samedi 29 décembre 2007

Mes quatre vérités

Dans son ouvrage intutilé L'Islam à la croisée des chemins, le penseur musulman d'origine autrichienne, Muhammada Asaad, constate que : « rarement une période fut intellectuellement plus agitée que la nôtre. Nous ne sommes plus seulement confontés à une multitudes de problèmes nécessitant des solutions nouvelles et sans précédent, mais même l'angle de vue sous lequel ces problèmes se présetent à nous nous diffère de tout ce à quoi nous avons été habitués jusqu'à présent. Dans tous les pays, la société traverse des changements fondamentaux. Le rythme auquel cela se produit est partout différent, mais partout nous abservons la même énérgie 1préssante qui ne permet ni halte ni hésitation. »2 Ce passage, de fait, est plein d'enseignements. Il nous apprend, d'une manière pertinente, le combat dans lequel notre monde est plus que jamais engagé dans ce début du XXI siècle pour plus de progrés sur tous les plans. Or, nous le regretons, la société mauritanienne, comparée à d'autres sociétés du monde ou de la sous région comme le Sénégal, pour ne citer que cet exemple-là, semble tourner le dos à tout progrès. Un coup d'oeil, si rapide soit-il, sur les réalités sociales, politiques et économiques de notre pays fait ressort une sorte de entiment de désolation, de démission, de laxisme qui frôle, il est vrai, le découragement. Ce pays est, depuis son indépendance le 28 novembre 1960, soit quarante sept ans d'existence, jour pour jour, ne possède qu'une seule télévision. Or dans certains pays de la sous région, la « révolution médiatique » semble trouver son chemin depuis déjà quelqques décennies. De meême, depuis maintenant quatre décennies, la République mauritanienne ne dispose qu'une seule « radio » digne de ce nom. Or, dans un pays démocratique, les jeunes, les intellectuels, les politiciens de toutes tendances confondues, les acteurs sociaux, entre autres, ont besoin d'un cadre, d'un canal leur permettant de véhiculer, sans aucun obstacle, les idées, leurs quatre vérités tant sur la situation sociale, politique qu'économique de leur nation. Si notre Etat veut réellement aller de l'avant, entrer dans le concert restreint des nations « modernes » et développées, il doit, dans l'immédiat, et de façon déterminante chercher à trouver une solution adéqute et concrète au défis de la « révolution médiatique » qui, il est vrai, est l'une des garanties d'un vrai développement. Pour cela, en effet, notre pays ne doit se permettre ni « halté » ni « hésitation », pour reprendre les termes de Muhammad Asaad.


SOUMARE Zakaria Demba

1C'est nous qui soulignons

2Muhmmad Asaad, L'Islam à la croisée des chemins, Bruxelles, Edition Renaissance,(éedition) 2004, p, 11.

vendredi 21 décembre 2007

Aperçu sur le mythe de l'ailleurs en milieu soninké

Aperçu sur le mythe de l'ailleurs en milieu soninké

Dans cette réflexion, notre ambition n'est nullement de faire une étude exhaustive du mythe de l'ailleurs chez les Soninké. Ce sujet, il est vrai, peut faire l'objet d'une étude scientifique approfondie. Notre objectif, de fait, est de donner, d'une manière très concise, une idée, un aperçu sur la manière dont la communauté soninké de la Mauritanie, du Sénégal et du Mali conçoit la migration. Cette migration, comme nous allons le voir brièvement, est toujours accompagnée d'une sorte d'idéalisation du pays d'immigration qui fait que pour tout jeune homme soninké le voyage en Occident, en France ou en Espagne particulièrement, est synonyme de la réussite totale. Cette réflexion n'étant pas exhaustive, nous "conseillons" aux lecteurs qui veulent approfondir ce sujet la lecture de : Les Diasporas des travailleurs soninké (1848 – 1960) de François MANCHUELLE et Les Soninké en France de Mohammad TIMERA. Avant de présenter sommairement ce mythe de l'ailleurs chez les Soninké, un bref rappel historique des mouvements migratoires des Africains vers la métropole s'impose afin de mieux saisir le contexte dans lequel ce mythe a vu le jour.

La migration des Africains francophones vers la métropole s’est faite, au début, de deux ou trois manières. D’abord, ce furent les colonisés, contraints de participer à l’effort de guerre pendant les deux grands conflits mondiaux (1914-1918 et 1939-1945), qui étaient les premiers à venir en France pour combattre aux côtés de l’armée française. Entre 1914 et 1918 plus de 200000 « tirailleurs sénégalais », dont 30000 trouvèrent la mort, ont participé à la guerre aux côtés des troupes alliées. Un grand nombre de romans négro-africains francophones rendent comptent de la mobilisation de ces « tirailleurs sénégalais » dans une guerre qui leur était complètement étrangère. C’est le cas par exemple de O pays mon beau peuple du romancier sénégalais Sembene OUSMANE, Force Bonté du tirailleur Bakary DIALLO, L’Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou KANE, Morts pour la France de Doumbi FACOLY…

Ensuite, ce furent les ouvriers manuels qui, après les Deux Guerres mondiales, appelés par la métropole pour sa reconstruction, ont massivement émigrés en France. Gaston KELMAN dans son essai qui s’intitule Je suis noir et je n’aime pas le manioc écrit :

« La France, comme la majorité des pays européens, se trouve devant la nécessité de moderniser l’outil de production vieillissant [avait jugé qu’elle] n’a pas le moyen de se lancer dans un chamboulement coûteux et qu’elle gagnera à recourir à l’importation de la main d’œuvre [de ses] colonies d’Afrique. »

C’est ainsi que les Africains, à la recherche de meilleures conditions de vie, avaient décidé de quitter leurs familles pour aller travailler, dans des conditions déplorables, en Europe. En fin, dans cette aventure européenne des Africains, il faudrait également signaler la présence des étudiants qui venaient ou qui viennent achever leur formation dans les universités et institutions françaises. Au départ, nous avons assisté à ce que les sociologues ont appelé « la migration des célibataires ou d’hommes seuls ». Ensuite, selon les mêmes sociologues, ce fut « le regroupement familial » à partir des années 1970. En 2004, 4,5 millions d'immigrés âgés de moins de 18 ans ou plus vivent en France métropolitaine ; ils représentent 9,6 % de la population du même âge contre 8,9 % en 1999[53]. « Alors que la population immigrée a longtemps été composée d'une majorité d'hommes venus en France pour travailler, les femmes, arrivées par le biais de regroupements familiaux, sont aussi désormais aussi nombreuses que les hommes (50,3 %).»

Les Soninké, comme la plupart des populations ouest africaines, furent parmi les premiers à avoir choisi l’émigration en Occident, en France et en Espagne particulièrement, comme une option de survie. Au sortir de la seconde guerre mondiale, pour des raisons économiques et de l’appel de la France à ses colonies pour sa reconstruction d’après –guerre, les jeunes et les moins jeunes de la communauté soninké du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie, qui avaient le goût de l’aventure "dans le sang", ont décidé d’aller chercher fortune ailleurs. Ce goût de l’aventure chez nos Soninké avait continué grandissant jusqu’au début des années 1970. De fait, ces années furent, dans les pays du Sahel, une dure période sécheresse et de famine. Pour sauver leurs familles de la misère sociale, économique ambiante, les jeunes soninké étaient comme condamnés d’abandonner champs et cultures pour aller "vendre" leur force de travail ou faire du commerce dans les grandes villes (Dakar, Nouakchott, Abidjan…). Les plus déterminés d’entre eux ont réussi à aller un peu plus loin, en Europe. Cette migration des jeunes soninké en Occident s’accompagna (s’accompagne encore) d’une sorte de mythe qui fait que tout immigrant soninké vivant en Europe est considéré au village comme un héros. Ce mythe fut (est) alimenté et entretenu à la fois par le migrant lui-même et son entourage direct ou indirect. Le migrant soninké, en effet, au retour de son aventure européenne pour des vacances de deux ou trois mois, par ses différents gestes, sa façon de s’habiller et les récits qu’il fait de son aventure, crée tout un mythe autour de sa personne, et par la même occasion, il donne sciemment ou non une image « paradisiaque » du pays d’immigration (France ou Espagne). Cette image est d’autant plus ancrée dans l’imaginaire des populations que tous les jeunes se sentent comme envahis d’un sentiment incontrôlable qui les fait rêver d’une Europe où ils pourraient facilement se faire beaucoup d’argent. Tout le monde, dans la communauté soninké, participe à ce mythe. Finalement, nous assistons dans notre communauté, comme d’ailleurs dans toutes les autres communautés ouest africaines, à une sorte de « société du paraître » pour ne pas dire d’ostentation où n’ont de valeur que les jeunes qui ont émigré en Europe. Ce mythe est tellement enraciné dans les mentalités que toute tentative de la combattre s’avère être vain dès le départ. Or, il est de la responsabilité de chacun (e) d’entre nous, Soninké ou non, de nous engager dans une vraie campagne de sensibilisation afin de combattre ce mythe qui fait, il est vrai, dans la communauté soninké plus de mal que de bien. Les jeunes doivent comprendre que l’image que l’on fait véhiculer de l’Europe n’est pas tout à fait exacte. Que l’Europe, tout comme l’Afrique, a ses pauvres.

