mercredi 19 septembre 2007

La pauvreté n'est pas une fatalité !

La Mauritanie, à l’instar de la plupart des pays du « tiers monde », est un pays classé parmi les pays les plus pauvres et les endettés. Un coup d’œil sur les couches sociales vulnérables suffit pour nous rendre compte, aisément, combien la situation empire de jour en jour. Les populations, d’année en année, sombrent dans la paupérisation presque totale. Les besoins les plus urgents de la vie quotidienne, sans lesquels aucun espoir n’est envisageable, ne sont presque jamais satisfaits.
Les pères de famille, dont le revenu mensuel très insuffisant ne permet pas de répondre de leur responsabilité, croulent sous le poids de l’endettement. Leurs enfants, par la même occasion, ont l’impression que le destin s’acharne sur eux. Tellement leur avenir semble scellé. Cependant, ce qu’il faudrait relever dans ce contexte social de pauvreté généralisée, c’est que, de fait, cette pauvreté n’est pas une fatalité.
La pauvreté, depuis le début de l’humanité, participe de l’ordre normal et anormal des choses. Nous ne pouvons pas valablement imaginer un monde sans pauvres. Cela n’a jamais existé, et cela n’existera jamais, sans doute. La division binaire de notre monde en pauvres et en riches a toujours existé, et existera toujours jusqu’à la fin des temps.
Mais la fatalité, dans cette conjoncture sociale difficile pour les milliers des Mauritaniennes et Mauritaniens, c’est que nous refusons, sciemment ou inconsciemment, de nous attaquer aux racines de cette pauvreté qui gangrène notre nation. Dans chaque difficulté il y une ou plusieurs solutions. Mais si nous ne prenons pas le temps d’aborder frontalement les problèmes auxquels nous sommes confrontés, il va sans dire que nous ne parviendrons jamais à endiguer la pauvreté de nos concitoyens.
Aborder le problème de la pauvreté en Mauritanie, c’est s’attaquer à nos fonctionnaires corrompus. C’est, d’une manière déterminante, poursuivre et juger tous ceux qui sont, de près ou de loin, impliqués dans des opérations de malversation des biens publics de l’Etat. C’est la seule façon nous permettant de faire disparaître la souffrance des Mauritaniens qui vivent avec moins d’un euro par jour.
La fatalité, c’est le fait qu’un tiers de la population de notre pays se partage les richesses et les biens publics de l’Etat tandis que les deux ou trois tiers restant survivent au quotidien. Etre pauvre n’est ni un défaut, ni une infraction, ni, encore moins, une fatalité. La fatalité, c’est le fait de ne rien faire pour consoler les pauvres. La fatalité, c’est augmenter, chaque jour davantage, une charge aux charges des besogneux.


SOUMARE Zakaria Demba


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