samedi 15 septembre 2007

Mes quatre vérités

Notre pays, la Mauritanie, n’a pas, depuis son indépendance le 28 novembre 1960, réalisé un véritable développement économique, social, politique et infrastructurel. Les différents pouvoirs qui se sont succédé à la tête de la magistrature suprême de ce pays n’ont jamais clairement défini une politique de développement cohérente permettant de faire sortir notre nation du sous développement dans lequel elle se trouve depuis plus de trois décennies.
Un coup d’œil sur les réalités sociales, politiques et infrastructurelles suffit pour nous rendre aisément compte que beaucoup de choses restent encore à faire dans ce pays en matière de développement. Dans cette analyse ce qui semble surtout attirer notre attention, c’est bien l’insuffisance inquiétante des infrastructures (routes goudronnées, ponts…).
La dégradation de nos routes est une réalité qui, durant toute la période de l’hivernage, coupe une partie importante du territoire national du reste du pays. Les populations se trouvant dans le sud de la Mauritanie souffrent énormément de l’absence des routes goudronnées praticables et performantes pouvant leur permettre de circuler en toute liberté à travers tout le pays durant toute l’années. Le sud de notre pays, puisqu’il s’agit de lui, se retrouve ainsi isolé dans une sorte de no man’s land ne favorisant nullement le trafic entre les villages et les grandes villes du pays.
L’Etat de notre pays doit chercher, dans l’immédiat, à trouver une solution à ce manque d’infrastructures afin de désenclaver les deux régions (Gorgol et Guidimakha) qui sont particulièrement concernées par cette isolation. Seul ce désenclavement du sud du pays peut permettre de développer économiquement et socialement ces deux régions qui, durant les trois ou quatre mois de la saison des pluies, sont coupées presque totalement du reste du monde.
Aucun développement, de fait, ne peut se faire dans cette partie de la Mauritanie si les autorités ne prennent pas la peine et l’engagement ferme de faire des routes goudronnées et praticables durant les douze mois de l’année. Nous devons passer des promesses électorales, qui ont toujours promis aux populations la mise en place des infrastructures, à la réalité qui consistera à faire des routes reliant la capitale aux villages isolés du Sud.
S’il n’y pas des routes praticables entre ces villages et Nouakchott, il va sans dire que les échanges commerciaux et les flux migratoires des populations auront beaucoup de mal à suivre leur train normal. Les commerçants habitant dans cette partie de notre pays sont chaque année obligés de venir acheter leurs marchandises à Nouakchott avant l’arrivées des premières pluies de l’hivernage.

Durant les trois mois de la saison des pluies (juillet, août et septembre), aucun trafic ne possible. Les populations sont contraintes de se résigner à leur triste sort. Elles ne savent plus à quel saint se vouer. Elles se retrouvent, par la même occasion, comme emprisonnées dans ce coin reculé du pays où voyager vers les grandes villes (Kaédi, Nouakchott, Selibabyi…) devient un vrai cauchemar, pour ne pas dire impossible.
Depuis trois mois, avec l’élection de M. Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la tête de l’Etat mauritanien, notre pays a choisi de s’engager dans la voie de la démocratie, après deux décennies de dictature, d’obscurantisme et de laxisme. Le peule mauritanien, sans aucune forme de contrainte, a décidé, par la même occasion, de mettre toute sa confiance sur le candidat qu’il a sciemment choisi pour présider à son destin. Il est donc clair que dès le départ ce peule avide de liberté et de justice a signé un contrat avec celui qui est considéré aujourd’hui comme le premier garant du bien –être de tous les Mauritaniens.
Le respect de ce contrat exige que l’on réponde, d’une manière plus ou moins satisfaisante, aux besoins de ces Mauritaniens afin qu’ils ne regrettent pas d’avoir fait le mauvais choix en désignant Sidioca comme leur président. Satisfaire ces Mauritaniens, c’est leur donner la possibilité de se déplacer en toute liberté à l’intérieur de nos frontières nationales durant toute l’année. Cela ne peut être réalisable que si une politique cohérente de désenclavement du sud de notre pays est définie.

SOUMARE Zakaria Demba
soumarezakaria dembablog.fr

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