SOUMARE Zakaria Demba


vendredi 7 décembre 2007

Pour une autopsie d'une catastrophe

Depuis la création du site de Cridem, les citoyennes et les citoyens de la République mauritanienne ont eu, plus que jamais sans doute, la possibilité de non seulement s'informer sur ce qui se passe dans leur pays, mais aussi de dire leurs quatre vérités à qui veut les entendre, d'apporter un regard on ne peut plus critique sur les affaires sociales, politiques, économiques et culturelles de leur pays. Ce qui, il est vrai, était presque impossible, et relevait d'un grand défi il y seulement quelques mois. Il ressort, de fait, des différents articles publiés sur ce site une image d'une Mauritanie qui se cherche, qui va mal, qui essaie, tant bien que mal, de se remettre de deux décennies de dictature. Il est sans doute vrai qu'un pays comme le nôtre ne peut pas prétendre aller mieux quand une vraie politique de développement n'est pas mise en place. Un pays va mal quand les deux ou trois tiers de la population se trouvent dans la pauvreté, la paupérisation ; oui un pays va mal quand les enfants issus des familles pauvres sont comme condamnés d'hériter la pauvreté de leurs parents ; un pays va mal quand les filles ne bénéficient pas au même traitement dans la scolarisation ; un pays va quand, dans le quotidien, des centaines de pères de famille ne savent pas à quel saint se vouer, tellement ils se sentent envahis des difficultés de toute sorte ; un pays va mal quand la richesse de la nation, toute la richesse, est partagée par une minorité ; un pays va mal quand on refuse de s'attaquer "frontalement" à la corruption, au laxisme ; quand ceux qui detournent les biens publics de l'Etat dorment sur leurs deux oreilles sans être inquiétés par une éventuelle poursuite judiciaire ; un pays va mal quand ses intellectuels choisissent l'aventure sous d'autres horizons ; quand ses diplômés sont sans travail, et abandonnés à eux-mêmes. Pour que notre pays, la Mauritanie, puisse réussir son entrée dans le concert des nations qui veulent réellement aller de l'avant, qui travaillent à trouver des solutions concrètes aux défis auxquels leurs citoyens sont confrontés, nos autorités doivent accepter de faire un sacrifice. Faire un sacrifice, c'est, avant tout, accepter de reconnaître l'existence des défis cités plus haut. C'est, en d'autres termes, accepter d'écouter les populations. Nous avons l'impression, hélas, que dans ce pays les citoyens ont longtemps été oubliés par les pouvoirs publics. Le président de la République, depuis son arrivée à la tête de la magistrature suprême il y quelques mois, a entamé une politique de rapprochement, qui le distingue de ses prédécesseurs, qui doit être soutenue par toutes les parties sociales mauritaniennes. C'est, à notre avis, la seule solution permettant de sortir de la situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui en Mauritanie.


SOUMARE Zakaria Demba


mardi 4 décembre 2007

Il y a quarante sept ans, la Mauritanie accédait à l'indépendance

La République mauritanienne, comme la plupart des nations africaines au sud et au nord du Sahara, a accédé à son indépendance à la fin du siècle dernier. Contrairement à d'autres pays jadis sous domination étrangère, qui ont arraché leur liberté aux mains du dominateur à coup de fusils et d'attentats (Algérie), notre pays n'a fait recours à aucune forme de violence pour se libérer de la puissance coloniale. A la veille de cette indépendance tant souhaitée par les peuples, l'enthousiasme, la joie et l'espoir de voir enfin le pays libérer des envahisseurs étaient tellement forts que toutes les couches sociales nourrissaient l'espoir de mener une vie digne de ce nom. Une vie permettant enfin aux "citoyennes" et aux "citoyens" mauritaniens de bénéficier de toutes les richesses de leur pays. Cependant, au lendemain du 28 novembre 1960, l'enthousiasme et l'euphorie laissèrent la place au désespoir. Les populations mauritaniennes, comme celles des pays de la sous région, se sont retrouvées face à des régimes de dictature dont les responsables, qui ont le plus souvent hérité du système colonial, sont plus enclins à défendre leurs propres intérêts et ceux de l'ex colonisateur que de s'occuper des besoins de ceux aux côtés desquels ils ont mené le combat (politique ou armé) pour libérer leur nation. Résultat : après quarante sept ans d'indépendance, en Mauritanie, nous nous retrouvons, il est vrai, dans une vraie situation socio-économique et sociopolitique qui ne présage rien de promettant. De jour en jour, hélas, les citoyennes et les citoyens ne cessent de se plaindre de l'augmentation vertigineuse des prix des produits de première nécessité ; les pères de famille n'ont plus de quoi satisfaire les besoins les plus urgents de leurs familles ; les enfants, faute de moyen, ne sont plus convenablement scolarisés ; les jeunes diplômés préfèrent aller tenter l'aventure européenne ou occidentale que de rester servir leur nation. Une telle situation ne peut de fait changer que si nos autorités acceptent de regarder réellement les choses en face. Un réel rapprochement des population doit voir le jour devant permettre aux populations d'exprimer leurs quatre vérités, leurs préoccupations au quotidien. Je ne remets cependant pas en cause les efforts que le gouvernement de M. Sidi Ould Abdallah est en train de fournir pour sortir le pays de l'impasse dans lequel il se trouve. Mais cet effort doit s'accompagner d'une réelle intention d'en finir pour de bon avec les cauchemars qui hantent les nuits de nos compatriotes.


SOULMARE Zakaria Demba

dimanche 25 novembre 2007

Aperçu sur la patience en islam


La notion de patience, en religion islamique, occupe une place on ne peut plus capitale dans le rapport que les fidèles, hommes et femmes confondus, entretiennent avec le Seigneur de l’Univers. Rien, dans les pratiques cultuelles du musulman, ne saurait se concrétiser sans le recours inévitable à la patience. Un nombre considérable des versets coraniques insistent sur cette vertu sans laquelle, il est vrai, aucune persévérance dans l’adoration de l’Unique ne peut être envisageable. La patience, telle qu’elle est employée dans le Coran, pourrait signifier : supporter ce que l’on abhorre en quête de l’agrément d’Allah. Dans son livre intitulé La notion de la patience dans le Coran[1], le penseur Youssouf Al-Quardawi remarque, avec raison, que : « ce que l’individu [le croyant] abhorre peut revêtir diverses formes ». Dans le même ordre d’idées, l’Imama Al-Ghazali affirme : « sache qu’il existe deux catégories de patience : une catégorie physique telle que l’endurance et la résistance par rapport aux efforts physiques, soit en s’adonnant à des travaux pénibles, soit à travers les pratiques cultuelles ou autres, ou bien en supportant avec patience des coups violents, une maladie ou des blessures graves. » Cependant, dit-il, le plus méritoire, c’est l’autre catégorie de patience, à savoir l’abstention par rapport aux désirs et appétits ou aux exigences de la passion. Il nous semble clair, de fait, que la patience dans la vie et les pratiques cultuelles du musulman occupe une place de choix. La patience, pour ainsi dire, est l’une des caractéristiques fondamentales du fidèle en islam. Elle est, autrement dit, la colonne vertébrale maintenant l’adorateur dans l’accomplissement de ses responsabilités vis-à-vis de son Créateur. Dans le Texte coranique, en effet, nous relevons : « ceux qui se montrent patients dans l’adversité [la pauvreté], dans la douleur [le malheur], et au moment du danger. Voilà les hommes sincères ! Voilà les hommes pieux » (2 : 77).

Dans son analyse du sens de la patience, l’Imam Al-Ghazali affirme que :

« la patience est un attribut de l’homme et ne peut se concevoir ni chez les animaux ni ses les anges ; les animaux pour leurs insuffisances et les anges pour leur perfection. [...] Les animaux sont dominés par leurs instincts dont ils sont dépendants. L’action et le repos sont, chez eux, mus par le désir. Il n’y a aucune force qui puisse s’y opposer et en empêcher la satisfaction, une force de résistance que l’on pourrait qualifier de « patience ». Quant aux anges, ils se consacrent exclusivement au désir de la présence divine et au bonheur ineffable que leur procure Sa proximité. L’être humain, quant à lui, est au cours de sa prime enfance aussi diminué qu’un animal. Il n’existe en lui que le seul désir de la nourriture qui lui est nécessaire. Puis aparaissent le désir de jouer, la défiance et le désir sexuel. Durant l’enfance, il ne possède aucune patience, car la patience représente une force de résistance opposée à une autre force, et qui luttent entre elles, compte tenu de l’opposition qui existe entre leurs exigences et leurs demandes.

Seule, il est vrai, la patience peut aider le croyant à persévérer dans ses pratiques cultuelles. Beaucoup de verstes du Coran incitent les fidèles à la patience, comme nous pouvons le constater dans ce verset : « O les croyants ! Cherchez secours dans l’endurance et la salât. Car Allah est avec ceux qui sont endurant [patients]. (Coran, 2 :153).

SOUMARE Zakaria Demba



[1] Youssouf A. La patience dans le Coran, Lyon, Tawhid, 2000, p 20.

