dimanche 9 septembre 2007

Mes quatre vérités



La Mauritanie a aujourd’hui, plus qu’hier sans doute, besoin de tous ses enfants, hommes et femmes confondus, pour son développement économique, social, politique et démocratique. Seule la participation de toutes les citoyennes et de tous les citoyens peut, il est vrai, permettre à notre pays de se redresser de son passé tumultueux jalonné de deux décennies de dictature, de laxisme, d’injustice sociale, de corruption, de gaspillage des biens publics de la nation. De fait, depuis l’arrivée au pouvoir de Monsieur Sidioca, il y a quatre mois si j’ai bonne mémoire, les choses semblent s’orienter vers le bon côté.
Les Mauritaniennes et les Mauritaniens commencent, d’une manière ou d’une autre, à prendre goût à la vie et à la liberté, même s’il y a quelques améliorations à faire dans la mesure où, précisément, nous assistons aujourd’hui en Mauritanie à un changement concernant plutôt certains aspects de la justice sociale tels que le retour des réfugiés, la traduction de Taya devant les instances juridictionnelles nationales ou internationales que des problèmes touchant immédiatement les citoyens dans le quotidien.
Cependant, l’initiative qui a été prise par les autorités d’en finir pour de bon avec un passé étouffant devrait être encouragé et soutenu par toute la population. Car la Mauritanie, en ce début du XXI siècle, fait face à plusieurs défis. Ces défis, pour être relevés, exigent de l’Etat mauritanien et de chaque citoyen un dévouement inconditionnel.
Le gouvernement de notre pays, avec le soutien des populations, doit s’engager objectivement à trouver une solution immédiate à ces défis qui gangrènent la vie quotidienne de nos citoyens. Si nous ne prenons pas la mesure d’intervenir auprès des populations afin de les soulager de leurs charges, il va sans dire que l’émergence de la Mauritanie nouvelle et juste que nous appelons de tout notre vœu n’est pas pour demain. Nous n’avons jamais cessé, en d’autres termes, de dire qu’un pays ne peut jamais se développer, quelques soient ses potentialités naturelles et humaines, si les besoins fondamentaux des populations ne sont pas satisfaits.
A ce jour, dans votre pays, il y a des familles qui survivent au quotidien alors que les ressources naturelles que la Mauritanie dispose, contrairement à d’autres pays de la sous région, devraient permettre, si seulement elles sont bien reparties, à tous les citoyens de mener une vie digne. Il est, dans ce contexte social difficile pour une grande partie de la population, de la responsabilité de tous les citoyens mauritaniens refuser qu’il y ait dans notre pays des familles qui n’ont pas les moyens de subvenir aux besoins les plus élémentaires de la vie. Des familles qui, au lever du soleil, s’inquiètent de ce qui les attend le soir. Il est de la responsabilité de chaque Mauritanienne et de chaque Mauritanien de dénoncer, pacifiquement, une telle situation de paupérisation inquiétante.
Le but de notre engagement social dans une situation de misère sociale généralisée, c’est, d’une main manière rigoureuse et déterminante, de faire en sorte que ces familles aient la possibilité de satisfaire leurs besoins au quotidien, que les pères de familles trouvent le moyen d’assumer leurs responsabilités vis-à- vis de leurs enfants. Il y va de l’intérêt de notre nation de trouver une solution immédiate à ce problème. Car un père de famille qui n’a pas de quoi nourrir ses enfants n’aura sans doute pas le temps de s’occuper de leur éducation.
L’Etat de notre pays doit prendre des mesures nécessaires afin ses ces familles pauvres aient les moyens de leur subsistance afin qu’ils puissent s’acquitter de leur responsabilité parentale. Le but notre responsabilité dans ce contexte social où certains enfants sont privés de l’éducation, c’est de faire en sorte que ces derniers aient accès à une formation de qualité pouvant leur permettre de sortir un jour leurs parents de la misère dans laquelle ils se trouvent. Ces enfants ainsi que leurs familles doivent trouver leur place, avec dignité, au sein de notre communauté. Nous ne pouvons pas prétendre avoir réussie à mettre en place une société mauritanienne juste si, au préalable, nous ne trouvons pas une solution urgente à ces défis qui constituent un grand obstacle pour notre pays.
Notre conscience « citoyenne » ne doit jamais cautionner l’ignorance et le manque de formation d’une partie importante de nous compatriotes faute de moyens. Si nous ne prenons pas le temps, le soin et la peine de nous occuper des enfants mauritaniens d’aujourd’hui, il est incontestable que nous nous acheminons vers une Mauritanie plus médiocre où il y aura nous allons assister impuissants à la pratique de toutes sortes d’injustices sociales. La formation de ses enfants mauritaniens est une priorité de première nécessité. Le développement de notre doit passer par l’éducation et la formation de tous les enfants mauritaniens sans aucune forme de distinction sociale.
Notre responsabilité est grande dans ce combat. Nous devons en finir, pour de bon, avec la tradition de démission que nous adoption (adoptons) consistant à mettre toutes les responsabilités sur le dos des autorités. Il est sans doute vrai que l’Etat est le premier garant du bien-être de la population.
Cependant cela ne doit pas nous dédouaner, pour autant, de nos devoirs voire de nos responsabilités. Nous devons, chacun et chacune, contribuer, selon nos compétences respectives, à la construction de la Mauritanie nouvelle et démocratique qui commence à émerger de son passé douloureux. Cela exige une prise de conscience civique. Nous regrettons, vraiment, de rappeler ici qu’en Mauritanie la conscience civique nous beaucoup défaut. Mais il n’est jamais trop tard de prendre conscience et de réparer nos erreurs.

SOUMARE Zakaria Demba


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