mardi 4 septembre 2007

Le sens de notre citoyenneté


Etre citoyen/citoyenne d’un pays, c’est avant tout exiger de soi-même une conscience morale et civique ; c’est, en d’autres termes, accepter, sans concession, de sacrifier ses intérêts particuliers pour l’intérêt général de la nation. Les citoyennes et citoyens mauritaniens doivent, en ce début du mandat du pouvoir civil, prendre conscience de la nécessité de s’engager corps et âme pour l’émergence et la rentrée de leur pays dans le concert des pays « modernes » et démocratique. De fait, cette prise de conscience de nos compatriotes, hommes et de toutes tendances confondues, doit se faire dans une parfaite collaboration avec le pouvoir en place. Cela suppose, au préalable, que les populations et l’Etat s’engagent, concrètement, dans l’élaboration d’un programme déterminé de formation civique. Car, il est vrai, ce qui manque aujourd’hui à nos concitoyens, c’est l’absence presque totale d’intérêt pour le civisme. La démission, sur le plan civique, que nous constatons aujourd’hui dans la société mauritanienne est grave et elle de nature à susciter de légitimes inquiétudes. Notre pays ne pourra jamais se développer économiquement, politiquement, démocratiquement et culturellement si nous ne prenons pas la peine, d’une manière ferme et inconditionnelle, à faire des sacrifices. Le premier sacrifice que tout citoyen mauritanien devrait faire est d’ordre moral. Car sans conscience morale rien ne pourrait réellement être fait qui puisse être utile à la Mauritanie et aux Mauritaniens. La prise de conscience de cet engament moral devrait être une priorité de première heure si nous voulions voir émerger une nation mauritanienne forte, juste et démocratique où toutes les couches sociales, sans aucune forme de distinction raciale, pourront trouver leur place. Pour cela, en effet, il va s’agir d’abord de modeler une participation citoyenne massive sur la conscience de la responsabilité et non sur un vague sentiment d’appartenance à un même pays. En d’autres termes, pour être clair, la conscience civique dont nous avons besoin aujourd’hui pour la « construction » de notre pays doit être un engagement concret. Il ne suffit seulement de se penser ou se considérer citoyen mauritanien. Le sens de notre engagement civique doit aller bien au-delà de la simple manifestation sentimentale de notre « mauritanitude ». Bien au contraire, le sens de cet engagement civique doit être social. Nous devons prendre conscience que le développement de la Mauritanie exige de chacun et chacune d’entre nous une contribution, si minime soit-elle, afin que puisse voir le jour la nation mauritanienne que nous espérons depuis l’arrivée au pouvoir d’un régime civil il y a seulement trois ou quatre mois. Nous devons, Mauritaniennes et Mauritaniens de toutes idéologies et de toutes races confondues, comprendre que le « décollage » de la Mauritanie de demain ne doit pas être uniquement une affaire des autorités en place. Chaque citoyen, du président de la République au pays de Toulel, doit, selon ses capacités, apporter sa contribution au développement de notre pays. Le but de notre engagement civique doit être un refus catégorique de toute forme de démission de notre responsabilité. Dire que seul l’Etat a la compétence et le devoir d’intervenir pour le bien-être de la nation est une forme de démission de nos devoirs civiques. Etre citoyen, c’est veiller, avec ou sans l’Etat, au bon fonctionnement, sur tous les plans, de notre société. Si l’Etat, ce qui est le cas aujourd’hui en Mauritanie, acceptait d’assumer ses responsabilités, les citoyens ne devraient avoir aucun que de s’engager avec lui pour définir ensemble un programme cohérent de développement permettant au pays de sortir de la situation dans laquelle il se trouve. Si, au contraire, l’Etat démissionnait de ses responsabilités, il est du devoir des citoyennes et de citoyens d’assumer les leurs.

SOUMARE Zakaria Demba

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