jeudi 22 novembre 2007

Mes quatre vérités

Il n’est plus besoin de rappeler qu’aujourd’hui, plus qu’hier sans doute, les citoyennes et les citoyens de la République mauritanienne font face à des défis de nature urgente qui, il est vrai, exigent de chacun (e) un sens très élevé de la citoyenneté. Il est incontestable que dans un Etat de droit, comme le nôtre, c’est le pouvoir en place qui doit être aux devant de la scène sociopolitique afin de trouver des solutions adéquates aux difficultés auxquelles les populations sont quotidiennement confrontées. Cependant, nous semble-t-il, le gouvernement ne doit pas être le seul acteur public travaillant pour relever les défis qui menacent la Mauritanie d’aujourd’hui. Nous avons l’impression, en regardant de près ou de loin la société mauritanienne, que la règle numéro un qui régit les rapports Etat / citoyens est celui de la démission et du laxisme. Les citoyennes et les citoyens de notre pays, hélas, ont un sens très faible, ou du moins c'est l'impression que nous avons, de la citoyenneté et du patriotisme. Chacun, dans son travail et dans la société, semble intéressé à son intérêt personnel, individuel au grand détriment de l’intérêt général de la nation. Finalement, nous sommes, depuis l’indépendance de la Mauritanie le 28 novembre 1960, en présence des fonctionnaires qui se préoccupent plus de leur enrichissement personnel que du développement de la Mauritanie. C'est qui, il est vrai, donne naissance à une situation de laxisme où la corruption et le détournement des biens de l'Etat s'installent de manière on ne peut plus inquiétante. Le premier combat qui doit être mené aujourd’hui dans ce pays, c’est bien la lutte contre la corruption. Cette lutte doit être accompagnée d’une véritable campagne de sensibilisation de la population sur les dangers que constitue le gaspillage des biens publics de la nation. Il n’est pas du tout juste qu’un pays comme la Mauritanie soit considéré comme l’un des pays les plus pauvres de la planète. Ce pays, de fait, regorge des ressources naturelles qui, si elles étaient bien réparties, permettraient à tous les citoyens mauritaniens de mener une vie digne. Si aujourd’hui les populations, à travers tout le territoire national, protestent contre la sureté du train de vie et la montée vertigineuse des prix des denrées de première nécessité, c’est que depuis plusieurs décennies on n’a laissé la corruption et le laxisme s’installer sans que personne ne lève le petit doigt pour les dénoncer. Or si nous voulons voir notre pays « décoller » de la triste situation dans laquelle il se trouve en ce moment, nous devons, sans concession, accepter de faire des sacrifices. L’un des défis (la corruption) que les Mauritaniennes et les Mauritaniens doivent relever aujourd’hui exige une prise de conscience, dans l’immédiat, de toutes les couches sociales permettant de tourner le dos, définitivement, au passé regrettable qu’a connu la Mauritanie. Tant que la question de la corruption n’est pas résolue, aucune possibilité de développement ne peut être possible dans ce pays.


SOUMARRE Zakaria Demba

mercredi 14 novembre 2007

Aperçu sur la justice sociale en Mauritanie

Le Coran, Livre de référence et modèle de législation divine par excellence des musulmans du monde entier depuis le VIIème siècle, enjoint aux fidèles, hommes et femmes confondus, la justice dans toutes leurs affaires privées et publiques. La recommandation de cette justice aux musulmanes et aux musulmans de toutes origines sociales ou professionnelles pourrait, comme c’est le cas dans d’autres surates du Texte sacré, se traduire par ce verset : « Soyez équitables. Car Allah aime les équitables » (49 : 9). De fait, aucune organisation sociale ne pourrait prétendre à une vie paisible si, au préalable, les membres qui la composent ne se sentaient pas protégés par un système juridique accordant à chaque citoyen (ne) ses droits fondamentaux.
La justice, pour ainsi dire, devrait être le fondement de toute société humaine. De l’instant où une nation s’en débarrassait, elle se condamnerait par la même occasion à une disparition certaine. Car, désormais, ce serait le règne de la loi du plus fort. L’absence d’une justice sociale équitable et applicable à tous les citoyens est la source des tous les malheurs sociaux.
Si la Mauritanie, durant deux décennies, a souffert de certains maux qui fragilisaient sa cohésion sociale, c’est par ce les autorités qui étaient alors en place n’ont pu (voulu) instauré un climat social de justice où toutes les populations, qu’elles que soient leurs origines et leur race, pourraient bénéficier de la protection de l’Etat.

L’Etat mauritanien, sous la direction du président de la République, devrait s’engager, d’une manière concrète, à assurer à tous ses citoyens une justice sociale qui permettrait à nos compatriotes d’avoir la certitude de vivre dans un pays où leur vie et leurs biens ne sont pas menacés. Il est sans doute très tôt de dire que rien, depuis l’arrivée de M. Sidioca au pouvoir, n’a été fait dans ce sens.
Cependant, il n’est jamais très tôt d’attirer l’attention sur la question. Dans la mesure où le peuple mauritanien, puis qu’il s’agit de lui, n’aurait son salut que si le régime qu’il a lui choisi pour présider à son destin acceptait fermement de combattre, sous toutes ses formes, l’injustice et l’impunité. C’est la seule garantie permettant l’instauration d’un climat social viable où tous les citoyens de la nation mauritanienne se sentiront protégés par la loi.
Ce combat, convenez –en, ne saura être le privilège d’une fraction de la population ou d’une ethnie. Ensemble, de fait, tous les Mauritaniens, Noirs et Blancs confondus, doivent protester contre les démons qui menacent notre nation. Ces démons, en effet, pourront être nommés : la persécution, la torture, la pauvreté, la paupérisation de plus en plus inquiétante de la population, le laxisme administratif…C’est cela la justice.
Aucun (e) Mauritanien (ne) ne peut aujourd’hui, à moins qu’il/elle ne soit hypocrite, prétendre valablement être libre et juste dans un univers social mauritanien où les droits fondamentaux des faibles sont bafoués, où la plus grande partie de la population lutte, au jour le jour, pour survivre, où les pères de famille s’inquiètent de l’avenir de leurs enfants, où, également, rien de promettant ne s’affiche à l’horizon pour la jeunesse.
La société mauritanienne ne pourrait prétendre être juste si elle ne trouvait pas une solution à la misère morale et / ou matérielle qui rythme le quotidien du citoyen. La société n’est pas juste quand les jeunes perdent tout espoir de s’investir dans leur propre pays. La justice sociale en Mauritanie, c’est aussi compatir à la souffrance de tous ces pauvres, ces jeunes oubliés.
Dans la lutte contre cette injustice, il est dangereux de « communautariser » le combat pour plus de justice dans une Mauritanie qui s’apprête à peine de sortir d’un passé douloureux, jalonné de deux décennies de dictature.
Nous sommes un peuple pluriel, divers. Nous devons profiter de cette diversité. D’un côté et de l’autre, il y a des gens qui sont révoltés contre toute forme d’injustice sociale. Il serait plus juste de travailler main dans la main, de réunir nos forces pour construire une Mauritanie harmonieuse où les uns et les autres ne se regarderont pas en chien de faïence.
C’est la seule solution, à notre avis, permettant l’émergence d’une Mauritanie nouvelle. Le combat pour la justice ne doit pas être passionnel. Chacun de nous, Blanc et Noir, doit maîtriser ses sentiments et écouter sa raison. La passion déconstruit là où la raison bâtit. La haine provoque plus d’injustice qu’elle n’instaure la justice. La justice n’a pas de couleur. Et le combat pour son instauration doit se débarrasser de toute connotation raciale.

Les Mauritaniens, en d’autres termes, doivent se félicitent d’avoir élu, sans aucune forme de contrainte, un président qu’ils considèrent être capable de diriger leur pays, et de répondre à leurs attentes. Ils ne doivent pas aller dans « la bataille » pour plus de justice sociale en ordre dispersé. Depuis le début du mandat de M. Sidioca, tout concourt en effet à monter aux citoyens de notre pays qu’il est possible, désormais, de rêver d’une Mauritanie où la justice ne sera plus l’apanage d’un partie de la population au grand détriment d’une autre.

SOUMARE Zakaria Demba

samedi 10 novembre 2007

Quand les citoyens en ont marre



La République mauritanienne est aujourdh'hui confrontée à des difficultés de nature inquiétante qui exgigent aux autorités de faire une pause, si courte soit-elle, afin de refléchir ou adopter un programme cohérent de sortie de crise.

Depuis quelques jours, de fait, les populations mauritaniennes, dans certaines villes, descendent dans la rue pour ainsi exprimer leur mécontentement face à un train de vie qui devient, chaque jour, de plus en plus compliqué à cause de la conjoncture économique difficile que traverse notre pays en ce moment, et la fantaisie de certains de nos commerçants sans scrupules.

Les prix des denrées de première nécessité augment en une vitesse frôlant la catastrophe. Les pères de famille ne savent plus à quel saint se vouer pour se tirer d'affaire. Il est sans doute vrai que la rue n'est pas la meilleure solution pour régler nos problèmes.



Cependant, pour éviter que les citoyennes et les citoyens de notre pays prennent la rue comme le seul recourt leur permettant de faire entendre leurs quatre vérités, l'Etat mauritanien doit combattre avec rigueur et détermination l'augmentaion fantaisite des prix. Car, dans tous les cas de figure, ce sont toujours les plus pauvres qui paient le pot cassé. Les pères de famille qui, du matin au soir, se sacrifient pour leur famille, leurs enfants et leurs épouses doivent se sentir aidés par le gouvernement qu'ils ont élu il y a seulement quelques mois.

Pour cela, en effet, une vraie politique de rapprochement des citoyens doit être définie. Nous avons la triste impression qu'en Mauritanie les populations sont abandonnées à elles -elles. Si aujourd'hui, dans ce pays qui commence à peine à dessiner son destin après deux décennies de dictature, les prix des denrées de première nécessité augmentent à un rythme inquiétant, c'est que vraiment jusque-là nos dirigeants ont laissé délibérément ou non le laxisme s'installer.

Chaque commerçant, par la même occasion, s'autorise à augmenter les prix de ses marchandises comme il veut, sans tenir compte du mode de vie de ses clients. Or dans un pays "démocratique", la réglementaion des prix ne doit jamais relever de la seule volonté des vendeurs ou commerçants. C'est l'Etat qui, en principe, doi réguler tout cela afin d'éviter aux citoyens d'être victimes d'une augmentation fantaisiste des prix par certains commerçants, comme c'est le cas, malheureusement, aujourd'hui.

