vendredi 7 septembre 2007

Brèves notes de lecture



Le thème de la migration dans la fiction romanesque négro-africaine francophone ne date pas d’aujourd’hui. De Force Bonté (1926) du tirailleur sénégalais Bakari DIALLO à Bleu Blanc Rouge (1998) du Congolais Alain MABANCKOU, les romanciers noirs d’Afrique de langue française ont toujours produit des œuvres romanesques avec des personnages émigrants.

La migration des héros s’effectue principalement, pour ne pas dire uniquement, dans le sens de Afrique – Europe ou Europe – Afrique ; cependant qu’il existe d’autres directions, comme celles de village – ville ou ville –village (pour les migrations internes) et Afrique – Afrique ou migrations interafricaines.

Les raisons qui sont à l’origine de la mobilité des personnages romanesques négro-africains francophones sont diverses. Certains protagonistes émigrants quittent leur pays d’émigration ou d’origine pour des raisons psychologiques, économiques, attractives ; tandis que d’autres (comme par exemple les réfugiés de Murambi, le livre des ossements) se déplacent pour des motifs purement sécuritaires, compte tenu de la situation d’instabilité généralisée qui règne dans leur pays.



Cette migration des personnages dans le paysage romanesque négro-africain francophone, comme d’ailleurs tout mouvement migratoire, entraîne des conséquences tant économiques, socio-culturelles qu’humanitaires considérables à la fois dans les deux pays d’émigration et d’immigration.

Il n’est pas du rôle de la littérature d’apporter des solutions aux flux migratoires des populations du Sud vers le Nord. Cependant, nous estimons nécessaire de suggérer un certain nombre de mesures permettant, nous semble-il, de maintenir les émigrants dans leur pays d’origine. Parmi ces mesures, il faut particulièrement noter l’équilibre dans les échanges commerciaux internationaux entre les pays du « tiers monde » et ceux de l’Union européenne.

Les pays européens, après le drame de Ceuta et Melila en 2005 et les vagues d’émigrants clandestins qui ont pris une ampleur inquiétante ces derniers temps, ont organisé plusieurs sommets tant en Afrique qu’en l’Europe pour ainsi mettre fin aux flux migratoires illégaux des populations africaines vers « l’Eldorado européen. » Sommets après sommets, aucune solution fiable ne semble s’afficher à l’horizon. Car ce que les dirigeants européens semblent ignorer est que la migration des Africains vers Europe est due, en grande partie, à l’échec des différentes politiques de développement.

Tant que les États du Nord et ceux du Sud n’ont pas résolu cette question, il y aura toujours des candidats à la migration clandestine qui se feront tuer aux portes de l’Europe, en tentant de forcer les barrières métalliques forgées par certains pays européens (Espagne, Italie...) à leurs frontières. Il y a aussi une grande part de responsabilité des dirigeants africains corrompus qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts au détriment de ceux qu’ils gouvernent.

Déjà, en 2005, la France et l’Espagne, avec la participation des pays africains (Mauritanie, Mali, Sénégal, Libye, Maroc, Tunisie, entre autres) d’où partaient ces migrants clandestins en quête d'une meilleure condition de vie, décident d’organiser un sommet pour parler de la migration incontrôlée des populations du Sud vers le Nord. Mais tous les sommets finiront en queue de poisson, tant qu’une solution équitable et fiable dans le partage des ressources naturelles n’aura pas été trouvée. Car la migration est la résultante des rapports pervers entre le Nord nanti et le Sud appauvrit : seule la transformation en profondeur de ces rapports apportera une réponse sûre et durable à ce drame des temps modernes.

Plusieurs hommes politiques français, à l’instar de leurs homologues européens, ont présenté leurs politiques migratoires qui sont toutes restées inefficaces. De Charles PASQUA (ancien ministre de l'Intérieur français) à Nicola SARKOZY, rien de nouveau ne semble s’afficher à l’horizon qui puisse résoudre les problèmes de la migration/immigration. Nous nous souvenons que l’idée de SARKOZY de favoriser une « immigration choisie » a été battue en brèche voire dénoncée comme un pillage des cerveaux africains.

« Pour certain nombre de personnalités africaines, affirme François SOUDAN, comme Alpha Omar KONARE, Abdoulaye WADE, Abdou DIOUF, Hama AMADOU ou encore le chanteur Alpha BLONDY et la militante associative Aminata TRAORE […] cette politique n’est autre chose qu’une version modère de la traite, le pillage des cerveaux. »

L'avenir des sociétés du Sud et du Nord devrait être bâti sur des bases solides de confiance dans le commerce mondial régi par des politiques de bonne gouvernance et de partage équitable des ressources naturelles et humaines.


SOUMARE Zakaria Demba

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