dimanche 16 septembre 2007

Réflexion sur la situation sociale en Mauritanie


Un pays, comme le nôtre, ne peut pas prétendre aller mieux quand les deux ou trois tiers de sa population ne parviennent pas à satisfaire les besoins les plus urgents sans lesquels aucune vie digne de ce nom ne sera possible. Il suffit aujourd’hui de jeter un coup d’œil, si rapide soit-il, sur les réalités sociales, politiques et économiques mauritaniennes pour nous rendre aisément compte, d’une manière ou d’une autre, que notre nation a plusieurs défis à relever pour réussir, vraiment, son entrée dans le concert des nations « modernes » et développées.
Si nous ne prenons pas le temps et le ferme engagement d’aborder avec détermination les problèmes qui accablent le quotidien de nos citoyens et citoyennes, il est incontestable que nous courons vers une situation sociale difficile sans précédant dans l’histoire de notre pays.
Il serait sans doute prétentieux de vouloir recenser tous les problèmes auxquels les Mauritaniennes et les Mauritaniens sont quotidiennement confrontés. Cependant, nous pouvons nous permettre d’en citer quelques uns qui, à notre avis, sont les plus urgents à résoudre pour permettre aux populations de mener une vie sociale digne. Parmi ces problèmes, nous citons en premier lieu l’augmentation vertigineuse des prix des denrées de première nécessité. Notre pays est sans doute l’un des premiers en africain (et dans le monde) où aucune réglementation transparente ne s’exerce sur la fixation des prix.
Dans ce cas, nous sommes en présence d’une situation fantaisiste où chaque commerçant à la liberté totale de se fixer lui même les prix de ses marchandises. Et, incontestablement, ce sont toujours les pauvres qui paient les pots cassés. Normalement, dans un pays démocratique, les autorités doivent scrupuleusement veiller sur la détermination des prix des marchandises. La réglementation des prix doit tenir compte du train de vie des populations. Il n’est pas tout à fait normal d’augmenter les prix des produits de première nécessité alors la plus grande partie de la population vit dans une précarité financière qui frôle la catastrophe.
Le deuxième grand problème auquel les citoyens mauritaniens font face aujourd’hui, c’est l’absence quasi totale des infrastructures sanitaires. Le très peu d’hôpitaux publics que nous trouvons à Nouakchott et dans les autres grandes villes du pays sont très mal équipés. Ces hôpitaux, qui n’ont d’hôpital que le nom, ressemblent plus à des mouroirs qu’à des centres de soin. C’est pourquoi, de fait, les citoyens mauritaniens qui ont le moyen ne se font jamais soigner dans ces centres hospitaliers, et préfèrent aller se faire soigner à l’étranger.
Pour vous en convaincre, faites un petit tour d’une ou deux jours à Dakar. Le nombre de Mauritaniens qui partent chaque mois se faire soigner dans les hôpitaux de Dakar est tellement considérable que nous avons le droit de nous demander si notre pays dispose de centres de soins. Comme pour l’augmentions des prix, ce sont toujours nos pauvres qui sont les parents malheureux du système. Ils sont, qu’ils le veillent ou non, contraints de se contenter de leur sort. La santé de la population doit être une préoccupation de première heure du gouvernement de notre pays. Un peuple malade est un peuple qui ne peut pas se développer. Le pain et la santé sont les deux éléments indispensables pour l’épanouissement de toute population.
Le troisième grand problème qui menace notre pays aujourd’hui en ce début du troisième millénaire, c’est bien l’analphabétisme, l’illettrisme et la défaillance de notre système éducatif. Le taux d’analphabétisme dans notre pays est l’un des plus élevés dans la sous région. La principale cause de cela est sans doute la pauvreté. Car un père de famille qui n’a pas de quoi nourrir sa femmes et ses enfants se souciera très peu (ou pas du tout) de l’éducation de ces derniers. Il est donc tout à fait clair que pour remédier à ce fléau, nous devons d’abord nous attaquer à sa racine que la pauvreté. Il est de la responsabilité de nos dirigeants de créer des emplois, et de procéder à la formation des citoyens.
Plus nous accordons une importance à l’éducation de nos citoyens, plus nous avons la chance de diminuer le nombre des chômeurs. Cette éducation doit être une éducation de qualité. Autrement dit, il ne suffit pas de former pour former. Les autorités doivent tenir compte des réels besoins de notre pays, et c’est ensuite seulement qu’une véritable formation des populations doit commencer. Il va s’agir donc de former des citoyens capables de contribuer au développement de notre pays. Mais cela ne doit pas être une affaire prise à la légère, comme nous le constatons aujourd’hui en Mauritanie où la règle principale, dans le système éducatif, est le laxisme. Une réforme en profondeur doit être entreprise afin de redresser le niveau de nos élèves qui se dégrade d’année en année d’une manière on ne peut plus considérable.
Le quatrième grand problème qui nous menace aujourd’hui, plus que jamais sans doute, c’est le sida. Qu’on le veille ou non, cette maladie est un défi que les citoyens mauritaniens doivent relèvent. L’une des grandes causes de cette épidémie est l’ignorance. Les populations ne sont pas suffisamment informées sur les réels dangers que constitue cette maladie. Il est de la responsabilité de ces populations se s’informer afin de limiter les risques. Toutes les responsabilités ne doivent pas être mises sur le dos du gouvernement. Le pouvoir en place ne peut, à lui seul, tout faire.
Il doit travailler en concert avec les peuples et les organisations non gouvernementales qui sont sur le terrain afin de contrecarrer l’expansion rapide de cette maladie qui, si nous ne prenions garde, risquerait de causer plus de décès dans les années à venir qu’elle ne fait de nos jours. Le pouvoir et ces organisations doivent faire en sorte que tous les malades du sida, qui n’ont pas les moyens de se faire soigner, aient accès aux soins dont ils ont besoin. Ces soins exigent qu’il y ait au préalable des médicaments pouvant soulager les victimes. Il n’est plus besoin de rappeler ici combien les soins pour ces victimes du sida sont presque inexistants dans votre pays. Notre gouvernement doit suffisamment investir dans ce domaine afin d’éviter le pire à ses citoyens.

SOUMARE Zakaria Demba

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