SOUMARE Zakaria Demba

samedi 20 octobre 2007

Pour une reconnaissance de la littérature mauritanienne

Le contient africain, au sud et au nord du Sahara, fut dominé pendant plusieurs décennies par des puissances étrangères, occidentales qui, pour asseoir leur domination et soumettre les populations locales à leur politique d’exploitation, ont considéré ces dernières comme n’ayant aucune civilisation, aucune culture valable, aucune religion. Et, par conséquent, il fallait les civiliser, leur apporte une religion. Quelques années plus tard, les colonisés qui ont été envoyés à l’école étrangère pour servir après d’auxiliaires administratifs aux colonisateurs ont décidé de mettre leur plume au service de leurs peuples. Entre 1920, date de la publication de Batouala de René Maran, et 1960, date à laquelle la presque totalité des colonies ont accédé à la souveraineté nationale et internationale, nous avons assisté à une prolifération d’œuvres mettant systématiquement en cause le système colonial. Le combat était globalisant. Les colonisés, étant victimes d’une même exploitation étrangère et arrogante, menaient la lutte ensemble. Le terme « littérature africaine » au singulier était de rigueur. Mais après les indépendances, les politiques intérieures des Etats commencent à se préciser, et le terme « littérature africaine » au singulier n’était plus de rigueur. Les littératures nationales commencent à voir le jour. Presque tous les pays du continent ont aujourd’hui leur littérature avec des auteurs mondialement connus. Cependant, la Mauritanie, après près de cinquante ans d’indépendance, n’arrive toujours pas à développer une littérature digne de ce nom. La littérature mauritanienne est très peu connue à l’intérieur et à l’extérieure de nos frontières. Les quelques auteurs qui produisent ne bénéficient pas d’une audience nationale et internationale suffisante. La meilleure façon de véhicule une littérature, c’est d’inscrire ses auteurs au programme scolaire et universitaire. Or en Mauritanie, aucun de nos auteurs célèbres n’est inscrit dans le programme. Au lieu d’enseigner à nos élèves et nos étudiants des œuvres d’auteurs étrangers comme Senghor, Césaire, Mohamed Dib, nous ferons sans doute mieux de les apprendre nos propres penseurs comme Ousmane Moussa Diagana, Idmoud, Ba Oumar. C’est la seule façon de faire connaître notre littérature. Ensuite, les étudiants mauritaniens en Master 1, 2 et Doctorat doivent multiplier les recherches sur cette littérature en mal de reconnaissance.

SOUMARE Zakaria Demba


dimanche 14 octobre 2007

Après la fête, le cauchemar

Les citoyennes et les citoyens de la République mauritanienne, comme d’ailleurs la plupart des musulmans du monde entier, ont, dans la joie et la solidarité, fêter le vendredi 12 octobre 2007 la fête de l’Eid qui, en tradition musulmane depuis le VII siècle, célèbre la fin d’un mois de privation, de crainte, de dévotion et de rapprochement au Tout Miséricordieux : Allah. Après les trois jours d’une fête collective, nous voilà, Mauritaniennes et Mauritaniens, qui retournons vers une situation sociale qui ne présage rien de promettant pour une bonne partie de la population. Au lendemain de la fête où pauvres et riches ont, dans un élan de solidarité exceptionnelle, mangé, bu et « danser » ensemble, les anciennes préoccupations des milliers de nos compatriotes refont surface et évacuent d’un coup le peu de moment de joie de la fête. Face à une situation socioéconomique où ils ont l’impression d’être livrés à eux –mêmes, les plus déminus de notre nation ne savent plus trop à quel saint ils doivent se vouer pour se tirer d’affaire. Les difficultés quotidiennes se multiplient de jour en jour en une vitesse incroyable. A la tracasserie quotidienne pour trouver le pain familial, des centaine des pères de famille se voient maintenant confrontés à une autre difficulté de nature inquiétante : la fourniture scolaire pour les enfants. Un père de famille qui n’a pas de quoi satisfaire sa famille, de payer son loyer à la fin du mois ne se préoccupera pas, il est vrai, de la scolarisation de ses enfants. Or il n’y pas de danger plus compromettant pour un pays comme le nôtre que celui de la négligence d’envoyer les enfants à l’école. La démission de certains parents de leur responsabilité, dont nous ne le tenons pas pour responsables ici, est un mauvais présage pour la société mauritanienne nouvelle que nous voulons voir émerger de deux décennies de dictature et de laxisme. Si nous voulons réellement trouver une solution à cette triste situation dans laquelle plus de 50% de la population mauritanienne se trouvent aujourd’hui, tout le monde, du président de la République au plus bas de l’échelle sociale, doit s’engager au quotidien afin de trouver, de définir un programme de développement social cohérent permettant aux Mauritaniennes et aux Mauritaniens d’avoir le courage d’affronter l’avenir. Il est clair que c’est l’Etat qui est le premier acteur et le premier responsable dans le combat social contre la misère et la pauvreté de ses citoyens. Mais, de fait, les populations doivent, elles aussi de leur côté, participer à la bataille. Le gouvernement qui a été élu, il y a quelques mois, par les mêmes populations ne doivent pas se retrouvent aujourd’hui seul à faire face à une conjoncture socioéconomique difficile qu’il a hérité du régime précèdent. Les Mauritaniennes et les Mauritaniens doivent finir avec la tradition consistant à mettre toutes les charges sur le compte de leur gouvernement. Chaque Mauritanien (ne) peut, à sa façon et selon sa capacité intellectuelle, financière, « manuelle », contribuer au redressement économique de son pays.

SOUMARE Zakaria Demba

soumarezakariademba.blogspot.com

NB : Nous présentons nos vœux à toutes les Mauritaniennes et à tous les Mauritaniens pour la fête de l’Eid. Que la fin du mois de ramadan nous apporte : paix, bonheur, prospérité …

jeudi 11 octobre 2007

Brèves notes de lecture

L’année 1994 fut, pour le Rwanda et la communauté internationale, une année de terreur, de désolation et des massacres impitoyables de près d’un millier de Tutsi qui n’avaient le tort que d’être nés tutsi. De fait, le Rwanda est l’un des pays de l’Afrique des Grands Lacs. Il fut, dans premier temps, colonisé par l’Allemagne avant, dans un second temps, passé sous domination belge au lendemain de la première guerre mondiale. Ce pays des mille collines est composé de trois groupes socioethniques :

q Les Hutu, majoritaires ;

q Les Tutsi ;

q Les Twa.

Ses principales langues parlées :

q Le français ;

q Le swahili ;

q L’anglais.

Ce pays de l’Afrique centrale est victime d’une instrumentalisation ethnique entamée par les Belges et poursuivie par les différentes pouvoirs successifs au Rwanda depuis son indépendance en 1968, et dont les conséquences furent les massacres répétitifs des Tutsi par leurs compatriotes Hutu. Les tueries, en effet, ont réellement commencé dans ce pays depuis 1959 ; mais personne n’y prêtait attention. Elles n’ont atteint leur point culminant qu’en 1994 avec le génocide qui aurait coûté en trois mois la vie à un millier des Tutsi et des quelques Hutu modérés ou de l’opposition comme le premier ministre de l’époque, Madame Agathe Uwilingiyimana.

Rappel historique

Le six avril 1994 à vingt heures, l’avion transportant les deux présidents rwandais, Juvénal Habyarimana, et burundais, Cyprien Ntavyamina, est abattu à son atterrissage à Kigali par deux missiles provenant des collines avoisinant l’aéroport. Tous les deux sont tués sur le coup. Les accusations allaient bon train : les uns accusaient l’Akazu, un clan extrémiste hutu proche du pouvoir de Habyarimana qui n’aurait pas accepté la signature à Arusha en Tanzanie en août 1993 d’un traité de paix avec le FPR[1]. Les autres avançaient l’hypothèse d’un attentat commandité par les rebelles tutsi, car étant minoritaires ils auraient pu penser prendre le pouvoir par un coup de force en éliminant physiquement le président de la République. Cette dernière hypothèse a été démentie par Paul Kagamé qui, en réponse aux accusations du juge antiterroriste français, Jean Louis Bruguière, soutenait que des telles accusations sont sans aucun fondement[2]. En outre, en réponse aux mêmes accusations, Corneille, un défenseur de Kagamé qui par ailleurs dirigeant d’une grande entreprise à Kigali, affirme :

« cela ne tient pas une seconde. Tous ceux qui ont suivie l’actualité de l’époque et qui connaissent bien la ville de Kigali savent bien qu’une telle opération était impossible à organiser sans la complicité française. La zone d’où les missiles sont partis était sous le contrôle son armée.[3] »

Quoiqu’il en fût, quelques minutes après le crash de l’avion présidentiel la Garde présidentielle et les interahamwe[4] ont commencé à dresser des barrières pour ainsi limiter les mouvements des populations et à tuer les Tutsi et certains Hutu de l’opposition, dont le premier ministre susmentionné et dix casques bleus belges. Les Tutsi, pour sauver leur vie, se sont réfugiés dans les édifices publics ou dans les bananeraies où ils seront littéralement massacrés à la machette, à la houe, à la serpette, au fusil entre autres.

Le 4 juillet 2004. Le FPR de Kagamé prend la capitale Kigali, et met fin à l’un des drames les plus cruels des temps modernes. Les génocidaires hutu, craignant la vengeance de ceux dont ils ont tué les parents, prennent la fuite vers le Zaïre et les autres pays limitrophes.



[1] Front Patriotique Rwandais, dirigé à l’époque par Paul Kagamé, l’actuel président du Rwanda. Il est était formé essentiellement des rebelles tutsi basés dans les pays voisins. Après plusieurs attaques sans résultats du pouvoir rwandais, ils ont fini par gagner la bataille en juillet 1994.

[2] Source : Entretien entre Paul Kagamé et David Sernenay sur RFI, le 16 mars 2004.

[3] Ouazani Chérif « Entre rancune et recueillement », in Jeune Afrique l’Intelligent n° 2256 du 4 au 10avril 1994.

[4] Ceux, en Kinyarwanda, tuent ensemble. Ce terme a été surtout utilisé avant, pendant et après le génocide de 1994 pour qualifier les tueurs hutu.

