mardi 25 septembre 2007

Les ratés de la rentrée


Dans moins d'un mois, les élèves de la Républiques mauritanienne reprendront le chemin de l'école comme la plupart de ceux de la sous-région. Après trois ou quatre mois des vacances scolaires, les voilà qui se retrouvent pour partager, durant les neuf mois de l'année scolaire, les mêmes joies, les mêmes angoisses et les mêmes déceptions. Dans moins de deux ou trois semaines, de fait, ils se retrouveront devant la même situation de manque de conditions matérielles qui, il est vrai, les empêche de travailler convénablement. Durant les neuf mois que dureront l'année scolaire, nos pauvres élèves se verront comme obligés de se contenter, impuissants, de leur triste sort.
De fait, un état des lieux, si rapide soit-il, sur la situation générale des écoles mauritaniennes en générale et celles du sud du pays en particulier suffit aujourd'hui pour nous rendre aisément compte combien les conditions dans lesquelles évoluent nos élèves est de nature à susciter de très vives inquiétudes devant interpeller les autorités publiques et les organisations non gouvernementales de bonne volonté.
Dans certains villages, en effet, rares sont les salles de classes dont le nombre d'élèves ne dépasse pas la centaine. Face à une telle situation de désolation généralisée où plus de cent élèves se retrouvent dans une salle de classe, les enseignants ne savent plus à quel saint se vouer pour mener à bien leur classe. A cela, de fait, il faudrait ajouter le manque on ne peut plus inquiétant d'équipements (matériels pédagogiques, tables, chaises, entre autres).
Certains de nos villages, ne supportant plus une telle démission de nos autorités en matière d'investismment pour la construction des infrastructures, sont obligés eux-mêmes de prendre en charge la construction de leurs écoles et de leur équipement matériel, grâce aux fonds envoyés par leurs ressortissants se trouvant en Europe. Il est, de fait, de la responsabilité de notre Etat en général et du Ministère de l'Education nationale en particulier de refuser cela. Il n'est pas, en d'autres termes, de la responsabilité des populations locales de s'occuper de la construction des écoles, encore moins de leur équipement. Si la Mauritanie veut réellement entrer dans le monde "moderne", elle doit au préalable accorder une attention particulière au bon fonctionnement de son système éducatif. Et le bon fonctionnement de ce système éducatif suppose que toutes les conditions matérielles soient d'abord mises en place afin de permettre à nos élèves d'évoluer dans le domaine des connaissances d'une manière positive.
Si les élèves ne disposent pas de salles de classes suffisantes, bien équipées et modernes, s'ils ne sont pas bien équipés en matériels scolaires suffisants (livres et autres fournitures scolaires) pour leur développement intellectuel, si les enseignants ne sont pas aidés dans leur travail, si l'Etat refuse de faire face à ses responsabilités, il va sans dire que l'avenir de nos élèves est plus que jamais menacé. Pour éviter cela, un programme cohérent de développement infrastructurel (construction et équipement des nos écoles, des bibliothèques) doit vraiment être défini sans délai.

SOUMARE Zakaria Demba

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