dimanche 9 septembre 2007

Plaidoyer pour une justice sociale en Mauritanie


Les populations de la République mauritanienne, comme la plupart de celles des pays au sud et au nord du Sahara, vivait (vit) dans une situation sociale où les populations ont l’impression d’être dans une impasse économique, démocratique, politique, sociale et juridique. Cette situation, qui ne favorise aucun développement, est en passe d’être tournée, même s’il faut émettre quelque réserve.
De fait, depuis que les militaires de la CMJD ont « chassé » Maouya du pouvoir, les esprits des citoyennes et citoyens mauritaniens se libèrent, s’expriment sans aucune crainte. Il y a seulement quelques mois, dans ce pays, personne n’osait parler de la poursuite de Taya devant les instances juridictionnelles nationales ou internationales. De même, parler du retour des réfugiés était un sujet presque tabou.
Cependant, pour tout celui qui s’intéresse, de près ou de loin, à l’actualité mauritanienne depuis l’instauration du pouvoir civil, se rendra aisément compte de l’abondance d’articles et des commentaires sur ce sujet tant dans la presse écrite que sur les sites Internet.
Tout concourt, finalement, à faire prévaloir les droits des milliers de nos compatriotes expulsés de chez eux en 1989, et la traduction du responsable numéro un de cette expulsion massive devant la justice afin qu’ils réponde de ses actes. Les Mauritaniens sont, d’un coup, passés d’une attitude de passivité et de fatalité à celle de réaction contre toute forme d’injustice sociale.
Cependant, ce sur quoi nos concitoyens doivent mettre l’accent, si nous voulons vraiment sortir de cette situation d’impasse, c’est bien, entre autres, les préoccupations des milliers des Mauritaniennes et des Mauritaniennes qui, au jour le jour, luttent pour survivre. Il ne peut y avoir de justice sociale dans un pays quand la plus grande partie de la population est victime de la pauvreté, de la paupérisation, de l’analphabétisme, de l’illettrisme.

Dans moins d’un mois, en Mauritanie comme dans la plupart des pays de la sous région, c’est la rentrée scolaire. Déjà certains pères de famille s’interrogent sur ce qui les attend. A la lutte quotidienne pour trouver le pain familial, va s’ajouter bientôt les frais des fournitures scolaires. Ils ne savent plus à quel saint se vouer. Tellement les charges qui pèsent sur eux sont lourdes.
Chaque année, un nombre considérable d’enfants sont obligés de quitter l’école sans aucun diplôme par ce que tout simplement leurs parents n’ont pas assez de moyen pour assurer leur scolarité. Et dans trois ou quatre semaines, il est vrai, beaucoup d’entre eux ne répondront pas à l’appel des instituteurs. Une telle situation est indigne de note pays.
Les Mauritaniens, ensemble, doivent trouver une solution à cela pour qu’il puisse y avoir une justice sociale permettant à tous les citoyens de notre nation de profiter des biens de l’Etat. Il n’est plus besoin de dire que notre gouvernement a les moyens de venir en aide à ces milliers de parents d’élèves afin qu’ils puissent assumer leur responsabilité. Cette aide pourrait revêtir plusieurs formes.
Elle pourrait concerner, dans un premier temps, l’attribution des dons, au début de chaque année scolaire, aux élèves dont les parents n’ont pas le moyen de payer des fournitures scolaires à leurs enfants. Et, dans un second temps, l’Etat pourrait accorder une bourse à tout élève dont le revenu mensuel des parents ne permet pas de subvenir aux besoins de la famille et de prendre en charge la scolarité des enfants.
Tant que ce problème n’est pas régler, nous ne pouvons pas venter d’être dans un pays où la justice sociale et la démocratie règnent. Car, il est clair, si nous négligeons la scolarité des enfants pauvres d’aujourd’hui, c’est tout l’avenir de notre pays qui sera mis en question. Plus notre Etat accorde une chance de réussite à ces élèves pauvres, plus nous aurons la chance d’avoir, dans quelques années, des citoyens mauritaniens responsables et conscients de l’intérêt général de leur pays.
La Mauritanie, en d’autres termes, est un pays qui a du pain sur la planche sur plusieur domaines. La justice sociale, dans la Mauritanie d’aujourd’hui, c’est la lutte contre le chômage des diplômés qui se retrouvent, après leur formation universitaire, à la marge du monde professionnel, c’est, avec détermination, la lutte sans merci contre le sida qui constitue, que nous le voulions ou non, l’un des défis que nous devons relever aujourd’hui pour entre dans ce monde du XXI siècle naissant.
La justice sociale en Mauritanie, c’est, également, la bataille, au quotidien, contre le manque d’eau potable et le délestage de l’électricité. . Il n’est pas juste que certains quartiers de notre capitale soient toujours privés d’électricité et d’eau potable.
Le gouvernement de notre pays doit, de fait, faire en sorte que tous les citoyens aient un mode de vie digne. Il n’est pas du tout acceptable, aujourd’hui, de voir dans notre pays des citoyens qui, quand ils se lèvent le matin, ont la trouille au ventre à cause de ce qui les attends l’après midi
La justice sociale en Mauritanie, c’est également la lutte contre la corruption. Car c’est bien ce démon qui est la cause de tous les maux dont souffrent la population de notre pays. Ceux qui gaspillent ou pillent les biens publics de l’Etat doivent être rigoureusement poursuivis et traduits en justice. La campagne contre « les enseignants fantômes » qui vient d’être lancée par le ministère de l’Education Nationale de notre pays doit être encouragée.

Cette campagne doit s’élargir à toute l’administration de notre pays. Car il est indigne de percevoir un salaire si l’on ne travaille pas. C’est de la délinquance professionnelle. Ceux qui font cela n’ont aucune conscience civique. Des tels individus sont dangereux pour la Mauritanie d’aujourd’hui et de demain. Les Maurianiens doivent ttravailler en concert avec leur gouvernement pour l’émergence d’une société mauritanienne nouvelle et démocratique. Cette société nouvelle ne peut jamais être construite sur le mensonge et la négligence.

SOUMARE Zakaria Demba





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