SOUMARE Zakaria Demba

dimanche 30 septembre 2007

Pour une participation active des femmes mauritaniennes dans la vie sociopolitique


Dans les traditions africaines en général et mauritaniennes en particulier, la femme a toujours été considérée comme un être inférieur devant toujours obéir à l’autorité de l’homme. Dans les grandes décisions familiales, tribales et communautaires, elle n’a jamais son mot à dire : elle devrait toujours se contenter de ce que les hommes décident. Jusqu'à ce jour, nous ne constatons aucune amélioration positive dans la participation des femmes dans vie publique de la société mauritanienne. Or aucune société ne pourra valablement progresser si elle n’accorde pas à ses femmes une place on ne peut plus importante dans les affaires sociales et politiques. Aujourd’hui, en Mauritanie, nous sommes en train de traverser une situation politique, sociale et économique qui exige la participation inconditionnelle de toutes les citoyennes et de tous les citoyens dans le combat social et politique pour plus de justice sociale et de démocratique. Les femmes, au même titre sans doute que les hommes, doivent, selon leur capacité, apporter leur pierre l’édifice de la Mauritanie naissante. Et pour que ces femmes mauritaniennes puissent réellement jouer leur rôle dans l’émergence de cette Mauritanie nouvelle que nous voulons mettre en place, elles doivent, incontestablement, bénéficier d’une attention particulière. Pour cela, de fait, un certain nombre des mesures doivent être pris. Ces mesures doivent, dans un premier temps, concerner la lutte contre le faible taux de scolarisation des jeunes filles. Chaque, dans ce pays, le nombre des filles inscrites à l’école est, de très loin, inférieur à celui de leurs frères. Cela doit être rigoureusement combattu. Les filles, comme les garçons, doivent avoir droit à l’éducation et la formation professionnelle pouvant leur permettre d’être utiles à leur nation. Si, dès le départ, nous négligeons d’envoyer nos filles à l’école, il va sans dire que la Mauritanie de demain sera faite sans leur contribution. La scolarisation massive des jeunes filles doit donc être une nécessité de première heure qui ne doit souffrir d’aucune négligence de la part de notre Etat et des parents. Car, dans tous les cas, l’Etat et les parents ont des responsabilités respectives à jouer dans la lutte contre l’analphabétisme des filles. Et, dans un second temps, une fois que les filles sont envoyées à l’école, elles doivent être suivies, encouragées et aidées afin de leur permettre d’avoir, au terme de leur cursus, des diplômes leur permettant d’entrer dans le monde professionnel. Car il est aujourd’hui regrettable de voir la plupart des filles quitter l’école sans aucun diplôme à cause des considérations ou coutumes sociales, comme le mariage, parfois précoce, et les travaux ménagers. Si nous voulons vraiment réussir notre intégration dans le monde « moderne », nous devons revoir ces méthodes. Nous ne sommes pas, par contre, opposé au mariage des filles poursuivant des études universitaires ou autres. Mais ce que nous voulons, c’est ce que le mari dont l’épouse « fait des études » essaie de s’adapter à cette réalité et, ensemble, les deux époux doivent discuter des modalités d’organisation pouvant permettre à la femme de continuer ses études sans déranger le train de vie familial ou conjugal. Mais, également, la société doit jouer un rôle capital dans cette négociation. Car tout, dans cette « affaire », est question de mentalité. Il faut que les gens apprennent à s’adapter à cette réalité. L’image que l’on a de la femme dans la société mauritanienne doit être changée ou corrigée si nous voulons aller de l’avant. Et notre avancée ne saura se faire si nos femmes ne participent pas au combat social et politique. Et leur participation à ce combat sera fonction de leur scolarisation et de leur formation.
SOUMARE Zakaria Demba

vendredi 28 septembre 2007

Brève réflexion sur la violence sexuelle dans la tragédie rwandaise de 1994

Dans une folie généralisée comme celle du pays des mille collines de 1994, toutes les portes du mal sont ouvertes, dans une sorte d’impunité sans limite. Les forces du mal et du diable se libèrent et s’unissent, dédouanant ainsi les criminels sans scrupules et avides de sang humain et de terreur de toute poursuite judiciaire ou pénale. Pendant les trois mois (avril, mai et juin) fatidiques du génocide du Rwanda, des femmes et des filles de tous âges confondus furent particulièrement victimes des violences sexuelles inhumaines, indescriptibles, indicibles et intraduisibles par les mots, malgré le projet d’écrire intitulé : Rwanda, écrire par devoir de mémoire dont l’objectif principal était d’inviter une dizaine de romanciers africains à aller sur place afin de mesurer de très près l’ampleur des atrocités et des massacres dans une indifférence totale et complice de la communauté internationale, quatre ans après les faits. Une dizaine des textes exposant les réalités de ce drame sans visage a vu le jour au retour du voyage. De fait, il suffit de faire un rapide parcourt de ces textes pour se rendre compte de toute l’ampleur de la violence physique et sexuelle faite à ces milliers des femmes et des filles tutsi sans aucune défense. Ces mères de famille et ces filles à la fleur de l’âge furent sauvagement violées par des interahamwe (tueurs hutu) parfois séropositifs. Cette violence sexuelle était tellement bien organisée que les survivantes resteront toujours marquées leur vie durant, surtout que certains violeurs, qui se savaient par ailleurs atteints du sida, avaient pour but de contaminer leurs victimes. Les scènes de viol décrites par les textes du projet ci-dessus sont, à la limite, insupportables à lire comme en témoigne cet extrait tiré de Murambi, le livre des ossements du romancier sénégalais Boubacar Boris Diop : " une jeune femme, parfois juste une frêle gamine, est étendue contre un mur, jambes écartées, totalement inconsciente […] Quand ils [les interahamwe] ont fini [de la violer], ils […] versent de l’acide dans le vagin ou […] enfoncent dedans des tessons de bouteilles ou des morceaux de fer. " (Murambi, p 124). Ces genres de scène de violence sexuelle sont récurrentes dans presque tous les textes publiés sur ce génocide aux caractères insoutenables et inhumaines.
SOUMARE Zakaria Demba

mardi 25 septembre 2007

Les ratés de la rentrée


Dans moins d'un mois, les élèves de la Républiques mauritanienne reprendront le chemin de l'école comme la plupart de ceux de la sous-région. Après trois ou quatre mois des vacances scolaires, les voilà qui se retrouvent pour partager, durant les neuf mois de l'année scolaire, les mêmes joies, les mêmes angoisses et les mêmes déceptions. Dans moins de deux ou trois semaines, de fait, ils se retrouveront devant la même situation de manque de conditions matérielles qui, il est vrai, les empêche de travailler convénablement. Durant les neuf mois que dureront l'année scolaire, nos pauvres élèves se verront comme obligés de se contenter, impuissants, de leur triste sort.
De fait, un état des lieux, si rapide soit-il, sur la situation générale des écoles mauritaniennes en générale et celles du sud du pays en particulier suffit aujourd'hui pour nous rendre aisément compte combien les conditions dans lesquelles évoluent nos élèves est de nature à susciter de très vives inquiétudes devant interpeller les autorités publiques et les organisations non gouvernementales de bonne volonté.
Dans certains villages, en effet, rares sont les salles de classes dont le nombre d'élèves ne dépasse pas la centaine. Face à une telle situation de désolation généralisée où plus de cent élèves se retrouvent dans une salle de classe, les enseignants ne savent plus à quel saint se vouer pour mener à bien leur classe. A cela, de fait, il faudrait ajouter le manque on ne peut plus inquiétant d'équipements (matériels pédagogiques, tables, chaises, entre autres).
Certains de nos villages, ne supportant plus une telle démission de nos autorités en matière d'investismment pour la construction des infrastructures, sont obligés eux-mêmes de prendre en charge la construction de leurs écoles et de leur équipement matériel, grâce aux fonds envoyés par leurs ressortissants se trouvant en Europe. Il est, de fait, de la responsabilité de notre Etat en général et du Ministère de l'Education nationale en particulier de refuser cela. Il n'est pas, en d'autres termes, de la responsabilité des populations locales de s'occuper de la construction des écoles, encore moins de leur équipement. Si la Mauritanie veut réellement entrer dans le monde "moderne", elle doit au préalable accorder une attention particulière au bon fonctionnement de son système éducatif. Et le bon fonctionnement de ce système éducatif suppose que toutes les conditions matérielles soient d'abord mises en place afin de permettre à nos élèves d'évoluer dans le domaine des connaissances d'une manière positive.
Si les élèves ne disposent pas de salles de classes suffisantes, bien équipées et modernes, s'ils ne sont pas bien équipés en matériels scolaires suffisants (livres et autres fournitures scolaires) pour leur développement intellectuel, si les enseignants ne sont pas aidés dans leur travail, si l'Etat refuse de faire face à ses responsabilités, il va sans dire que l'avenir de nos élèves est plus que jamais menacé. Pour éviter cela, un programme cohérent de développement infrastructurel (construction et équipement des nos écoles, des bibliothèques) doit vraiment être défini sans délai.

