vendredi 28 septembre 2007

Brève réflexion sur la violence sexuelle dans la tragédie rwandaise de 1994

Dans une folie généralisée comme celle du pays des mille collines de 1994, toutes les portes du mal sont ouvertes, dans une sorte d’impunité sans limite. Les forces du mal et du diable se libèrent et s’unissent, dédouanant ainsi les criminels sans scrupules et avides de sang humain et de terreur de toute poursuite judiciaire ou pénale. Pendant les trois mois (avril, mai et juin) fatidiques du génocide du Rwanda, des femmes et des filles de tous âges confondus furent particulièrement victimes des violences sexuelles inhumaines, indescriptibles, indicibles et intraduisibles par les mots, malgré le projet d’écrire intitulé : Rwanda, écrire par devoir de mémoire dont l’objectif principal était d’inviter une dizaine de romanciers africains à aller sur place afin de mesurer de très près l’ampleur des atrocités et des massacres dans une indifférence totale et complice de la communauté internationale, quatre ans après les faits. Une dizaine des textes exposant les réalités de ce drame sans visage a vu le jour au retour du voyage. De fait, il suffit de faire un rapide parcourt de ces textes pour se rendre compte de toute l’ampleur de la violence physique et sexuelle faite à ces milliers des femmes et des filles tutsi sans aucune défense. Ces mères de famille et ces filles à la fleur de l’âge furent sauvagement violées par des interahamwe (tueurs hutu) parfois séropositifs. Cette violence sexuelle était tellement bien organisée que les survivantes resteront toujours marquées leur vie durant, surtout que certains violeurs, qui se savaient par ailleurs atteints du sida, avaient pour but de contaminer leurs victimes. Les scènes de viol décrites par les textes du projet ci-dessus sont, à la limite, insupportables à lire comme en témoigne cet extrait tiré de Murambi, le livre des ossements du romancier sénégalais Boubacar Boris Diop : " une jeune femme, parfois juste une frêle gamine, est étendue contre un mur, jambes écartées, totalement inconsciente […] Quand ils [les interahamwe] ont fini [de la violer], ils […] versent de l’acide dans le vagin ou […] enfoncent dedans des tessons de bouteilles ou des morceaux de fer. " (Murambi, p 124). Ces genres de scène de violence sexuelle sont récurrentes dans presque tous les textes publiés sur ce génocide aux caractères insoutenables et inhumaines.
SOUMARE Zakaria Demba

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