nous ne cessons pas avec cette tradition archaïque et lâche relevant d’une conception moyenâgeuse.
Le sixième grand obstacle qui empêche notre pays de décoller, c’est l’absence presque totale des services publics. Notre capitale est l’une des capitales les plus sales du continent. Les poubelles jonchent parfois les rues sans que personne ne s’en soucie vraiment. Or il est de la responsabilité des différentes communes de disposer les moyens nécessaires (fonds, véhicules, emplois) permettant d’assurer la propreté de la capitale. Si, aujourd’hui, il n’y a pas de minimum de propreté dans certains quartiers de Nouakchott, c’est les élus communaux n’ont pas suffisamment assumé toutes leurs responsabilités. Si nous n’arrivons pas à entretenir la seule capitale Nouakchott, il va sans dire qu’il est inutile de penser au reste du pays. De fait, la ville de Nouakchott brille par l’insuffisance, presque totale, de ses infrastructures. Voyager d’un quartier à l’autre, dans cette capitale, exige un vrai combat de titan. Les bus, qui n’ont de bus que le nom, sont toujours dans des très mauvais états. Les voyageurs sont assis les uns sur les autres ou sont obligés de faire tout le trajet les uns serrés contre les autres. Il n’y a aucun respect des normes de la circulation.
Pour mettre fin à cette situation, notre gouvernent, à l’instar des pays développés ou même de certains pays en voie de développement comme le Sénégal voisin, doit mettre à la disposition de ses citoyens de transports en communs modernes et publics qui seront placés sous son contrôle. Au Sénégal, puis que c’est notre voisin immédiat, le gouvernent avait commandé des bus, Dakar Dem –Dick, il y a quelques deux ou trois ans pour satisfaire les besoins, en matière de transport urbain, des populations.
Pourtant, du point de vue économique, nous n’avons rien à envier au Sénégal. Mais, seulement, le souci du bien-être des citoyens qui nous diffère. Les services publics dans ce pays, même s’il reste encore beaucoup de choses à faire, commencent à sortir de l’auberge. Beaucoup de progrès se font dans le sens de l’amélioration du fonctionnement de la qualité du train de vie des citoyens. Pour que notre pays entre de plain-pied dans le monde « moderne », nous devons prendre des mesures draconiennes consistant à inculquer le sens de la responsabilité à nos fonctionnaires. Nous avons le sentiment qu’en Mauritanie les fonctionnaires de l’Etat, du cadre à l’enseignant de l’école primaire, privilégient toujours leurs intérêts individuels à ceux de leur pays. Dans ce cas, il est très difficile de faire émerger une société mauritanienne nouvelle.
Le septième grand obstacle qui menace plus que jamais notre pays, c’est bien le peu d’importance accordée au développement de notre agriculture. La Mauritanie, comme la plupart des pays du Sahel, est victime depuis le début des années soixante dix de la rareté des précipitations. Les paysans, dont les travaux en période d’hivernage ne dépendent que des pluies, sont abandonnés à eux-mêmes. Ils ne bénéficient, réellement, d’aucun soutien leur permettant de se tirer d’affaire. Or un pays qui néglige le développement de son agriculture est un pays qui court de grands risques.
L’Etat doit mettre à la disposition de ses paysans des moyens leur permettant de moderniser leur agriculture. Des travaux ont certes été pris dans ce sens. Mais ils restent insuffisants, et parfois ils ne répondent même pas aux attentes des populations.

SOUMARE Zakaria Demba

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