SOUMARE Zakaria Demba

jeudi 20 septembre 2007

Plaidoyer pour la création d’un 3eme cycle à l’université de Nouakchott

La République mauritanienne est l’un des pays de la sous région ne disposant pas de troisième cycle. Le Sénégal, le Mali, pour ne citer que ceux deux pays –là, qui ne sont pourtant pas plus riches, du point de vue économique, que notre pays disposent déjà d’un troisième cycle. Un étudiant de l’université de Nouakchott, après sa maîtrise, n’a le choix qu’entre trois possibilités : soit il sort major de sa promotion, et il se voit attribué par le gouvernement une bourse de troisième cycle dans l’une des trois universités de la sous régions au choix, soit il cherche une inscription dans une université occidentale par ses propres moyens, soit, tout simplement, il décide de mettre fin à son cursus universitaire pour entrer dans le monde du travail, si toutefois la chance lui sourit. Une telle situation, hélas, n’est pas digne d’un pays comme le nôtre. Cela est dû au manque de volonté politique qui a fait que, depuis la création de l’université de Nouakchott dans la décennie 1980, notre pays n’a pas un troisième. Nous reconnaissons cependant que la mise en place d’un troisième cycle nécessite qu’un certains nombre de détails soient réglés au préalable. De fait, la situation actuelle de notre université exige qu’un certains nombre de réformes soient entreprises permettant d’abord aux étudiants de poursuivre les deux premiers cycles précédant le troisième dans une très bonne condition. Si ces réformes ne sont pas entreprises, il sera inutile d’envisager la création d’un troisième. Pour cela, une politique de modernisation des différentes facultés doit être mise en place. Chacune des facultés disposant notre université doit avoir une bibliothèque digne de ce nom qui viendra renforcer la bibliothèque centrale, qui doit elle-même être modernisée. Car il est inconcevable que des étudiants s’inscrivant au troisième, et qui seront appelés par la même occasion à faire des recherches doctorales, n’aient pas à leur disposition des ouvrages leur permettant de travailler convenablement. Il est donc de la responsabilité de « la Présidence de l’université de Nouakchott », en collaboration avec la Direction de l’enseignement supérieur ou du gouvernement, de définir un programme cohérent qui va permettre la résolution de ces détails. C’est seulement quand ces détails de premier ordre seront réglés que d’autres peuvent être envisagés qui concerneront le recrutement de professeurs compétents qui s’intéressent vraiment à la recherche. Je ne remets cependant pas en question la compétence de certains de mes professeurs. Il y a aujourd’hui à l’université de Nouakchott des enseignants capables de diriger des thèses de doctorat. Ces enseignants doivent être soutenus. Car la création d’un troisième cycle suppose que l’on ait un nombre suffisant d’encadreurs susceptibles de diriger des travaux de recherche de qualité. Tous ces détails sont réglables si seulement la « Présidence de l’université de Nouakchott » et l’Etat acceptent d’inscrire dans leur programme la création de ce troisième cycle dont nos étudiants ont tant besoin pour la modernisation du « système universitaire » de notre pays. Ce troisième cycle, en d’autres termes, permettrait aux étudiants qui n’auraient pas la possibilité d’aller faire des études universitaires avancées hors de nos frontières de trouver sur place une solution à leurs attentes.
SOUMARE Zakaria Demba

mercredi 19 septembre 2007

La pauvreté n'est pas une fatalité !

La Mauritanie, à l’instar de la plupart des pays du « tiers monde », est un pays classé parmi les pays les plus pauvres et les endettés. Un coup d’œil sur les couches sociales vulnérables suffit pour nous rendre compte, aisément, combien la situation empire de jour en jour. Les populations, d’année en année, sombrent dans la paupérisation presque totale. Les besoins les plus urgents de la vie quotidienne, sans lesquels aucun espoir n’est envisageable, ne sont presque jamais satisfaits.
Les pères de famille, dont le revenu mensuel très insuffisant ne permet pas de répondre de leur responsabilité, croulent sous le poids de l’endettement. Leurs enfants, par la même occasion, ont l’impression que le destin s’acharne sur eux. Tellement leur avenir semble scellé. Cependant, ce qu’il faudrait relever dans ce contexte social de pauvreté généralisée, c’est que, de fait, cette pauvreté n’est pas une fatalité.
La pauvreté, depuis le début de l’humanité, participe de l’ordre normal et anormal des choses. Nous ne pouvons pas valablement imaginer un monde sans pauvres. Cela n’a jamais existé, et cela n’existera jamais, sans doute. La division binaire de notre monde en pauvres et en riches a toujours existé, et existera toujours jusqu’à la fin des temps.
Mais la fatalité, dans cette conjoncture sociale difficile pour les milliers des Mauritaniennes et Mauritaniens, c’est que nous refusons, sciemment ou inconsciemment, de nous attaquer aux racines de cette pauvreté qui gangrène notre nation. Dans chaque difficulté il y une ou plusieurs solutions. Mais si nous ne prenons pas le temps d’aborder frontalement les problèmes auxquels nous sommes confrontés, il va sans dire que nous ne parviendrons jamais à endiguer la pauvreté de nos concitoyens.
Aborder le problème de la pauvreté en Mauritanie, c’est s’attaquer à nos fonctionnaires corrompus. C’est, d’une manière déterminante, poursuivre et juger tous ceux qui sont, de près ou de loin, impliqués dans des opérations de malversation des biens publics de l’Etat. C’est la seule façon nous permettant de faire disparaître la souffrance des Mauritaniens qui vivent avec moins d’un euro par jour.
La fatalité, c’est le fait qu’un tiers de la population de notre pays se partage les richesses et les biens publics de l’Etat tandis que les deux ou trois tiers restant survivent au quotidien. Etre pauvre n’est ni un défaut, ni une infraction, ni, encore moins, une fatalité. La fatalité, c’est le fait de ne rien faire pour consoler les pauvres. La fatalité, c’est augmenter, chaque jour davantage, une charge aux charges des besogneux.


SOUMARE Zakaria Demba


mardi 18 septembre 2007

La Mauritanie de demain

L'année 1960 fut dans la presque totalité du continent africain une année d'enthousiame accompagnant la fin de plusieurs siècles de domination et d'exploitation économique des peuples colonisés d’Afrique au sud et au nord du Sahara. Les Africains, par la même occasion, venaient de découvrir la liberté dont ils n'avaient pas droit. Cependant, très vite, dans les décennies qui suivirent l'euphorie des indépendances les populations furent déchues par les dictateurs sans scrupules qui ont remplacé les colonisateurs blancs. Le peuple mauritanien, en effet, n'avait pas fait exception à la règle. Quelques années après la proclamation solennelle de notre indépendance par le "père de la nation", Moctar Ould Dadah, le pays s'était retrouvé, durant plus de deux décennies, aux mains des dirigeants qui se préoccupaient très peu (ou pas du tout) de l'intérêt général de la nation. Cette situation ne pouvant pas s'éterniser, les militaires ont décidé d'intervenir pour instaurer un régime "démocratique" permettant aux civiles de prendre en main leur destin. De fait, depuis l'arrivée au pouvoir de Monsieur Sidioca les choses semblent bouger du bon côté. Ce qui n'était pas possible hier commence à l'être aujourd'hui. Les Mauritaniennes et les Mauritaniens découvrent par la même occasion ce que vraiment être libre. Personne aujourd'hui, dans ce pays, ne s'inquiète des conséquences de ce qu' elle pourrait dire dans les médias nationaux ou internationaux. Des sujets qui étaient tabous hier ne le sont plus aujourd'hui : tout se discute au grand jour. Tout cela est un bon signe prouvant que la "construction" d'une Mauritanie nouvelle et démocratique est possible, après plusieurs années de désolation et d'injustices sociales. Les citoyennes et les citoyens de notre pays doivent désormais être résolus d'en finir avec le passé douloureux jalonné de dictature et détouffement de la pensée, et tourner leur regard vers le futur afin d’envisager la naissance de la Mauritanie de demain qui serait composée des citoyens conscients de leurs responsabilités envers eux-mêmes et envers la nation. Il nous est plus permis de nous attarder sur les erreurs de ce passé si nous voulons réellement voir émerger la Mauritanie que nous voulons pour nos enfants. Nous devons apprendre à nous tourner vers l'avenir comme l'ont fait certains peuples dans l'Histoite. En France, par exemple, du Moyen Age au VXIII siècle, le peuple était constamment placé sous l'autorité injuste de l'Eglise et des rois prétendant être les représentants de Dieu sur terre. Cependant, en 1789, les citoyens qui en avaient marrent ont décidé de changer le cours des choses : c'est la Révolution française. Le peuple arracha le pouvoir des mains de ses oppresseurs, et la vie a continué son chemin. Plus près de nous, en Afrique du Sud une partie de la population a souffert pendant plusieurs décennies de l'apartheid. Après plusieurs années de combat et de résistance, la justice a retrouvé ses droits et la vie a repris son cours. Notre pays pourra faire autant. Nous ne devons jamais raté l'occasion qui nous est offerte par l'instauration d'un régime civile après toutes ces années de privation aux droits fondamentaux de l'homme. Nous devons tous, hommes et femmes de toutes tendances confondues, nous unir afin que qu'une Mauriatnie nouvelle et démocratique puise voir le jour.

SOUMARE Zakaria Demba
















dimanche 16 septembre 2007

La pratique de l’islam en milieu soninké

La communauté soninké, comme la plupart des communautés ouest africaines au sud et au nord du Sahara, a connu l’islamisation par les biais des Almoravides qui, quelques décennies après la mort du prophète Muhammad (SAW), ont sillonné presque toute l’Afrique et une grande partie du monde pour propager le message de l’islam.

Avant l’avènement de la religion islamique en milieu soninké, les Soninké étaient de très grands adorateurs d’idoles. L’histoire de l’empire du Ghana, avec sa tradition mythique de Wagadu-bida (le serpent), est une illustration plus ou moins parfaite de l’attachement des Soninké aux histoires surnaturelles qui sont contraires au monothéisme.

Après l’éclatement de ce grand empire soninké au XII ou XIII siècle, les Soninké se sont dispersés à travers différents pays ou royaumes de la sous région. Cet éclatement de l’empire soninké de Wagadu a été interprété différemment. Pour la tradition, c’est la mort du serpent-bida, qui était alors considéré comme le protecteur de la communauté soninké, qui est la cause principale de la chute de l’empire, tandis que pour les historiens c’est à cause des attaques répétitives des Almoravides et de Sundjata Keita, empereur du Mali, qui auraient inévitablement provoqué la perte des Soninké.



Dans tous les cas de figure, nos Soninké étaient obligés de quitter leur empire, et en partant ils ont emporté avec eux d’anciennes traditions qui, même après l’implantation de l’islam en milieu soninké, continuent de rythmer le quotidien de la population. Dans cette réflexion, nous allons sommairement tenter de rappeler les principes fondamentaux du monothéisme islamique tout en montrant, d’une manière non exhaustive, la manière dont les fidèles soninké de l’islam s’en éloignent pour des raisons que nous allons brièvement évoquer ici.

Le but de la mission des messagers d’Allah depuis le père de l’humanité, Adam (paix sur lui) jusqu’au dernier des prophètes, Muhammad (SAW), était d’appeler les hommes à l’adoration du Seigneur de l’Univers, sans rien lui associer. L’absence de toute forme d’associationnisme dans les pratiques religieuses ou cultuelles est appelée le monothéisme.

Du point de vue sémantique, ce terme est composé de deux éléments d’origine grecque : mono = seul ; et theos = Dieu. Les religions révélées (l’islam, le christianisme, le judaïsme) sont fondées sur le monothéisme ; cependant que les chrétiens ont dévié du droit chemin en considérant Jésus, fils de Marie, comme le « fils unique d’Allah » (pureté à lui). Syntaxiquement, le terme de monothéisme est traduit en islam en ces termes : « il n’ y a point de divinité digne d’être adorer si ce n’est Allah ». Cette expression est en effet composée de deux parties lourdement significatives :
  • point de divinité digne d’être adoré ;
  • si ce n’est Allah.
Les savants musulmans, dans leurs différentes interprétations, ont affirmé que la première partie de cette attestation de la foi musulmane veut dire : rien ne mérite d’être adoré ni dans les cieux, ni sur la terre, ni dans les eaux ou sous la terre. Aucune créature (Homme ou djinn) n’a le droit de vouer un culte à autre chose que ce soit le soleil, la lune, les éléments de la nature, comme Allah le rappelle dans Son Livre : « Parmi Ses signes, il y a la nuit et le jour, et le soleil et la lune. Ne vous prosternez ni devant le soleil ni devant la lune. Prosternez –vous devant Allah qui les crées, si vraiment Lui que vous adorez. » (41 : 37).
Tandis que la première tranche de l’attestation de la foi des musulmans constitue une négation sans concession de toute autre divinité en dehors d’Allah, la seconde, elle, est une affirmation rétablissant la stricte vérité du monothéisme. Elle signifie qu’Allah seul mérite d’être craint et adoré. Dès lors, le monothéisme est une condamnation sans appel de la déviance du droit chemin. Allah a créé les hommes et les djinns pour un seul objectif : Son adoration.

Dans le Coran, nous lisons : « Je n’ai créé les hommes et les djinns que pour qu’ils m’adore. » (51 : 53). Cette adoration doit se faire dans un cadre purement monothéiste. Rien ne doit être associé au Seigneur des mondes dans son droit le plus absolu qu’est la reconnaissance de Ses créatures vis-à-vis de Lui.

Cette reconnaissance doit a priori exclure tout intermédiaire qui essayerait de s’intercaler entre l’adorateur et l’Adoré. L’islam, contrairement à d’autres religions comme le christianisme, n’accepte pas qu’il y ait un tiers entre le croyant et son Seigneur. Le fidèle en islam est strictement tenu à directement s’adresser à Allah. Cela signifie que la religion islamique rejette catégoriquement la prétention insensée de certaines personnes, comme nous le constatons aujourd’hui chez les Soninké, à vouloir se placer entre l’Homme et son créateur. Cette volonté de s’interposer entre Allah et Ses créatures peut se manifester de plusieurs manières.
Dans la communauté soninké de la Mauritanie, du Sénégal et du Mali elle se manifeste tantôt par l’intervention des charlatans qui essayent d’escroquer les fidèles en leur proposant « d’intercéder » auprès d’Allah en leur faveur. Et, dans d’autres cas, ce sont les sectes ou les confréries qui enrôlent les croyants soninké dans une aventure dont ils ne maîtrisent nullement les contours à cause de l’ignorance qui est un grand fléau en milieu soninké.

Ainsi le fidèle soninké de l’islam, pour se rapprocher de son Créateur, pense que la meilleure solution est de se « cacher » derrière un charlatans ou un « marabout ». Une telle conception de l’islam est aux antipodes de la réalité du monothéisme islamique. La religion musulmane, depuis son origine au VII siècle, est contre des telles manifestations.

Aujourd’hui, la place que certains soninké accordent aux « savants » ne peut que susciter l’indignation de tout celui qui est conscient de l’impératif de réhabiliter le monothéisme dans un monde où les gens s’éloignent de plus en plus de l’esprit des sources (le Coran et la Sunna). C’est tout le contraire de la mission des messagers d’Allah que nous sommes entrain de vivre de nos jours dans certains pays musulmans. Le rattachement de certains fidèles soninké de l’islam à la personne du « marabout » conduit malheureusement à des écarts antimonothéistes, d’où la trahison du Message divin si intelligemment transmis par les messagers d’Allah depuis Adam jusqu’à Muhammad (paix sur eux).
Tous les envoyés d’Allah avaient pour mission de rétablir le monothéisme chaque fois les hommes se sont égarés du droit chemin. L’Homme est naturellement un être ingrat et insouciant. Même s’il connaît Allah comme son Seigneur et Créateur, il lui arrive parfois qu’il s’adonne au culte des idoles. C’est ainsi qu’il se met à vouer un culte à d’autres êtres vivants ou aux éléments naturels.
Naturellement, tout homme connaît Allah dans son unicité. Ceci revient à dire que l’Homme, de part sa nature, est un être monothéiste. C’est l’éducation qu’il reçoit qui fait de lui un polythéiste, un chrétien, un juif, un athée, un « adorateur » des charlatans ou des marabouts. Par conséquent, toute personne naît selon la nature humaine (fitra). Dans le Texte coranique, nous lisons : « Dirige ton [O Muhammad (SAW)] vers la religion [monothéisme], exclusivement [pour Allah] : telle est la nature qu’Allah a originellement donnée aux hommes. » (30 :30).
Il s’avère que si l’Homme, le Soninké dans ce contexte, s’écarte de la voie naturelle du monothéisme que son Seigneur lui a tracée il devient tout autre chose que monothéiste. Ainsi, on le verra vouer un culte aux « savants », à l’argent, au pouvoir, à la puissance au détriment de l’adoration d’Allah seul. Cet abandon du culte monothéiste tel que nous le constatons aujourd’hui dans la société soninké « moderne » ne peut être expliqué que par la trahison du Message divin transmis aux hommes par le biais des messagers d'Allah.

Aucun homme, à moins qu’il ne soit de mauvaise foi, ne peut valablement affirmer que le Massage du monothéisme n’a pas été suffisamment transmis. Dire cela signifierait que les envoyés du Tout miséricordieux auraient failli à leur mission. Tous les messagers ont pris l’engagement d’Allah de transmettre correctement et intégralement la totalité de la révélation divine. Cette révélation n’a pas varié. Autrement dit, elle a toujours consisté à appeler les gens au culte du pur monothéisme, et à s’écarter du « Tagout » (idoles ou tout autre objet auquel on accorde un amour révérenciel)
Muhammad, lors de son dernier pèlerinage à la Mecque, a clairement pris à témoin son public q’il a honnêtement et intégralement transmis le Message de son Seigneur. Effectivement, ses compagnons, comme un seul homme, l’ont approuvé. D’ailleurs, il ne fait aucune exception en la matière. Il n’est qu’un maillon de la longue chaîne de Messagers du monothéisme, comme en témoigne ce verset : « Dis : je ne suis pas une innovation parmi les messagers. »(46 : 9). Ce qui veut dire qu’il ne fait que continuer ce qu’avant lui Adam, Nouh, Moussa, Issa (paix sur eux) ont commencé. Dans ce cas, la pratique de l’islam telle que nous la trouvons aujourd’hui chez plus de 50 % des Soninké consistant à interposer des intermédiaires entre eux et le Créateur ou à vouer un « culte » exclusif à l’argent n’à rien « d’islamique ».
Dans le Coran, un nombre considérable des versets abondent dans le sens du monothéisme. Dans la Surate An-Nisâ, Allah enjoint aux croyants de n’adorer que Lui : « Adorez Allah et ne lui donner aucun associé. »(4 :36). Il est donc clair, comme le précise Hani RAMADAN dans son ouvrage intitulé Aspectes du monothéimse, que « l’essentiel du massage de l’islam est le monothéisme. Dieu est unique, et Seul Il détient les clés de l’univers dont l’homme ne connaît qu’une infime partie. » (Hani, 1998 : 6).
La principale cause qui fait éloigner les fidèles soninké du monothéisme est l’ignorance. C’est, de fait, la méconnaissance des lois divines que les Soninké choisissent des intermédiaires entre Allah et eux. La meilleure solution pour combattre cela, c’est l’éducation des fidèles. Le prophète Muhammad a passé les premières années de sa mission à la Mecque à n’enseigner que le monothéisme à ses compagnons. Tous les premiers versets du Coran sont consacrés à l’exposition du culte de monothéisme. Nous devons, nous aussi, adopter la même méthode pédagogique en milieu soninké.
SOUMARE Zakaria Demba


Réflexion sur la situation sociale en Mauritanie (suite)

Il est très tôt, sans doute, de faire le bilan des réalisations du gouvernement mauritanien depuis l’avènement du M. Sidi Ould Cheikh Abdallahi à la tête de la magistrature suprême de notre pays. Mais il n’est jamais trop tôt de faire un éventaire des grands obstacles qui freinent le développement de la Mauritanie d’aujourd’hui.
Dans un article précédent, paru dans ce blog, nous avons passé, sommairement, en revue les quatre premiers obstacles auxquels notre pays, en ce début du troisième millénaire, fait face. Aujourd’hui, dans le suivant article, nous continuons logiquement la liste de notre inventaire.
Le cinquième grand obstacle qui maintient, depuis plus de quarante, ce pays dans la pauvreté est la corruption. Notre pays est l’un premiers pays de l’Afrique où les fonctionnaires fictifs abondent sans qu’ils ne soient inquiétés de quoi que ce soit. Nous avons comme impression que la corruption est légalisée en Mauritanie. Elle fait tellement partie du quotidien des Mauritaniens que nous avons l’impression que tout fonctionnaire de l’Etat qui ne fraude pas dans son travail ou, pour être précis, qui ne détourne pas les biens publics de l’Etat n’est pas « normal ». La Mauritanie ne pourra jamais aller de l’avant si nous ne cessons pas avec cette tradition archaïque et lâche relevant d’une conception moyenâgeuse.
Le sixième grand obstacle qui empêche notre pays de décoller, c’est l’absence presque totale des services publics. Notre capitale est l’une des capitales les plus sales du continent. Les poubelles jonchent parfois les rues sans que personne ne s’en soucie vraiment. Or il est de la responsabilité des différentes communes de disposer les moyens nécessaires (fonds, véhicules, emplois) permettant d’assurer la propreté de la capitale. Si, aujourd’hui, il n’y a pas de minimum de propreté dans certains quartiers de Nouakchott, c’est les élus communaux n’ont pas suffisamment assumé toutes leurs responsabilités. Si nous n’arrivons pas à entretenir la seule capitale Nouakchott, il va sans dire qu’il est inutile de penser au reste du pays. De fait, la ville de Nouakchott brille par l’insuffisance, presque totale, de ses infrastructures. Voyager d’un quartier à l’autre, dans cette capitale, exige un vrai combat de titan. Les bus, qui n’ont de bus que le nom, sont toujours dans des très mauvais états. Les voyageurs sont assis les uns sur les autres ou sont obligés de faire tout le trajet les uns serrés contre les autres. Il n’y a aucun respect des normes de la circulation.
Pour mettre fin à cette situation, notre gouvernent, à l’instar des pays développés ou même de certains pays en voie de développement comme le Sénégal voisin, doit mettre à la disposition de ses citoyens de transports en communs modernes et publics qui seront placés sous son contrôle. Au Sénégal, puis que c’est notre voisin immédiat, le gouvernent avait commandé des bus, Dakar Dem –Dick, il y a quelques deux ou trois ans pour satisfaire les besoins, en matière de transport urbain, des populations.
Pourtant, du point de vue économique, nous n’avons rien à envier au Sénégal. Mais, seulement, le souci du bien-être des citoyens qui nous diffère. Les services publics dans ce pays, même s’il reste encore beaucoup de choses à faire, commencent à sortir de l’auberge. Beaucoup de progrès se font dans le sens de l’amélioration du fonctionnement de la qualité du train de vie des citoyens. Pour que notre pays entre de plain-pied dans le monde « moderne », nous devons prendre des mesures draconiennes consistant à inculquer le sens de la responsabilité à nos fonctionnaires. Nous avons le sentiment qu’en Mauritanie les fonctionnaires de l’Etat, du cadre à l’enseignant de l’école primaire, privilégient toujours leurs intérêts individuels à ceux de leur pays. Dans ce cas, il est très difficile de faire émerger une société mauritanienne nouvelle.
Le septième grand obstacle qui menace plus que jamais notre pays, c’est bien le peu d’importance accordée au développement de notre agriculture. La Mauritanie, comme la plupart des pays du Sahel, est victime depuis le début des années soixante dix de la rareté des précipitations. Les paysans, dont les travaux en période d’hivernage ne dépendent que des pluies, sont abandonnés à eux-mêmes. Ils ne bénéficient, réellement, d’aucun soutien leur permettant de se tirer d’affaire. Or un pays qui néglige le développement de son agriculture est un pays qui court de grands risques.
L’Etat doit mettre à la disposition de ses paysans des moyens leur permettant de moderniser leur agriculture. Des travaux ont certes été pris dans ce sens. Mais ils restent insuffisants, et parfois ils ne répondent même pas aux attentes des populations.

SOUMARE Zakaria Demba

Réflexion sur la situation sociale en Mauritanie


Un pays, comme le nôtre, ne peut pas prétendre aller mieux quand les deux ou trois tiers de sa population ne parviennent pas à satisfaire les besoins les plus urgents sans lesquels aucune vie digne de ce nom ne sera possible. Il suffit aujourd’hui de jeter un coup d’œil, si rapide soit-il, sur les réalités sociales, politiques et économiques mauritaniennes pour nous rendre aisément compte, d’une manière ou d’une autre, que notre nation a plusieurs défis à relever pour réussir, vraiment, son entrée dans le concert des nations « modernes » et développées.
Si nous ne prenons pas le temps et le ferme engagement d’aborder avec détermination les problèmes qui accablent le quotidien de nos citoyens et citoyennes, il est incontestable que nous courons vers une situation sociale difficile sans précédant dans l’histoire de notre pays.
Il serait sans doute prétentieux de vouloir recenser tous les problèmes auxquels les Mauritaniennes et les Mauritaniens sont quotidiennement confrontés. Cependant, nous pouvons nous permettre d’en citer quelques uns qui, à notre avis, sont les plus urgents à résoudre pour permettre aux populations de mener une vie sociale digne. Parmi ces problèmes, nous citons en premier lieu l’augmentation vertigineuse des prix des denrées de première nécessité. Notre pays est sans doute l’un des premiers en africain (et dans le monde) où aucune réglementation transparente ne s’exerce sur la fixation des prix.
Dans ce cas, nous sommes en présence d’une situation fantaisiste où chaque commerçant à la liberté totale de se fixer lui même les prix de ses marchandises. Et, incontestablement, ce sont toujours les pauvres qui paient les pots cassés. Normalement, dans un pays démocratique, les autorités doivent scrupuleusement veiller sur la détermination des prix des marchandises. La réglementation des prix doit tenir compte du train de vie des populations. Il n’est pas tout à fait normal d’augmenter les prix des produits de première nécessité alors la plus grande partie de la population vit dans une précarité financière qui frôle la catastrophe.
Le deuxième grand problème auquel les citoyens mauritaniens font face aujourd’hui, c’est l’absence quasi totale des infrastructures sanitaires. Le très peu d’hôpitaux publics que nous trouvons à Nouakchott et dans les autres grandes villes du pays sont très mal équipés. Ces hôpitaux, qui n’ont d’hôpital que le nom, ressemblent plus à des mouroirs qu’à des centres de soin. C’est pourquoi, de fait, les citoyens mauritaniens qui ont le moyen ne se font jamais soigner dans ces centres hospitaliers, et préfèrent aller se faire soigner à l’étranger.
Pour vous en convaincre, faites un petit tour d’une ou deux jours à Dakar. Le nombre de Mauritaniens qui partent chaque mois se faire soigner dans les hôpitaux de Dakar est tellement considérable que nous avons le droit de nous demander si notre pays dispose de centres de soins. Comme pour l’augmentions des prix, ce sont toujours nos pauvres qui sont les parents malheureux du système. Ils sont, qu’ils le veillent ou non, contraints de se contenter de leur sort. La santé de la population doit être une préoccupation de première heure du gouvernement de notre pays. Un peuple malade est un peuple qui ne peut pas se développer. Le pain et la santé sont les deux éléments indispensables pour l’épanouissement de toute population.
Le troisième grand problème qui menace notre pays aujourd’hui en ce début du troisième millénaire, c’est bien l’analphabétisme, l’illettrisme et la défaillance de notre système éducatif. Le taux d’analphabétisme dans notre pays est l’un des plus élevés dans la sous région. La principale cause de cela est sans doute la pauvreté. Car un père de famille qui n’a pas de quoi nourrir sa femmes et ses enfants se souciera très peu (ou pas du tout) de l’éducation de ces derniers. Il est donc tout à fait clair que pour remédier à ce fléau, nous devons d’abord nous attaquer à sa racine que la pauvreté. Il est de la responsabilité de nos dirigeants de créer des emplois, et de procéder à la formation des citoyens.
Plus nous accordons une importance à l’éducation de nos citoyens, plus nous avons la chance de diminuer le nombre des chômeurs. Cette éducation doit être une éducation de qualité. Autrement dit, il ne suffit pas de former pour former. Les autorités doivent tenir compte des réels besoins de notre pays, et c’est ensuite seulement qu’une véritable formation des populations doit commencer. Il va s’agir donc de former des citoyens capables de contribuer au développement de notre pays. Mais cela ne doit pas être une affaire prise à la légère, comme nous le constatons aujourd’hui en Mauritanie où la règle principale, dans le système éducatif, est le laxisme. Une réforme en profondeur doit être entreprise afin de redresser le niveau de nos élèves qui se dégrade d’année en année d’une manière on ne peut plus considérable.
Le quatrième grand problème qui nous menace aujourd’hui, plus que jamais sans doute, c’est le sida. Qu’on le veille ou non, cette maladie est un défi que les citoyens mauritaniens doivent relèvent. L’une des grandes causes de cette épidémie est l’ignorance. Les populations ne sont pas suffisamment informées sur les réels dangers que constitue cette maladie. Il est de la responsabilité de ces populations se s’informer afin de limiter les risques. Toutes les responsabilités ne doivent pas être mises sur le dos du gouvernement. Le pouvoir en place ne peut, à lui seul, tout faire.
Il doit travailler en concert avec les peuples et les organisations non gouvernementales qui sont sur le terrain afin de contrecarrer l’expansion rapide de cette maladie qui, si nous ne prenions garde, risquerait de causer plus de décès dans les années à venir qu’elle ne fait de nos jours. Le pouvoir et ces organisations doivent faire en sorte que tous les malades du sida, qui n’ont pas les moyens de se faire soigner, aient accès aux soins dont ils ont besoin. Ces soins exigent qu’il y ait au préalable des médicaments pouvant soulager les victimes. Il n’est plus besoin de rappeler ici combien les soins pour ces victimes du sida sont presque inexistants dans votre pays. Notre gouvernement doit suffisamment investir dans ce domaine afin d’éviter le pire à ses citoyens.

SOUMARE Zakaria Demba